Lise Meitner - Définition et Explications

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Introduction

Lise Meitner
Lise Meitner
Naissance 7 novembre 1878
Vienne (Autriche)
Décès 27 octobre 1968
Cambridge (Royaume-Uni)
Nationalité Autriche autrichienne ; prit aussi la nationalité suédoise.
Champs Physique nucléaire (La physique nucléaire est la science qui étudie non seulement le noyau atomique en tant que tel (élaboration d'un modèle théorique) mais aussi la...)
Institution Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Vienne
Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un...) de chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.) Kaiser Wilhelm
Institut Manne Siegbahn
Diplômé Université de Vienne
Célèbre pour Travaux sur la radioactivité (La radioactivité, phénomène qui fut découvert en 1896 par Henri Becquerel sur l'uranium et très vite confirmé par Marie Curie pour le thorium, est un phénomène physique naturel au cours...) et la fission nucléaire (La fission nucléaire est le phénomène par lequel le noyau d'un atome lourd (noyau qui contient beaucoup de nucléons, tels les noyaux d'uranium et de plutonium) est divisé en plusieurs nucléides...); découverte du protactinium (Le protactinium est un élément chimique de symbole Pa et de numéro atomique 91.)
Distinctions Prix Enrico Fermi (Enrico Fermi (29 septembre 1901 à Rome - 28 novembre 1954 à Chicago) est un physicien italien. Ses recherches serviront de socle à...)
Prix Lieben
Élément 109 : meitnerium

Lise Meitner (7 novembre 1878 à Vienne, Autriche - 27 octobre 1968 à Cambridge, Royaume-Uni) était une physicienne autrichienne, naturalisée suédoise. Elle est célèbre pour ses travaux sur la radioactivité et la physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens...) nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :). Elle joua notamment un rôle majeur dans la découverte de la fission nucléaire, dont elle fournit avec son neveu Otto Frisch la première explication théorique. Lise Meitner est souvent citée comme l'un des cas les plus flagrants de scientifiques injustement ignorés par le comité attribuant le prix Nobel.

Biographie

Enfance et études

Maison de naissance (Une Maison de Naissance (MdN) est un lieu d’accueil, de suivi et d’accouchement constituant la pièce maîtresse d’une filière...) de Lise Meitner.

Elise (« Lise ») Meitner est née de famille juive à Vienne, dans le deuxième arrondissement (Leopoldstadt). Elle fut la troisième des huit enfants de Philipp Meitner et son épouse Hedwig Meitner-Skovran.

Son père fut l'un des premiers avocats juifs en Autriche. Le couple Meitner, aux idées libérales, éleva ses enfants dans une atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) intellectuelle stimulante, et les encouragea à poursuivre des études avancées. C'est ainsi que les cinq filles de la famille reçurent une éducation supérieure, dans une société où l'école se terminait pour les jeunes filles à l'âge de quatorze ans.

L'université autrichienne fut ouverte aux femmes en 1897. Durant une période de transition, les jeunes femmes purent être admises sans être passées par le lycée (le Gymnasium, qui jusqu'alors leur était fermé), à condition d'être reçues à l'examen final, la Matura, en tant que candidates externes. En 1899, Lise Meitner commença une préparation accélérée de deux ans, dans un petit groupe de trois femmes, afin de se présenter à cet examen. Elle fut reçue, et entra à l'Université de Vienne en 1901, à l'âge de vingt-deux ans.

Après la première année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), au cours de laquelle Lise Meitner suivit de nombreux cours en physique, chimie, mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures,...) et botanique (La botanique est la science consacrée à l'étude des végétaux (du grec βοτάνιϰή; féminin du mot...), elle se concentra sur la physique. Dès la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) année, elle choisit de suivre tous les cours donnés par Ludwig Boltzmann; ceci témoigne de la fascination que ce grand physicien (Un physicien est un scientifique qui étudie le champ de la physique, c'est-à-dire la science analysant les constituants fondamentaux de l'univers et...) théoricien exerçait sur ses étudiants, avec qui il développait des liens intellectuels mais aussi personnels.

