Jean le Rond d'Alembert
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D'Alembert
Nom : Jean le Rond d'Alembert
Naissance : 16 novembre 1717
Paris
Décès : 29 octobre 1783 (à 66 ans)
Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les...)
Nationalité : (petit drapeau) France
Profession : mathématicien (Un mathématicien est au sens restreint un chercheur en mathématiques, par extension toute personne faisant des mathématiques la base de son activité principale. Ce terme recouvre une large palette de...) et philosophe

Jean le Rond ( Le mot rond caractérise et par abus de langage désigne un cercle ou une sphère. En argot, un rond c'est un sou. Une affaire rondement menée est une affaire traitée rapidement en...) d'Alembert, né le 16 novembre 1717 à Paris où il est mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez...) le 29 octobre 1783, est un mathématicien et philosophe français. Il est célèbre pour avoir donné naissance à l'Encyclopédie avec Denis Diderot et pour ses recherches en mathématiques sur les équations différentielles et les dérivées partielles.

Biographie

Enfance

Fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par transformation du...) d'un amour illégitime entre la célèbre écrivaine et salonnière Claudine Guérin de Tencin et le chevalier Louis-Camus Destouches, commissaire d'artillerie, d'Alembert naît le 16 novembre 1717 à Paris. Quelques jours plus tard, il est abandonné par sa mère sur les marches de la chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.) Saint-Jean-le-Rondattenant à la tour nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de Notre-Dame. Comme le veut la coutume, il est nommé du nom du saint protecteur de la chapelle et devient Jean le Rond. Il est d'abord placé à l'hospice des Enfants-Trouvés, mais son père le retrouve rapidement et le place dans une famille d'adoption. Bien qu'il ne reconnaisse pas officiellement sa paternité, le chevalier Destouches veille secrètement à son éducation en lui accordant une pension et le visite quelquefois chez sa nourrice, Madame Rousseau, la fameuse " vitrière " chez qui le futur encyclopédiste vivra jusqu'à l'âge de cinquante ans !

Cursus

À douze ans, il entre au Collège (Un collège peut désigner un groupe de personnes partageant une même caractéristique ou un établissement d'enseignement.) des Quatre-Nations. Il y fit de brillantes études, obtint le titre de bachelier des arts, puis suivit les cours de l'Ecole de Droit. Il s'était d'abord inscrit sous le nom de Daremberg, puis il le change en d'Alembert, nom qu'il conservera toute sa vie (La vie est le nom donné :). Refusant de s'inscrire au barreau, il entreprit des études de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps...), puis les abandonna également. À 22 ans, en 1739, il présenta à l'Académie des Sciences (Une académie des sciences est une société savante dont le rôle est de promouvoir la recherche scientifique en réunissant certains des chercheurs les plus éminents,...), son premier travail en mathématiques sur des erreurs qu'il avait décelées dans l'Analyse démontrée, livre publié en 1708 par Charles René Reynaud avec lequel d'Alembert avait lui-même étudié les bases des mathématiques. Dès 1742, à 24 ans, il est nommé adjoint de la section d'Astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés...) de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs...) des sciences. En 1743, il publia son célèbre Traité de Dynamique, qui dans l'histoire de la mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins,...) représente l'étape qu'il fallait franchir entre l'oeuvre de Newton et celle de Lagrange. En 1746, il est élu Associé Géomètre. La suite de sa carrière à l'Académie des Sciences fut moins brillante : nommé pensionnaire surnuméraire en 1756, c'est seulement en 1765, à l'âge de 47 ans, qu'il devint Pensionnaire. C'est que dans l'intervalle, il était devenu un polémiste, et l'un des promoteurs de l'Encyclopédie. Son grand rival en mathématiques et en physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens...) à l'Académie des sciences fut Alexis Clairaut.

En 1746, Diderot rencontrait d'Alembert et le recrutait pour le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) de l'Encyclopédie. L'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivante, Diderot et d'Alembert prenaient la direction du projet. En 1751, après cinq ans de travail de plus de deux cents contributeurs, paraissait le premier tome de l'encyclopédie dont d'Alembert rédigea le Discours préliminaire. En 1754, d'Alembert est élu membre de l'académie francaise et parut l'article genève qui fut attaqué par Rousseau. Après une série de crises, la publication en sera provisoirement suspendue en 1757. En 1759, un arrêt du Conseil lui retira l'interdiction de paraître. D'Alembert, qui n'aimait pas combattre à visage découvert se retira de l'entreprise, après s'être fâché avec Diderot.

