Gaz naturel liquéfié
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Le gaz naturel liquéfié (abrégé en GNL) consiste simplement en du gaz naturel (composé essentiellement de Méthane) condensé à l’état liquide (réduction du volume original d'environ 1/600). En effet, lorsque ce gaz est refroidi à une température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud,...) d’environ -161°C à la pression atmosphérique (La pression atmosphérique est la pression de l'air en un point quelconque d'une atmosphère.), il prend la forme d'un liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.) clair, transparent, inodore, non corrosif et non toxique. Le GNL est environ deux fois plus léger que l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.).

Le GNL jouera un rôle de plus en plus important dans l’industrie mondiale de l’énergie, car les réserves mondiales de gaz naturel (Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme...) sont abondantes et son état condensé rend possible son transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par...) sur de longues distances par les voies maritimes, donnant naissance à de véritables chaînes d’approvisionnement incluant les puits producteurs, les usines de traitement, les réseaux de gazoducs, les usines de liquéfaction (La liquéfaction est un changement d'état qui fait passer un corps de l'état gazeux à l'état liquide. Elle est la transformation inverse de la vaporisation. L'usage vulgaire...), les terminaux de chargement (Le mot chargement peut désigner l'action de charger ou son résultat :) des méthaniers, les terminaux d'importation et de stockage, les usines de regazéification et de réinjection au réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un...).

Généralités

Production

Le gaz naturel liquéfié (Le gaz naturel liquéfié (abrégé en GNL) consiste simplement en du gaz naturel (composé essentiellement de Méthane) condensé à l’état liquide (réduction du volume original...) est produit par cryogénie (La cryogénie est l'étude et la production des basses températures (inférieures à -150 °C) dans le but de comprendre les phénomènes physiques qui s'y manifestent. Elle possède de très nombreuses applications...), et nécessite une température de -163° celcius. Le refroidissement est effectué par plusieurs pompes à chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) à changement d'état (deux ou trois), utilisant généralement des hydrocarbures ou de l'ammoniac (L’ammoniac est un composé chimique, de formule NH3 (groupe générique des nitrures d'hydrogène). C'est une molécule pyramidale à base trigonale : l'atome d'azote (N)...).

Le gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre : un gaz tend à occuper...) naturel liquéfié est presque du méthane (Le méthane est un hydrocarbure de formule brute CH4. C'est le plus simple composé de la famille des alcanes. C'est un gaz que l'on trouve à l'état naturel et...) pur. Les autres composants du gaz naturel sont donc séparés lors de l'opération. Le dioxyde de carbone (Le dioxyde de carbone, communément appelé gaz carbonique ou anhydride carbonique, est un composé chimique composé d'un atome de carbone et de deux atomes...) doit être extrait au préalable, il endommagerait les unités de liquéfaction en s'y solidifiant. On le considère généralement comme un déchet (Un déchet (détritus, résidu..) est un objet en fin de vie ou une substance issue d'un processus, jugés devenus inutiles ou dangereux ou encombrants, et dont on veut se débarrasser.). Les hydrocarbures plus lourds que le méthane sont récupérés, et vendus comme matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et...) première pétrochimique ou comme carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.) (gaz de pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine,...) liquéfié), la plupart des terminaux d'exportation de GNL produisent aussi du GPL. L'hélium (L'hélium est un gaz noble ou gaz rare, pratiquement inerte. De numéro atomique 2, il ouvre la série des gaz nobles dans le tableau périodique des éléments. Son point d'ébullition est le plus bas parmi les corps...) est un coproduit dont la valeur commerciale peut être importante.

Transport maritime (Le transport maritime est le mode de transport le plus important pour le transport de marchandises (marine marchande). Le transport de personnes par voie...)

Le transport est assuré par des navires appelés méthaniers, qui emmagasinent le liquide dans des réservoirs adiabatiques. L'isolation n'étant pas parfaite, du méthane liquide s'évapore pendant la traversée, il est récupéré par un petit compresseur et utilisé dans la propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force...) du navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements...), qui est en général constitué de chaudières à vapeur () mélangeant ce gaz et du fioul (Le fioul (terme recommandé en France par la DGLFLF) ou mazout (terme recommandé par l'Office québécois de la langue française) est un combustible dérivé du pétrole, utilisé...). La plupart des méthaniers ont une capacité de l'ordre de 140 000 mètres cubes de GNL (70 000 tonnes environ), ce qui correspond à 87 millions de mètres cubes de gaz dans les conditions standards. Ce sont des navires très coûteux, les plus chers navires non militaires par tonne ( La tonne représente différentes unités de mesure ; Une tonne est un grand et large tonneau ; Une tonne-pompe est un fourgon d'incendie ; ...) de déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de défense déplaçant la valeur, et finalement le sens En architecture...).

