Empreinte écologique
Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

L’empreinte écologique vise à traduire de manière facilement compréhensible l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète. Elle se mesure généralement en surface (hectares par individu, ou hectares consommés par une ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de...) ou un pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui...) pour répondre à ses besoins, par exemple). Cette surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique,...) traduit, grâce à un système de conversion une quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de choses.) de ressources nécessaires par système opérant.

Plus précisément, l'empreinte écologique (L’empreinte écologique vise à traduire de manière facilement compréhensible l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète. Elle se mesure...) quantifie pour un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) ou une population la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par cette population et pour absorber ses déchets. L'empreinte écologique peut aussi être utilisée pour donner une mesure des impacts d'activités de production comme l'élevage ou l'extraction d'or ou d'objets tels qu'une voiture, un ordinateur (Un ordinateur est une machine dotée d'une unité de traitement lui permettant d'exécuter des programmes enregistrés. C'est un ensemble de circuits électroniques permettant de manipuler des données sous forme binaire,...) ou un téléphone (Le téléphone est un système de communication, initialement conçu pour transmettre la voix humaine.) portable[1].

Ceci permet de comparer l'empreinte d'une entité par rapport à la surface bioproductive locale ou planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire (le Soleil et ses planètes) en tout ou partie....) estimée disponible ou de mesurer s’il augmente ou diminue si l’on dispose de séries de données de base.

Plusieurs définitions de ce concept récent circulent, toutes basées sur la conversion en équivalent-surface (hectares) des besoins nécessaires à un individu ou à un groupe ou à la fabrication d’un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut...) ou à la production d’un service. Cette "surface" métaphorique est virtuelle, mais elle traduit une réalité très concrète (La concrète est une pâte plus ou moins dure obtenue après extraction d’une matière première fraîche d’origine végétale (fleurs, feuille) par solvants...). Chacun comprend intuitivement que dans un monde (Le mot monde peut désigner :) fini où la population croît, plus cette "empreinte" est large, plus on s’éloigne de l’idéal de soutenabilité et durabilité du développement. (Autrement dit, métaphoriquement, plus l'entité est "lourde", plus son empreinte sera profonde et moins réversible sur la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne...), surtout si la surface dont elle dispose est petite).

L’empreinte écologique donne à chacun et à tous une idée la part de surface planétaire qu’on utilise pour vivre ou survivre. Elle traduit une analyse qualitative globale simplifiée des impacts, en un indice quantitatif cohérent avec son objectif et facilement compréhensible pour tous, quelle que soit la langue, l’âge ou la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture peut...), ce qui lui confère un caractère assez universel. Chacun peut ainsi calculer son empreinte écologique et chercher à la diminuer.

Limites

Cet indice simple, immédiatement opérant et très pédagogique n'a pas la prétention de tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) décrire. Il annonce même qu'il sous-estime certains impacts (fragmentation, pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) et dégradation qualitative des écosystèmes, agrosystèmes et sylvosystèmes, production de toxiques, impacts sur la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des...), risques nouveaux liés au nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) ou aux biotechnologies… qui peuvent néanmoins être calculés par ailleurs et intégré dans un calcul affiné de l'empreinte.)

Définitions

Le Pr Colin Fudge propose une définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) simple  : " l'empreinte écologique est " la superficie géographique nécessaire pour subvenir aux besoins d'une ville et absorber ses déchets ". Pour William E. Rees , un des pères de ce concept: " l'empreinte écologique est la surface correspondante de terre productive et d'écosystèmes aquatiques nécessaires pour la production des ressources utilisées et l'assimilation des déchets produits par une population définie à un niveau de vie (Le niveau de vie fait référence à la qualité et quantité des biens et services dont dispose la population. Il est généralement mesuré comme le revenu réel (i.e. en prenant en compte l'inflation) par personne....) spécifié, là où cette terre se trouve sur la planète ". Pour l’OCDE il s'agit de la "mesure en hectares de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée ". D’autres auteurs proposent de mesurer la quantité mais aussi la qualité des ressources écologiques nécessaires pour subvenir aux besoins d'une entité ou population donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.), à un niveau donné de consommation et de technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :).