Il entra à l'Académie de Berlin à 28 ans. Vers 1750, il avait 35 ans, il opéra un tournant dans sa carrière et devint un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis...) de lettres. En 1754, il était élu membre de l'Académie française, dont il devint le secrétaire perpétuel le 9 avril 1772. Ami de Voltaire, constamment mêlé aux controverses passionnées de ce temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), il était un habitué des salons parisiens, notamment ceux de Marie-Thérèse Geoffrin, qui recueillit les hôtes (Les Hôtes (Hostess) est une nouvelle de science-fiction d'Isaac Asimov, publiée pour la première fois en 1951 dans Galaxy Science Fiction. Elle est disponible en...) de sa mère morte en 1749, de la marquise du Deffand et de Mademoiselle de Lespinasse. C'est là qu'il rencontra Denis Diderot. Il quitta la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être...) familiale en 1765 pour vivre un amour platonique et difficile avec l'écrivain Julie de Lespinasse, qui disparut en 1776.

Jusqu'à sa mort à soixante-six ans, en 1783, il continua ses travaux scientifiques et disparaît au faîte de sa célébrité, prenant ainsi une revanche éclatante sur sa naissance misérable.

Son œuvre

L'Encyclopédie

En 1745, d'Alembert, qui était alors membre de l'Académie des sciences, est chargé par André La Bretone, d'abord sous la direction de Gua de Malves, de traduire de l'anglais en français le Cyclopaedia d’Ephraim Chambers. D'une simple traduction, le projet se transforma en la rédaction d'une œuvre originale et unique en son genre, l'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. D'Alembert écrira le fameux Discours préliminaire ainsi que la plupart des articles sur les mathématiques et les sciences.

" Penser d'après soi " et " penser par soi-même ", formules devenues célèbres, sont dues à D'Alembert ; on les trouvera dans le Discours préliminaire, Encyclopédie, tome 1, 1751. Ces formulations sont une reprise d'injonctions anciennes (Hésiode, Horace).

Mathématiques

Le théorème (Un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c'est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d'un...) de d'Alembert

Dans le Traité de dynamique, il énonce le théorème de d'Alembert (aussi connu sous Théorème de Gauss-d'Alembert) qui dit que tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) polynôme (En mathématiques, un polynôme est la combinaison linéaire des puissances d'une variable, habituellement notée X. Ces objets sont largement utilisés en pratique, ne serait-ce que parce qu'ils donnent localement une valeur approchée...) de degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) n à coefficients complexes possède exactement n racines dans \mathbb{C} (non nécessairement distinctes, il faut tenir compte du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de fois qu'une racine est répétée). Ce théorème ne sera démontré qu'au XIXe siècle par Carl Friedrich Gauss. Louis de Broglie (Louis Victor de Broglie, duc de Broglie (Dieppe, 15 août 1892 – Louveciennes, 19 mars 1987) était un mathématicien, physicien et académicien français.) présente ce théorème ainsi : "On lui doit le théorème fondamental qui porte son nom et qui nous apprend que toute équation (En mathématiques, une équation est une égalité qui lie différentes quantités, généralement pour poser le problème de leur identité. Résoudre l'équation consiste à déterminer toutes les façons de...) algébrique admet au moins une solution réelle ou imaginaire" (Réf. en bibliographie).

Critère de d'Alembert pour la convergence (Le terme de convergence est utilisé dans de nombreux domaines :) des séries numériques

Soit \sum u_n une série à termes strictement positifs pour laquelle le rapport \frac {u_{n+1}}{u_n} tend vers une limite L\geq 0 . Alors :

  • si L<1 : la série de terme général un converge.
  • si L>1 : la série de terme général un diverge.
  • si L=1 : on ne peut conclure.