Les terminaux de regazéification reçoivent les méthaniers et transfèrent leur cargaison (La cargaison (de l'occitan gascon cargar: charger) est l'ensemble des marchandises transportées. Le terme s'applique au transport de bétail mais ne s'applique pas aux...) dans des réservoirs à terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus...). Le méthane liquide est regazéifié au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure de la demande du réseau de gaz naturel du pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus...) demandeur. En plus de servir à l'importation du gaz, ces terminaux régulent aussi le réseau de gaz du pays récepteur.

Autres applications

Si le commerce maritime du gaz naturel est la principale application de la liquéfaction de ce carburant, il ne faut pas négliger l'emploi du GNL comme carburant pour véhicules lourds, pour le transport terrestre (par camion (Le camion est un véhicule routier de plus de 3,5 tonnes, destiné à transporter des marchandises. Le camion se distingue du véhicule...) ou rail) et comme moyen de stockage à court terme du gaz.

Historique

Le procédé a initialement été développé aux États-Unis dans les années 1910. À l'époque, l'objectif principal était la séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans plusieurs...) de l'hélium contenu naturellement dans le gaz naturel. Un premier brevet sur le transport par barge fut déposé dès 1914, mais ne fut pas suivi d'application industrielle. En 1941, un première usine commerciale de liquéfaction de gaz naturel ouvrit à Cleveland. Elle servait au stockage temporaire du gaz, pour lisser la consommation sur le réseau.

Le transport maritime du gaz naturel liquéfié commença à titre expérimental en 1959. Le Methane Pioneer était un liberty ship (Le terme Liberty ship désigne les cargos construits en masse aux États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale, après la déclaration du Président Franklin Delano Roosevelt, l'été 1940, affirmant...) reconverti : disponibles en abondance, ces navires servaient de base à de nombreux projets. Il transporta du gaz naturel liquéfié de Lake Charles, en Louisiane, à Canvey Island au Royaume-uni.

Le premier terminal d'exportation commercial (Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente.) fut ouvert en Algérie à Arzew en 1964. Il exporta du gaz vers la Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du territoire du Royaume-Uni. En son acception politique, ce toponyme désigne...), puis vers la France et les États-Unis. En 1969, l'exportation de gaz naturel commença de Kenai en Alaska vers le Japon. Depuis, le commerce du gaz naturel liquéfié a connu une croissance ininterrompue, marquée par la diversification progressive des fournisseurs et des clients.

Principaux avantages

  1. Le traitement du GNL n'est pas polluant (Le polluant a pour définition la plus souvent retenue : un altéragène biologique, physique ou chimique, qui audelà d'un certain seuil, et parfois dans certaines conditions (potentialisation), développe des...) (mais consomme beaucoup d'énergie).
  2. Il n'est aucunement toxique.
  3. Sa combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la combustion est vive, elle se traduit par une flamme voire une explosion.) est peu polluante (dans de bonnes conditions de combustion, le seul rejet est le gaz carbonique).
  4. Ce type d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) ne nécessite que de très peu d'entretien.

L'installation de terminaux de GNL provoque souvent des craintes des riverains, devant la peur d'explosions dues à des accidents ou à des attentats. Cependant, il faut noter qu'en plus de 40 ans de commerce international du GNL, aucun désastre du genre n'a eu lieu sur les sites de réception. En revanche, il y a eu plusieurs explosions sur des unités de production, dont la plus tragique eu lieu à Skikda en Algérie le 19 janvier 2004 et fit 27 morts.