Premiers travaux à Vienne

En 1905, Lise Meitner effectua son travail de doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de...) sous la direction du jeune physicien expérimentateur Franz Exner, qui introduisit à Vienne l'étude de la radioactivité, un sujet nouveau et en plein essor. Le sujet d'étude de Lise était cependant de nature différente : il s'agissait de vérifier que les équations de Maxwell (Les équations de Maxwell, aussi appelées équations de Maxwell-Lorentz, sont des lois fondamentales de la physique. Elles constituent les postulats de base de l'électromagnétisme,...) décrivant la conduction de l'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité...) s'appliquent également au transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par assimilation,...) de la chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !). Elle présenta en décembre 1905 son travail sur la conduction de la chaleur dans les solides inhomogènes, et obtint la plus haute mention (summa cum laude). Le diplôme (Le diplôme (grec ancien :δίπλωµα, diploma signifiant « plié en deux ») est un acte écrit émanant généralement d'un organisme officiel,...) de doctorat lui fut attribué en février 1906.

Lise Meitner demeura à Vienne durant l'année qui suivit son doctorat. En tant que femme, elle ne pouvait espérer une carrière académique, mais continua malgré tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...). Elle rencontra Paul Ehrenfest, ancien étudiant de Boltzmann, qui attira son attention sur les articles publiés par Lord Rayleigh. L'un d'eux décrivait un effet d'optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) que Rayleigh ne parvenait à expliquer. Lise Meitner trouva l'explication et en dériva de nouvelles observations : ce fut son premier travail scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) indépendant.

En parallèle, elle entreprit de s'initier aux procédures expérimentales pour l'étude de la radioactivité, auprès de Stefan Meyer, assistant à l'Institut Boltzmann. Elle étudia alors l'absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux d'énergie...) dans les métaux des rayonnements alpha et bêta. Elle établit ensuite un dispositif destiné à mettre en évidence la diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un...) des particules alpha (quelques années plus tard, le même type de recherche conduisit Ernest Rutherford (Sir Ernest Rutherford (30 août 1871 à Brightwater, Nouvelle-Zélande - 19 octobre 1937 à Cambridge, Angleterre) est...) à la découverte du noyau atomique).

Trente ans de recherche à Berlin

Carrière en Allemagne

Toujours sans perspective de carrière académique, mais bénéficiant du soutien de son père, Lise Meitner partit pour Berlin en 1907 afin de suivre les cours de Max Planck (Max Planck (né Max Karl Ernst Ludwig Planck le 23 avril 1858 à Kiel, Allemagne - 4 octobre 1947 à Göttingen, Allemagne) est un physicien allemand. Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1918 pour...). L'université allemande n'était alors pas encore ouverte aux femmes, et Lise dut obtenir l'autorisation du professeur pour assister à ses cours. Planck, globalement opposé ( En mathématique, l'opposé d’un nombre est le nombre tel que, lorsqu’il est à ajouté à n donne zéro. En botanique, les organes d'une plante sont dits opposés lorsqu'ils sont insérés au même niveau,...) à l'éducation des femmes mais ouvert aux "exceptions", accepta Lise Meitner, et pour qui il fut ensuite un soutien important. La jeune physicienne fut rapidement remarquée. Heinrich Rubens, professeur de physique expérimentale (La physique expérimentale a pour but d'éprouver la valeur de vérité des théories physiques. La création d'un appareillage utilisant les principes des théories...), lui proposa de travailler dans son laboratoire. Le jeune chimiste (Un chimiste est un scientifique qui étudie la chimie, c'est-à-dire la science de la matière à l'échelle moléculaire ou...) Otto Hahn, assistant à l'institut dirigé par Emil Fischer et désireux de collaborer avec un physicien, proposa également à Lise Meitner de travailler avec lui: ce fut le début d'une collaboration de trente ans. Otto Hahn et Lise Meitner furent de proches amis, et le restèrent leur vie (La vie est le nom donné :) durant malgré les événements ultérieurs.