Martingale (Une martingale est une technique permettant d'augmenter les chances de gain aux jeux de hasard tout en respectant les règles de jeu. Le principe dépend complètement du type de jeu qui en est la cible, mais le terme est...) de d'Alembert

À un jeu où l'on gagne le double de la mise avec une probabilité (La probabilité (du latin probabilitas) est une évaluation du caractère probable d'un évènement. En mathématiques, l'étude des probabilités est un sujet de grande importance donnant lieu à...) de 50 % (par exemple à la roulette, en jouant pair / impair, passe / manque), il propose la stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) suivante :

  • Miser une unité
  • Si l'on gagne, se retirer
  • Si l'on perd, miser le double (de quoi couvrir la perte antérieure et laisser un gain)
  • continuer jusqu'à un gain ... ou épuisement

Avec ce procédé, le jeu n'est pas forcément gagnant, mais on augmente ses chances de gagner (un peu) au prix d'une augmentation de la perte possible (mais plus rare). Par, exemple, si par malchance on ne gagne qu'à la dixième fois après avoir perdu 9 fois, il aura fallu miser et perdre 1+2+4+8+16+32+64+128+256+512 = 210-1 unités, pour en gagner 1024, avec un solde final de seulement 1 ! Et il aura fallu être prêt à éventuellement supporter une perte de 1023, avec une probablité faible (1/1024), mais non nulle. Même avec une richesse de départ infinie (?) et une durée de jeu sans limite, il faut encore faire face à l'éventualité que le jeu ne s'arrête jamais.

Enfin, il faut s'abstenir de jouer à nouveau après un gain, puisque cela à l'effet inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y =...) à celui de la martingale (augmenter la probabilité de la perte).

Il existe d'autres types de martingales célèbres, qui toutes nourrissent le faux espoir d'un gain certain.

Il convient de noter que l'attribution de cette martingale à d'Alembert est sujette à caution.

Astronomie

Il étudia le problème des trois corps et les équinoxes, dans le mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) publié en 1749 sur la précession des équinoxes (La précession des équinoxes est le lent changement de direction de l'axe de rotation de la Terre.). Ce phénomène, dont la période est de 26.000 ans, avait été constaté par Hipparque dans l'Antiquité. Newton avait compris que la cause de ce phénomène résidait dans l'action des forces de gravitation (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) sur le corps non rigoureusement sphérique qu'est le globe terrestre. Mais c'est à d'Alembert qu'il revint de pousser les calculs et d'obtenir des résultats numériques en accord avec l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande...). D'Alembert fit également progresser le difficile problème que constituait pour les astronomes l'explication du mouvement lunaire (Pour les homonymes, voir Pierrot lunaire, une œuvre de musique vocale d'Arnold Schönberg.). En ce sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie...), il est le précurseur de la Mécanique céleste (La mécanique céleste est un terme qui désigne la description du mouvement d'objets astronomiques tels que les étoiles et planètes à l'aide des théories physiques et mathématiques.) de Laplace.

Physique

En 1743 dans le Traité de dynamique dans lequel il énonce le principe de la quantité de mouvement (En physique, la quantité de mouvement est la grandeur physique associée à la vitesse et la masse d'un objet. La quantité de mouvement d'un système fait partie, avec l'énergie, des valeurs qui se conservent lors des...), qui est parfois appelé principe de d'Alembert.

" Si l'on considère un système de points matériels liés entre eux de manière que leurs masses acquièrent des vitesses respectives différentes selon qu'elles se meuvent librement ou solidairement, les quantités de mouvements gagnées ou perdues dans le système sont égales. " 

Ce principe a servi de base au développement de la mécanique analytique (La mécanique classique peut être écrite (formalisée) de différentes manières. La plus courante est la formulation de Newton, qui utilise la notion de force : elle est de loin la plus simple lorsqu'il s'agit de...). D'Alembert considère le cas général d'un système mécanique qui évolue en restant soumis à des liaisons; il montre que les forces de liaison s'équilibrant, il doit y avoir équivalence entre les forces réelles qui impriment son mouvement au système et les forces qu'il faudrait mettre en oeuvre si les liaisons n'existaient pas. Ce faisant, il éliminait les forces de liaison, dont les formes sont généralement inconnues, et, ramenait, d'une certaine manière, le problème de la dynamique envisagé à une question d'équilibre, c'est-à-dire de statique (Le mot statique peut désigner ou qualifier ce qui est relatif à l'absence de mouvement. Il peut être employé comme :). Cela permettait de ramener tout problème de statique à l'application d'un principe général, qu'on nommait alors le " principe des vitesses virtuelles ". Ce faisant, d'Alembert jetait les bases sur lesquelles Lagrange allait bâtir l'édifice grandiose de la Mécanique céleste.