Par extension, on peut calculer l'empreinte d'un objet (un ordinateur, une voiture, un meuble en bois exotique) en considérant la surface moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...) liée aux ressources nécessaire à l'extraction et au transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies...) des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.), à sa fabrication, son fonctionnement et son élimination. Par exemple, les empreintes d’un téléphone portable et d'un ordinateur PC en l'an 2000 étaient estimées respectivement à 0,6 (vieux modèles) à 0,4 % (modèles récents) de la surface terrestre bioproductive nécessaire per capita. Un ordinateur PC en consommait 9 %.

Histoire et origine du concept

Le terme d'empreinte écologique s’inscrit dans la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) du Club de Rome, de Rio et apparaît en 1992 dans un article "Ecological footprints and appropriated carrying capacity: what urban economics leaves out"[2] écrit par le Professeur William Rees de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de Colombie Britannique. En 1995, le Pr. Rees et Matis Wackernagel en affinent le concept et la méthode de calcul dans un livre intitulé "Our Ecological Footprint: Reducing Human Impact on the Earth". Des logiciels dits " calculateurs " ont ensuite été produits et affinés pour mesurer des empreintes écologiques à diverses échelles, sur la base de données (En informatique, une base de données (Abr. : « BD » ou « BDD ») est un lot d'informations stockées dans un dispositif informatique. Les technologies existantes permettent...) publiées et comparables. Cet indice a connu un succès croissant à partir de la fin des années 1990. Le WWF a fortement contribué à le populariser, avec en France l'association 4D, puis Agora (En Grèce antique, l'Agora désigne le lieu de rassemblement, le marché de la cité. Les Capéloï en sont les commerçants. C'est une composante essentielle du concept de Polis, à tel point...) 21, quelques collectivités (Conseil Régional Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) pas de Calais, Ville de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...), puis certains conseils généraux (Conseil Général du Nord), encouragés par la DATAR qui le cite en exemple de bonne pratique mais sans cependant l'utiliser. Il est calculé et publié annuellement par l'association WWF, depuis 1999. La notion d'empreinte écologique a été diffusée au Sommet de Johannesburg (Johannesburg est une ville et une métropole d'Afrique du Sud, capitale de la province de Gauteng, la plus riche d'Afrique du Sud.) par WWF en 2002. Cet indicateur est considéré comme un moyen de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...) destiné aux grand public.

L’empreine écologique tire aussi son inspiration des approches géobiophysiologiques de la biosphère (La notion de biosphère désigne à la fois un espace et un processus auto-entretenu (jusqu'à ce jour et depuis plus de 3 milliards d'années) sur la planète Terre, et qu'on ne connait que sur cette...) et de l'Ecologie du XXème siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la...) qui ont contribué à la notion unifiante de "sustanability" (soutenabilité du développement) et aux concept économique d'’internalisation des coûts externes (environnementaux et sociaux). La boite à outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la simplification des actions...) de l’empreinte écologique dérive aussi des approches " Etude d’impact " et "Mesures conservatoires et compensatoires " qu’elle contribue à grandement rénover, avec d’autres outils tels que le Bilan carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) ou le Profil environnemental : L’empreinte écologique mesure notamment l’énorme insuffisance des mesures classiques de compensation, l’insuffisance des champs couverts par l’obligation d’étude d’impact, et la pressante nécessité qu’il y aurait à développer des mesures compensatoires écologiquement efficientes et fonctionnelles, en intégrant la notion de dette écologique.