Les marchés

Le Japon a toujours été le principal marché du GNL, seul moyen pour lui d'avoir du gaz naturel (les réserves domestiques sont minimes). Il existe actuellement plus d'une cinquantaine de terminaux d'importation dans 17 pays différents. Le tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) ci-dessous donne les chiffres d'importation par pays en 2005 (chiffres de BP, convertis). Notons que les premiers terminaux du Mexique et de la Chine ont ouvert au cours de l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), le chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) ci-dessous ne reflète donc pas leur capacité d'importation actuelle, qui n'a pas été effective toute l'année.

Pays Volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) (Mt/an) 2006 Terminaux d'importation actifs
Japon 59,7 Environ 25
Corée du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) 25,9 4 : Pyongtaek, Inchon, Tongyeong, Kwangyang
Espagne 17,8 5
États-Unis 12,1 5 (tous sur la côte est)
France 10,1 2 : Fos-sur-Mer et Montoir-de-Bretagne
Taiwan 7,5 Yung-An
Inde 5,8 3 : Dahej, Hazira et Dabhol (ce dernier en 2006)
Turquie 4,2 2 : Marmara Ereglisi et Ismir
Belgique 3,1 Zeebruge
Italie 2,3 Panigaglia
Portugal 1,4 Sines
Royaume-Uni 2,6 Isle of Grain (En météorologie maritime: Un grain est un vent violent et de peu de durée qui s'élève soudainement et qui est généralement accompagné de précipitations. Il se produit généralement au passage d'une ligne d'orages. Voir aussi : Grain...)
Chine 0,7 Guang Dong (2006)
Mexique 0,7 Altamira (2006)
Grèce 0,4 Revithoussa
Porto Rico (Porto Rico (localement Puerto Rico) est un État libre associé aux États-Unis avec un statut de commonwealth. Située dans les grandes Antilles, l'île est baignée au nord...) 0,5 San Juan
Rép. dominicaine 0,2 Andres

Au total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le...), le commerce de GNL représente (en 2005) 135 millions de tonnes, correspondant à 190 Gm3 de gaz naturel. Plus de 6 % du gaz consommé dans le monde (Le mot monde peut désigner :) est donc transporté sous cette forme, et cette part ne cesse d'augmenter.

Notons que ce gaz n'est pas forcément consommé dans le pays qui l'importe, surtout en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une...) - les réseaux étant interconnectés, le gaz débarqué à Zeebruges ou à Fos-sur-Mer peut être brûlé à Berlin.

Le marché est en forte expansion, avec de nombreux projets de nouveaux terminaux d'importations, en raison :

  • de l'augmentation générale de la consommation d'énergie,
  • du déclin de la production de gaz de certaines régions (Amérique du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), Grande-Bretagne) qui oblige à recourir aux importations,
  • de la hausse du prix du pétrole ces dernières années, qui rend l'importation de GNL intéressante, là ou le gaz peut se substituer au pétrole,
  • de la relative " propreté " du gaz par rapport au charbon et au pétrole pour la production d'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité désigne également la branche de la physique qui étudie les...) et dans l'industrie,
  • de la relative sécurité d'approvisionnement apportée (exemple du Chili).

Les trois pays d'Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan...) du Nord ont de nombreux projets de terminaux d'importations, sur les deux côtes. Le Mexique est en train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de...) de construire me premier terminal sur la cote ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) de ce continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme désigne une vaste...), tandis que la canada en construit deux sur la cote atlantique. En outre, trois temrinaux supplémentaires sur la cote du golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) du mexique aux Etats-unis[1]. À terme, bien d'autres terminaux sont en projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) ce continent deviendra un marché plus important que le Japon pour le GNL. Cependant, la production autochtone de gaz américain et canadienne décline rapidement.

La Chine a deux terminaux en construction et plusieurs en projet. Ce pays compte accroître fortement le rôle du gaz dans son enveloppe énergétique. L'Inde a construit deux terminaux récemment, en a un en chantier et plusieurs envisagés. Il y a aussi de nouveaux terminaux prévus en Europe, dont plusieurs au Royaume-Uni et un en Grande-Bretagne.

À une échelle bien moindre, d'autre pays envisagent d'importer du GNL. Le Chili, par exemple, s'est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de...) compte des conséquences de sa dépendance vis-à-vis de l'Argentine pour l'alimentation en gaz, et voit dans le GNL un moyen de diversifier ses sources - son terminal d'importation devrait ouvrir en 2009. Israël a aussi annoncé une compétition pour la construction d'un terminal.