Il étudia aussi les équations différentielles et les équations à dérivées partielles.

En Hydrodynamique, on lui doit d'avoir démontré le paradoxe (Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une...) qui porte son nom : il montra que, d'après les solutions les plus simples des équations hydrodynamiques, un corps devrait pouvoir progresser dans un fluide (Un fluide est un milieu matériel parfaitement déformable. On regroupe sous cette appellation les gaz qui sont l'exemple des fluides compressibles, et les liquides, qui sont des fluides peu...) sans éprouver aucune résistance ou, ce qui revient au même, qu'une pile de pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette...) plongée dans le cours d'un fleuve (En hydrographie francophone, un fleuve est un cours d'eau qui se jette dans la mer ou dans l'océan – ou, exceptionnellement, dans un désert, comme pour l'Okavango. Il se distingue d'une rivière, qui se jette dans un autre...) ne devait subir de sa part aucune poussée (En aérodynamique, la poussée est la force exercée par le déplacement de l'air brassé par un moteur, dans le sens inverse de l'avancement.). C'était obtenir un résultat contraire à l'intuition et à l'expérience. Il fallut attendre la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une...) des sillages, qui substitue aux solutions continues simples de l'Hydrodynamique, des solutions de surfaces de discontinuités et mouvements tourbillonnaires, pour venir à bout de cette difficulté qu'avait soulevée d'Alembert.

Philosophie

D'Alembert découvre la philosophie au collège janséniste des Quatre-Nations (aujourd'hui Académie française), fondé par Mazarin et tenu par des religieux jansénistes et cartésiens. En plus de la philosophie, il s'intéresse aux langues anciennes et à la théologie (il écrit sur l'Épître de saint Paul aux Romains). À la sortie du collège, il laisse définitivement de côté la théologie et se lance dans des études de droit, de médecine et de mathématiques. De ses premières années d'études, il conservera une tradition cartésienne qui, intégrée aux conceptions newtoniennes, ouvrira la voie au rationalisme scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) moderne.

C'est l'Encyclopédie, à laquelle il collaborera avec Diderot et d'autres penseurs de son temps, qui lui donnera l'occasion de formaliser sa pensée philosophique. Le Discours préliminaire de l'Encyclopédie, inspiré de la philosophie empiriste de John Locke et publié en tête du premier volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) (1751), est souvent considéré, et avec raison, comme un véritable manifeste de la philosophie des Lumières. Il y affirme l'existence d'un lien direct entre le progrès des connaissances et le progrès social.

Contemporain du siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une...) des Lumières, déterministe et athée (tout du moins déiste), D'Alembert fut l'un des protagonistes, ainsi que son ami Voltaire, de la lutte contre l'absolutisme religieux et politique qu'il dénonce dans les nombreux articles philosophiques qu'il écrivit pour l'Encyclopédie. La compilation de ses analyses spirituelles de chaque domaine de la connaissance humaine traité par l'Encyclopédie, constituent une véritable philosophie des sciences.

Dans Philosophie expérimentale, d'Alembert définit ainsi la philosophie : " La philosophie n'est autre chose que l'application de la raison aux différents objets sur lesquels elle peut s'exercer. "

Art

D'Alembert est considéré comme un théoricien de la musique, en particulier dans Éléments de musique. Une controverse l'opposa à ce sujet à Jean-Philippe Rameau.

Étudiant la vibration des cordes, il parvint à montrer que le mouvement d'une corde vibrante est représenté par une équation aux dérivées partielles, et a indiqué la solution générale de cette équation. Cette équation des cordes vibrantes a été le premier exemple de l'équation des ondes (Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une variation réversible de propriétés physiques locales. Elle transporte de l'énergie...). Cela fait de d'Alembert, l'un des fondateurs de la Physique mathématique (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures, les structures et...). Ses travaux ont été à l'origine de polémiques fécondes, lorsque Euler, à la suite de Bernoulli, eut donné sous la forme d'une série trigonométrique, une solution de l'équation des cordes vibrantes qui semblait totalement différer de celle de d'Alembert. Il a résulté de la discussion que la solution trigonométrique pouvait s'adapter à la représentation d'une forme initiale arbitraire de la corde.