Au début de leur collaboration, Lise Meitner et Otto Hahn se trouvèrent relégués dans un laboratoire de sous-sol de l'institut dirigé dirigé par Fischer, en raison des réserves de ce dernier quant à la présence d'une femme dans son institut.

La situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un...) évolua lorsque fut fondée en 1911 la société Keiser Wilhem pour l'Avancement des Sciences (KWG), conduisant à la création de plusieurs instituts de recherche. En 1912 fut créé l'Institut Keiser Wilhem de Chimie (KWI-C): Otto Hann y fut embauché, assurant la direction du département de radiochimie. Lise Meitner le rejoignit, mais avec le statut d'invitée, sans salaire. Peu après cependant, elle obtint son premier emploi payé comme assistante de Max Planck. En 1913, après avoir reçu une proposition de poste de professeur associé à Prague, elle obtint une position au KWI-C en tant qu'associée: une décision de Fischer, probablement influencé par Planck.

Au début de la Première Guerre mondiale, Lise Meitner s'engagea comme infirmière, manipulant les équipements à rayons X. En 1916, elle retourna à ses recherches à Berlin, malgré un certain sentiment de culpabilité pour l'abandon de son service d'infirmière.

En 1917 fut créé au KWI-C un département de physique, dont la direction fut confiée à Lise Meitner : son statut devint alors équivalent à celui d'Otto Hahn. Leur collaboration continua jusqu'à l'exil de Lise Meitner en 1938.

Travaux scientifiques

Lise Meitner au congrès Solvay (Les conseils Solvay (aussi appelés congrès Solvay et conférences Solvay) sont des conférences scientifiques en physique et en chimie qui se sont tenues depuis 1911....) de 1933.

La longue collaboration entre Lise Meitner et Otto Hahn porte sur la radioactivité. Dès leur première année de travail en commun, unissant leurs compétences respectives de physicienne et de chimiste, ils découvrirent plusieurs isotopes. Ils devinrent réputés pour leurs travaux, notamment pour la découverte du protactinium en 1918.

Indépendamment de ses travaux avec Otto Hahn, Lise Meitner mena des recherche pionnières en physique nucléaire. Elle se consacra d'abord à l'étude des spectres de rayonnements bêta et gamma. En 1923, elle découvrit ainsi la transition non-radiative connue comme l'effet Auger, appelé en l'honneur de Pierre Auger (Pierre Victor Auger (14 mai 1899 - 25 décembre 1993) était un physicien français né à Paris, fils du professeur de chimie Victor Auger et beau-frère de Francis...), un scientifique français qui le découvre indépendamment deux ans plus tard. Elle découvrit également l'émission de paires électron-positron lors de la désintégration bêta plus. Elle effectua différentes mesures de la masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de gravitation (la masse grave). Ces...) du neutron (Le neutron est une particule subatomique de charge électrique totale nulle.).

Un autre aspect important des travaux de Lise Meitner concernait l'étude des réactions nucléaires artificielles. Ainsi, en 1934, alors que ce sujet était en plein essor, elle impliqua les deux chimistes Otto Hahn et Fritz Strassmann dans le "projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant que l'argent, autant que le molybdène ou l'arsenic, quatre fois moins abondant...)", un programme de recherche qui allait mener, quatre ans plus tard, à la découverte de la fission nucléaire.

Lise Meitner supervisa également la construction d'un accélérateur de particules (Les accélérateurs de particules sont des instruments qui utilisent des champs électriques et/ou magnétiques pour amener des particules chargées...) dans le département de physique qu'elle dirigeait; cette tâche fut achevée en 1938, peu de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) avant son départ d'Allemagne.

Départ d'Allemagne

Lors de l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933, les Juifs occupant un emploi de service public (Un service public est une activité considérée comme étant d'intérêt général. Cette notion faisant appel à une appréciation pouvant être élargie ou rétrécie à volonté, elle ne permet pas de donner une...) furent renvoyés ou contraints de démissionner. Une grande partie des scientifiques juifs quitta alors l'Allemagne, parmi lesquels Otto Frisch, le neveu de Lise Meitner.