La Nouvelle-Zélande (La Nouvelle-Zélande est un pays de l'Océanie, au Sud-Ouest de l'océan Pacifique, constitué de deux îles principales (l'île du Nord et...) est en pénurie de gaz et envisage cette solution. La Jamaïque (La Jamaïque est une île de la mer des Caraïbes. Elle constitue un pays indépendant, faisant partie des Antilles, situé au sud de Cuba et à l'ouest de l'île...) pourrait aussi y recourir pour ne plus brûler du pétrole, trop cher, dans ses centrales électriques. L'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une...) du Sud y verrait bien un moyen de réduire sa pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) en utilisant du gaz à la place du charbon.

Le futur

L'expansion de cette source d'énergie mène à une demande croissante pour le transport. En effet, le transport maritime mise beaucoup dans cette ressource énergétique, et de nouveaux projets naissent. Par exemple le STL (Single Turret Loading) est une bouée de chargement et déchargement en pleine mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) qui permet au méthanier (Un méthanier est un navire servant à transporter du gaz naturel liquéfié dans ses citernes. On appelle ces navires aussi LNG (Liquefied natural gas) tankers.) non seulement de transporter le GNL, mais également de servir en tant que terminal.

Les pays producteurs

En 2004, treize pays exportaient du gaz naturel liquéfié, et quinze en importaient, un seul (les États-Unis) est à la fois exportateur et importateur.

Pays Volume (Mt/an) 2005 [2] Notes
Indonésie (L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie (en indonésien Republik Indonesia), est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Avec plus de 17 500 îles, il s'agit du plus...) 22,6 Épuisement de certaines réserves (Arun)
Malaisie 20,4
Qatar 19,43 Forte croissance, 1er en 2006
Algérie 18,4 Principal fournisseur de la France et de la Belgique
Trinidad 10,05 Principal fournisseur des Etats-Unis
Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de...) 10,65 Pluieurs nouveaux projets
Nigeria 8,63
Brunei 6,6
Oman 6,6
Émirats 5,1
États-Unis (Alaska) 1,32 Kenai LNG, en Fin de vie (La vie est le nom donné :) (réserves épuisées)
Libye 0,62 Terminal en sous-capacité (manque de pièces)

L'expansion des moyens d'exportations suit celle des moyens d'importations. Contrairement au pétrole, où le marché est très diversifié, dans le cas du GNL personne ne construit de terminal de liquéfaction sans avoir signé des accords à long terme avec des clients pour l'essentiel de la production, et inversement.

Les producteurs d'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des...) du Sud-Est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.) (Indonésie, Malaisie, Brunei, principaux fournisseurs du Japon) exploitent déjà la plupart de leur gisements de gaz, leur ratio réserve/production est de l'ordre de 30 à 40. Il ne semble donc pas qu'ils puissent augmenter fortement leurs exportations de GNL, d'autant que leur consommation intérieure augmente. L'Australie, en revanche, devrait accroitre sa production. Ce pays a un important terminal d'exportation construit en 1989 et étendu plusieurs fois, le projet North West Shelf de Woodside (Woodside est le nom de nombreux lieux et entités :). Un deuxième, le projet Darwin, est entré en service en 2006, il exploite un gisement partagé avec le Timor oriental. Au moins trois autres projets GNL sont en développement en Australie : Browse, Pluto et Gorgon.

Au Moyen-Orient, Qatar dispose du plus grand gisement de gaz du monde, le North Dome, encore peu exploité (au rythme d'extraction actuel, il tiendrait plus de 500 ans). La production augmente rapidement, en 2006 elle a atteint 26 millions de tonnes [3]. 50 millions de tonnes annuels sont annoncés pour 2015.

À une échelle plus modeste, Oman pourrait étendre sa capacité.

En Afrique, le Nigéria prévoit d'accroître sa production dans le cadre de son objectif de valoriser tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le gaz associé des gisements de pétrole, donc une large part est actuellement brûlé en torchère. En 2006, l'Égypte vient d'ouvrir deux terminaux. En Mai 2007, la Guinée équatoriale a exporté son premier chargement le GNL. La capacité du terminal du pays est de 3.4 Mt/an, chiffre qui pourrait être doublé plus tard, le deuxième train utilisant en partie du gaz nigérien et camerounais (il s'agit d'ailleurs du premier projet transfrontalier).