Littérature

D’Alembert est représenté dans l’Entretien entre d'Alembert et Diderot, le Rêve de d'Alembert et la Suite de l'entretien (été 1769) par Diderot.

Citations

  • " Il n'y a que la liberté d'agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses ", Discours préliminaire.
  • " Les voleurs de nuit redoutent les réverbères "
  • " Mais le peu d'habitude qu'on a et d'écrire et de lire des écrits sur les arts rend les choses difficiles à expliquer d'une manière intelligible. De là naît le besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les...) de figures. On pourrait démontrer par mille exemples, qu'un dictionnaire pur et simple de définitions, quelque bien qu'il soit fait, ne peut se passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) de figures, sans tomber dans des descriptions obscures ou vagues; combien à plus forte raison ce secours ne nous serait-il pas nécessaire ? Un coup d'œil sur l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction...) ou sur sa représentation en dit plus qu'une page de discours. ", Discours préliminaire.
  • " Celui qui dit que deux et deux font quatre, a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux ? ", L'Encyclopédie
  • " L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà. ", L'Encyclopédie
  • " Toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation...). ", L'Encyclopédie
  • " Trop de lecture peut étouffer le génie."
  • " La nature de l'homme, dont l'étude est si nécessaire, est un mystère impénétrable à l'homme même, quand il n'est éclairé que par la raison seule. "
  • " On nuit plus aux progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant. "
  • " Pour avoir le droit d'admirer les erreurs d'un grand homme, il faut savoir les reconnaître, quand le temps les a mises au grand jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons...). "
  • " Que ne coûtent point (Graphie) les premiers pas en tout genre? Le mérite de les faire dispense de celui d'en faire de grands. "

Anecdote

  • Plusieurs rues, collèges et lycées en France et un cratère ( Pour le cratère d'origine volcanique, voir Cratère volcanique Pour le cratère d'origine météoritique, voir Cratère d'impact Pour le cratère formé à la suite d'un effondrement d'origine souterrainne (érosion,...) lunaire ont été nommés en souvenir de lui.

Ouvrages

  • Mémoire sur le calcul intégral (1739), première œuvre publiée,
  • Traité de dynamique (1743),
  • Traité de l'équilibre et du mouvement des fluides (1744),
  • Réflexions sur la cause générale des vents (1746),
  • Recherches sur les cordes vibrantes (1747),
  • Recherches sur la précession des équinoxes et sur la nutation (La nutation est un balancement périodique de l'axe de rotation de la Terre autour de sa position moyenne en plus de la précession, découvert en 1748...) de l'axe de la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...) (1749),
  • Éléments de musique (1752),
  • Mélanges de littérature et de philosophie (2 tomes 1753, 5 tomes 1759-1767),
  • Essai sur les éléments de philosophie (1759)
  • Éloges lus dans les séances publiques de l'Académie française (1779)
  • Opuscules mathématiques (8 tomes 1761-1780)
  • Œuvres complètes, Éditions CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), 2002. ISBN 2-271060133
  • Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Flammarion, 1993 ISBN 2-080704265
  • Opuscules mathématiques, Paris, David, Briasson, Jombert, 1761-1780
  • Réflexions sur la cause générale des vents, Paris, David l’aîné, 1747
  • Traité de dynamique, Paris, David, 1758
  • Traité de l'équilibre et du mouvement des fluides : pour servir de suite au Traité de dynamique, Paris, David, 1749
  • Trois Mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) à la cour de Frédéric, Paris, C. Lévy, 1886

Bibliographie

  • Joseph Bertrand, d'Alembert, texte disponible en ligne sur le projet Gutenberg (Le projet Gutenberg fut lancé par Michael Hart en 1971 afin d'assurer, à ce qui deviendra plus tard Internet, une bibliothèque de versions électroniques libres (parfois appelés e-texts) de livres...).
  • Louis de Broglie, Un mathématicien, homme de lettres : d'Alembert, L'Encyclopédie et le progrès des sciences et des techniques, Centre International de synthèse, Paris, PUF, 1952, p. 1-9
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