Dans un premier temps, la situation fut différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie...) pour les membres des instituts de la Société Kaiser Wilhem: en tant que fondation privée, la KWG n'était pas explicitement soumise à la loi sur le service public. Cependant, en raison de la part du gouvernement et des forces conservatrices dans son financement, il y fut ordonné le renvoi des juifs, à l'exception de quelques uns des scientifiques les plus éminents; parmi lesquels Lise Meitner, qui resta ainsi à la tête du département de physique du KWI-C jusqu'en 1938.

En 1937, la KWG passa sous le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) direct du gouvernement. Lise Meitner ne fut plus alors protégée que par sa nationalité autrichienne; une protection qui prit fin lors de l'annexion de l'Autriche par le Troisième Reich (Anschluss) en mars 1938. En juin, elle apprit qu'elle serait prochainement renvoyée et interdite d'émigration; elle décida alors de fuir l'Allemagne. Aidée par deux collègues néerlandais, Dirk Coster et Adriaan Fokker, elle passa la frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une...) des Pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui...) Bas en juillet 1938. Elle partit ensuite pour la Suède, où elle continua son travail dans le laboratoire de Manne Siegbahn à Stockholm, mais avec peu de ressources, Elle continua de correspondre avec Otto Hahn et d'autres scientifiques allemands, Elle établit également une collaboration avec Niels Bohr (Niels Henrik David Bohr (7 octobre 1885 à Copenhague, Danemark - 18 novembre 1962 à Copenhague) est un physicien danois. Il est surtout connu pour son apport à...), qui voyageait régulièrement entre Copenhague et Stockholm.

Découverte de la fission

Suite à la découverte du neutron par James Chadwick en 1932, l'idée se propagea dans la communauté scientifique que des éléments plus lourds que l'uranium (le plus lourd des éléments rencontrés sur Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) à l'état naturel) pouvaient être produits en laboratoire. Ce fut le départ d'une course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) effrénée entre les différentes équipes de physique nucléaire : les groupes d'Ernest Rutherford (Royaume Uni), Irène Joliot-Curie (Irène Joliot-Curie (12 septembre 1897 - 17 mars 1956) était une chimiste et une physicienne française. Épouse de Frédéric Joliot-Curie, leurs travaux en radioactivité...) (France), Enrico Fermi (Italie), Otto Hahn et Lise Meitner (Allemagne), se lancèrent dans la compétition. L'enjeu, tel qu'il était alors perçu, n'était autre que l'honneur d'être les premiers à produire ces éléments inconnus, et l'espoir de voir un tel résultat récompensé par un prix Nobel. Personne n'envisageait à ce moment de possible application pour ces recherches.

Lorsque Lise Meitner fut contrainte de fuir l'Allemagne en 1938, elle poursuivit sa collaboration avec Otto Hahn par correspondance (La correspondance est un échange de courrier généralement prolongé sur une longue période. Le terme désigne des échanges de courrier personnels plutôt...). Les deux scientifiques se rencontrèrent clandestinement à Copenhague en novembre 1938, afin de planifier une nouvelle série d'expériences. De retour à Berlin, Hahn réalisa ces expériences difficiles avec Fritz Strassmann ; ils mirent en évidence la présence de baryum (Le baryum est un élément chimique de symbole Ba et de numéro atomique 56.) parmi les éléments produits suite au bombardement de l'uranium avec des neutrons. Ils envoyèrent le manuscrit exposant (Exposant peut signifier:) ces observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir...) à la revue Naturwissenschaften en décembre 1938. Simultanément, ils envoyèrent une lettre à Lise Meitner pour lui faire part de leurs résultats expérimentaux. Étant donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) la situation politique, Lise Meitner ne pouvait figurer comme co-auteur de la publication, malgré son rôle majeur dans le déroulement de ces recherches.