Le calcul de l’empreinte

W. Rees a proposé un premier un mode de calcul simplifié basé sur la somme mathématique des surfaces bioproductives suivantes :

  1. le sol consommé par l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement...) construit;
  2. le " sol énergétique " (surface nécessaire pour cultiver la biomasse ( En écologie, la biomasse est la quantité totale de matière (masse) de toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu naturel donné. Dans le domaine de l'énergie, le terme de...) équivalente à l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) consommée et pour un calcul plus fin pour l'absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux d'énergie...) du CO2);
  3. les écosystèmes (terrestres et aquatiques) utilisés pour produire l'alimentation;
  4. le sol consommé pour la production des produits forestiers ou agroforestiers.

Ce calcul produit une " empreinte " traduite en équivalent-hectares bioproductifs consommés, mettant clairement en évidence le lien entre population, modes de développement (plus ou moins consommateurs de ressources) et soutenabilité du développement. Rapporté à l'individu, au quartier, à la ville ou à un pays (ou objet, ou service), et analysé, le calcul plus détaillé met en exergue, de manière pédagogique, les points sur lesquels agir en priorité, tant pour l'individu que pour une collectivité.

Le calcul peut encore être précisé en ajoutant aux superficies biologiquement productives nécessaires pour produire les aliments animaux et végétaux, le bois et produits dérivés,

  1. les surfaces annexes consommées pour les habitants (+ routes, parkings, ports, aéroports, habitat de loisir, résidences secondaires);
  2. les surfaces nécessaires à l’absorption du CO2 (ou des émissions de GES en équivalent-CO2);
  3. les surfaces nécessaires à l’absorption ou au traitement et stockage des déchets (ex : eaux usées, boues de station d’épuration, déchets d’incinération, déchets envoyés en décharge, etc.) ménagers, industriels et spéciaux, dont nucléaires.

Plus tard, le calcul pourrait éventuellement intégrer certaines dégradations écologiques et sanitaires secondaires liées par exemple :

  • à l’exportation ou au traitement différé de déchets;
  • aux immissions chroniques et accidentelles de toxiques dans l’atmosphère, les sols, les océans (Océans stylisé Ωcéans est un documentaire français réalisé par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud dont le tournage a commencé en 2004 et produit en 2009.) et les chaînes alimentaires;
  • à la dégradation, désertification (La désertification est un phénomène naturel ou non qui a pour origine des variations climatiques et/ou les conséquences d'activités humaines. Ce mot décrit une aridification locale, reflétant la...), salinisation et perte de sol, etc.
  • à des sols durablement pollués (ex zones interdites de Bélarus, suite aux retombées de Tchernobyl);
  • à la fragmentation écologique (exemple : carte ci-dessous).

Autre mode de calcul de l'empreinte écologique

Elle se calcule comme le produit de la superficie 'utile' (bioproductive) de la Planète par le rapport entre des estimations pondérées en fonction de facteurs choisis de la consommation des ressources d'un groupe et une estimation pondérée de manière identique de la fourniture maximale de ressource de la Terre. Les facteurs choisis appartiennent à 3 grandes familles :

  • Alimentation (végétarien ou carnivore, kcal/j,…)
  • Habitat (superficie, nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de personne sous le même toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.), chauffage…)
  • Transport (km/j, type de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.), avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans...), transport en commun, voiture,…).

L’importance relative de ces facteurs varie selon le niveau de développement, de richesse et le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) géoclimatique, mais l’idée centrale est ici que chaque activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) en soutenant le développement de son écosystème mesure et comprenne son propre développement, en intégrant l’évidence que pour que la vie (La vie est le nom donné :) humaine ou le développement soient durables, sûres et possibles, il convient de limiter au maximum les impacts négatifs de nos activités (empreinte écologique > 1) et de maximiser les impacts positifs envers l'écosystème (empreinte écologique neutre ou <1). Cette approche peut aussi introduire l’idée de nécessité de remboursement solidaire de la dette écologique, ou de décroissance soutenable.