Les nouveaux fournisseurs

En plus de l'expansion des capacités existantes, le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de pays fournisseurs devrait s'accroître dans les années futures. La Russie est sans doute le plus important des founisseurs nouveaux.

Le projet d'exploitation des hydrocarbures de Sakhaline, qui a connu de nombreuses vicissitudes, devrait exporter du GNL à partir de 2008 au rythme de 10 millions de tonnes par an (Mt/an). Ce premier terminal n'exploitera qu'une fraction des réserves de l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi « îlien ».).

Le gisement de Chtokman devait initalement alimenter un immense terminal GNL destiné à l'exportation , mais le projet a été réorganisé et l'essentiel du gaz partira dans le réseau européen. Néanmoins, un terminal GNL sera construit, mais bien plus petit, et plus tard que dans la première version du projet.

La Russie a aussi un projet de terminal sur la mer baltique, et un sur la péninsule de Iamalie.

Plusieurs pays vont rejoindre prochainement les rangs des exportateurs de GNL :

  • Angola : le projet Angola LNG utilisera essentiellement du gaz associé des gisements de pétrole, éliminant leur destruction en torchère. Il exportera initialement 5 Mt/an, capacité dont l'extension est déjà envisagée.
  • Norvège : le projet GNL le plus septentrional du monde est en construction en mer de Barents (La mer de Barents est la mer de l'océan Arctique qui est située au nord de la Norvège et de la Russie occidentale. Elle est nommée d'après le navigateur néerlandais Willem...). Il doit exporter du gaz du gisement Snøhvit à partir de fin 2007, pour 4 Mt/an.
  • Yémen : le projet Yemen LNG, qui utilise du gaz associé de gisements de pétrole du centre du pays, doit livrer 6.7 Mt/an à partir de fin 2008.
  • Pérou : le projet Camisea, déjà exploité pour les liquides et le gaz à consommation interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée...), doit alimenter un petit terminal de liquéfaction (4.2 Mt/an) à partir de 2009.

Trois pays ont le potentiel de devenir des exportateurs importants, mais présentent des obstacles politiques :

  • Iran : plusieurs projets de terminaux d'exportations sont étudiés, mais la crise politique actuelle rend leur réalisation improbable à court et moyen terme.
  • Venezuela : le projet Marischal Sucre est proposé depuis des décennies mais n'a jamais été lancé. Le gouvernement actuel privilégie l'emploi des réserves de gaz du pays pour l'exportation au sein du continent latino-américain.
  • Bolivie : l'exportation de gaz via le Pérou ou le Chili a été envisagée. La nationalisation de l'industrie pétrolière (L'industrie pétrolière traite de la chaîne industrielle du pétrole et du gaz naturel, du gisement jusqu'au consommateur.) du pays, sa volonté de limiter la production, et la croissance des marchés locaux rend le projet moins viable.

Enfin des projets ont été évoqués dans plusieurs pays.

  • Mauritanie : l'exportation de GNL à partir de ce pays est une possibilité pour certaines des compagnies qui y travaillent, mais il faudrait d'abord trouver des réserves de gaz supplémentaires.
  • Colombie : la compagnie nationale a plusieurs fois montré son ambition dans le domaine, mais ici aussi les réserves connues sont insuffisantes.
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée : après l'abandon (début 2007) d'un projet de gazoduc (Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures, sur de longues distances.) vers l'Australie, plusieurs moyens de commercialiser les réserves de gaz du pays sont étudiés, dont un terminal GNL.

À plus long terme, bien des compagnies envisagent la construction de terminaux flottants, à l'instar de ce qui existe déjà pour le pétrole. Ces usines de liquéfaction flottantes permettraient la commercialisation de réserves de gaz offshore (Offshore est un terme anglais désignant à l'origine les activités qui se déroulent au large des côtes. Il peut s'appliquer à plusieurs domaines :) isolées. Néanmoins, on ne sait encore dire quel sera le premier gisement à recevoir un terminal LNG flottant. Cette solution avait notamment été envisagée pour Kudu (Namibie) et Bayu-Undan (Timor-Oriental/Australie) mais finalement écarté au proft de méthodes plus classiques.

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