La possibilité que l'uranium se brise en éléments plus légers sous l'effet d'un bombardement de neutrons avait été suggérée plusieurs années auparavant, notamment par Ida Noddack en 1934. La première explication théorique de ce phénomène fut apportée par Lise Meitner et son neveu Otto Frisch en février 1939, en employant le modèle de la goutte liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.) de Niels Bohr pour décrire le noyau atomique (Le noyau atomique désigne la région située au centre d'un atome constituée de protons et de neutrons (les nucléons). La taille du noyau (10-15 m) est considérablement plus petite que celle de l'atome (10-10 m)...). Ils expliquèrent comment le noyau d'uranium peut se scinder en deux parties, un noyau de baryum et un de krypton (Le krypton est un élément chimique, de symbole Kr et de numéro atomique 36.), tout en éjectant plusieurs neutrons et une grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection...) d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.). Ces prédictions furent confirmées expérimentalement par Frisch. Ils purent également expliquer pour quelle raison aucun élément plus lourd que l'uranium n'existe à l'état naturel : avec l'augmentation du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de protons, la répulsion coulombienne devient si forte qu'elle l'emporte sur l'attraction de la force nucléaire (La force nucléaire est une force qui s'exerce entre nucléons. Elle est responsable de la liaison des protons et des neutrons dans les noyaux...) qui lie les nucléons entre eux.

Peu après la découverte de la fission, la communauté scientifique prit conscience de la possibilité de produire une réaction en chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) pouvant libérer une quantité d'énergie colossale. L'éventualité d'une application militaire apparut alors ; dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) du début de la Seconde Guerre mondiale, il fut décidé de cesser toute publication concernant la fission nucléaire. Poussés par la peur que les Allemands ne développent une arme nucléaire, les physiciens Leó Szilárd, Edward Teller (Edward (Ede) Teller (né le 15 janvier 1908 à Budapest et décédé le 9 septembre 2003 à Stanford) est un physicien nucléaire...) et Eugene Wigner persuadèrent Albert Einstein (Albert Einstein (né le 14 mars 1879 à Ulm, Wurtemberg, et mort le 18 avril 1955 à Princeton, New Jersey) est un physicien qui fut successivement allemand, puis apatride (1896), suisse (1901), et...) d'utiliser sa célébrité pour attirer l'attention du président américain Franklin Roosevelt sur ce sujet. Ceci déclencha le projet Manhattan (Manhattan est l'une des cinq circonscriptions (borough) de la ville de New York (les quatre autres étant The Bronx, Queens, Brooklyn et Staten...), qui fut développé à Los Alamos et aboutit à la mise au point (Graphie) de l'arme nucléaire employée pour détruire Hiroshima et Nagazaki en 1945. De son côté, Lise Meitner refusa de participer au projet Manhattan pour des raisons éthiques : elle ne voulait pas être associée à la fabrication d'une bombe.

Après la guerre

En 1946, Lise Meitner avoua ses regrets d'être restée en Allemagne après l'avènement du nazisme : « J'ai eu tort. Non seulement sur le plan pratique, mais aussi du point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) moral ». Elle se montra également critique vis-à-vis des scientifiques qui, bien que ne partageant par l'idéologie nazie, avaient travaillé sous le régime hitlérien : parmi eux, Werner Heisenberg (Werner Karl Heisenberg (5 décembre 1901 à Wurtzbourg, Allemagne - 1er février 1976 à Munich) était un physicien allemand. Il fut l'un des...) et Otto Hahn. Elle leur reprocha la futilité d'une résistance passive, et de l'aide apportée à quelques amis, face à l'ampleur des crimes commis.

Lise Meitner prit la nationalité suédoise en 1949, mais partit vivre en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec...) en 1960. Elle mourut à Cambridge en 1968, peu avant d'atteindre 90 ans. Conformément à ses vœux, elle fut enterrée auprès de son frère Walter au cimetière de l'église (L'église peut être :) St James, dans le village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines de bâtiments)) de Barmley (Hampshire). L'inscription sur sa tombe a été écrite par son neveu Otto Frisch : « Lise Meitner : a physicist who never lost her humanity » (« Lise Meitner, une physicienne qui n'a jamais perdu son humanité »).

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