Ordres de grandeur mondiaux et tendances

Ils varient avec l’augmentation de la population, les modes de développement, et le niveau moyen de vie. Mais on sait qu’en considérant la superficie totale de la terre quand elle accueillait 6 milliards de personnes, chacune disposait de 8,5 ha, à partager avec la faune et la flore (La flore est l'ensemble des espèces végétales présentes dans un espace géographique ou un écosystème déterminé (par opposition...) qui ont également des besoins incompressibles, pour notamment produire l'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.) qui nous est vital. De ceci, il faut extraire les terres improductives (glaciers, sommets, déserts..). Il ne reste alors que 2 ha utilisables par personne. Une estimation tenant compte des besoins minimaux des autres espèces en eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.), air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec...), habitats et nutriments attribue finalement, en moyenne et théoriquement, 1,5 ha à chaque personne (pour 6 milliards de personnes).

Or, un terrien moyen a aujourd’hui besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories :...) de 2,5 ha. L'empreinte écologique mondiale a donc dépassé la capacité biologique de la Terre à produire nos ressources et absorber nos déchets depuis le milieu des années 1970, ce qui signifie que l'on surconsomme déjà les réserves, en réalité en surexploitant les milieux et grâce aux ressources fossiles. Or ceci contribue au réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global, est un phénomène...), et donc au risque d’une rapide montée des océans qui diminuera encore la surface de terre disponible. La tendance à l'augmentation n'a pas encore pu être inversée, en raison de la difficulté de changer les modes de consommation et de production, en dépit des engagements et objectifs de développement durable (Le développement durable (traduction de Sustainable development) est une nouvelle conception de l'intérêt public, appliquée à la croissance...) établis aux sommets de la Terre de Rio de Janeiro (Rio de Janeiro est une mégapole située dans le sud-est du Brésil. C'est également la capitale de l'État de Rio de Janeiro. Avec ses 6,1 millions d'habitants...) en 1992 et de Johannesburg en 2002.

Ordres de grandeur par grandes zones géographiques

Quelques repères pour le début des années 2000

  • La moyenne mondiale de l'empreinte écologique est de 2,5 ha par personne.
  • Un Européen a besoin de 5 ha pour maintenir son niveau de vie. Si tout le monde consommait autant qu'un Européen, il faudrait l’équivalent de deux planètes supplémentaires.
  • Un Américain du Nord a besoin du double d'un Européen pour maintenir son niveau de vie. Si tout le monde consommait comme un Américain, il faudrait cinq planètes supplémentaires.
  • En Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des terres...), l'empreinte écologique était encore au-dessous du niveau de la capacité biologique de la Terre il y a quelques années. Mais c'est en Asie que l'on trouve les populations les plus importantes, et les plus forts taux de croissance, notamment en Chine et en Inde. Comme ces pays commencent à adopter un mode de vie occidental, avec une utilisation massive (Le mot massif peut être employé comme :) d'énergies fossiles et de matières premières, surtout en Chine et en Asie du Sud-Est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.), cela peut représenter un danger global.

Quelques exemples d'empreintes

d'après Living Planet (Un Planet est un site Web dynamique qui agrège le plus souvent sur une seule page, le contenu de notes, d'articles ou de billets publiés sur des blogs ou sites Web afin d'accentuer leur visibilité et de faire...) Report

Continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce...) Pays
Amérique du Nord 9,4 hectare Émirats arabes unis (L'UNIS, pour UNIversité du Svalbard, est une université norvégienne implantée en 1993, à Longyearbyen (2000 habitants), principale cité du Spitzberg (en francais, Spitzberg désigne l'île...) 11,9 hectare
Union Européenne 4,8 hectare USA 9,6 hectare
Europe (hors UE) 3,8 hectare Belgique & Luxembourg 5,6 hectare
Moyenne pour un terrien 2,23 hectare Pays-Bas 4,4 hectare
Moyen Orient et Asie centrale 2,2 hectare Hongrie 3,5 hectare
Amérique Latine et Caraïbe 2,0 hectare Turquie 2,1 hectare
Empreinte écologique disponible 1,8 hectare Brésil 2,1 hectare
Asie(et Océanie) 1,3 hectare Algérie 1,6 hectare
Afrique 1,1 hectare Chine 1,6 hectare
Kénia 0,8 hectare
Inde 0,8 hectare

Outil de citoyenneté

Dès lors que les données de bases sont disponibles, l’empreinte écologique permet à tous et à chacun, de manière transparente de :

  • se servir de statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données...) disponibles pour calculer le territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par...) qu'il accapare.
  • mieux comprendre l'interdépendance des zones urbaines et rurales
  • mieux prendre en compte l'impact de la globalisation des économies, des délocalisations
  • mesurer le chemin parcouru ou à parcourir pour arriver au développement soutenable ou équitable
  • visualiser et hiérarchiser les enjeux (de manière très pédagogique)
  • comparer la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) de différents territoires et leur évolution
  • montrer la dépendance d’un territoire par rapport à d’autres souvent plus pauvres, pour rétablir des rapports plus justes et équitables
  • montrer qu’avec nos modes de développement et déplacements gaspilleurs en ressources, ceux qui bénéficient d'un niveau de vie jugé simplement correct prélèvent déjà plus que leur part "légitime" et soutenable, même s'ils paient ce "privilège" à un prix jugé " normal " déterminé par le marché. (Les écotaxes pourraient aussi s’appuyer sur l’empreinte écologique).
  • Traduire métaphoriquement les niveaux élémentaires d’offre et de demande en ressources naturelles ou fossiles.
  • L'offre étant donnée à un instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré...) ‘t’ par les limites de la biosphère. Elle diminue avec la surexploitation des ressources fossiles et vivantes, avec la dégradation des écosystèmes (déforestation, désertification, érosion et dégradation des sols, des nappes, des estuaires et écosystèmes marins qui réduisent la surface des écosystèmes productifs), et bientôt peut-être avec invasions marines ou aléas climatiques liés à l'effet de serre (L'effet de serre est un processus naturel qui, pour une absorption donnée d'énergie électromagnétique, provenant du Soleil (dans le...) anthropique.
  • La demande varie avec le niveau de vie, les préférences personnelles ou culturelles, mais aussi, et légitimement, avec le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps...), les saisons, les besoins de réparation liés aux guerres et aux aléas climatiques.

Empreinte énergétique, ou empreinte écologique par type d'énergie utilisée

L'empreinte écologique est très liée à l'utilisation des énergies fossiles, mais pas seulement.

Au niveau des biocarburants, certains, notamment l'éthanol, ont une forte empreinte écologique, soit directe (déforestation au Brésil, déplacements de productions alimentaires dans d'autres pays) soit indirecte (forte consommation de dérivés pétroliers pour produire de l'éthanol dans les pays tempérés).

Contrairement aux apparences, l'énergie nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) a aussi une empreinte écologique non négligeable, en raison de certains défauts de cette filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) par rapport aux principes de responsabilité sociale des entreprises (RSE) : déchets nucléaires, nécessité de détruire les centrales au bout de quelques décennies et de retraiter les énormes quantités de déchets correspondants, cycle ouvert, risques de prolifération.

Les experts donnent des estimations d'empreinte écologique par type d'énergie.

En ce qui concerne les énergies fossiles, et plus particulièrement le pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, car le...), les études de prospective initiées il y a quelques années en Suède sur le pic pétrolier (Un pic de production désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d'un puits ou d'un champ pétrolier ; par agrégation le pic pétrolier désigne celle d'un pays voire de...) ( " peak oil " en anglais) cherchent à définir des stratégies innovantes. Le pic de consommation du pétrole devrait intervenir entre 2015 et 2025 (selon les experts).

Pour l’instant, l’électricité n’est pas prise en compte par les calculateurs, faute de consensus entre expert, mais cette question est à l’étude.

Notes et références

Page générée en 1.616 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique