Révolution copernicienne - Définition et Explications

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Introduction

La révolution copernicienne est la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVe au XVIIIe siècle, faisant passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) les représentations sociales liées aux représentations mentales de l'univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.), d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (Claudius Ptolemaeus (en grec : Κλαύδιος...) (IIe siècle, déjà adopté au IVe siècle av. J.-C. par la plupart des Grecs), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic (Nicolas Copernic (polonais : Mikołaj Kopernik, allemand : Nikolaus Kopernikus, latin : Nicolaus Torinensis/Thorunensis/Torunensis), né le 19 février 1473...), perfectionné par Johannes Kepler (Johannes Kepler (ou Keppler), né le 27 décembre 1571 à Weil der Stadt dans le Bade-Wurtemberg et mort le 15 novembre 1630 à Ratisbonne en Bavière, est un...), Galilée (Galilée ou Galileo Galilei (né à Pise le 15 février 1564 et mort à Arcetri près de Florence, le 8 janvier 1642) est un physicien et astronome italien du XVIIe siècle, célèbre pour avoir jeté les...), et Isaac Newton (Isaac Newton (4 janvier 1643 G – 31 mars 1727 G, ou 25 décembre 1642 J – 20 mars 1727 J) est un philosophe, mathématicien, physicien, alchimiste et astronome anglais. Figure...).

La révolution copernicienne (La révolution copernicienne est la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVe au...), au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une...) propre, consistait à expliquer le Monde (Le mot monde peut désigner :), et les objets qui le composent, par la gravitation (La gravitation est le phénomène d'interaction physique qui cause l'attraction réciproque des corps massifs entre eux, sous l'effet de leur masse. Il...), appelée loi universelle de la gravitation en raison de son caractère considéré comme général à l'époque.

Grandes phases de la révolution copernicienne

Représentations du monde avant la Révolution copernicienne (avant 1510)

Pour la représentation du monde antérieure au XVIe siècle en Occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a...), consulter :

Dès l'Antiquité, on avait conscience que la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus...) était sphérique. On la plaçait au centre de l'univers. Seul Aristarque de Samos dans l'Antiquité suggéra que la Terre tournait autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au...) du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et composée...).

Après les grandes invasions, l'Occident revint en général à une représentation de la Terre plate, même si la représentation sphérique n'était pas complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à...) oubliée. Il fallut attendre les Croisades et les échanges avec la civilisation arabo-musulmane pour que la croyance en une Terre sphérique commence à se généraliser, avec la traduction des ouvrages antiques (Ptolémée, Aristote). Cependant, au XIIIe siècle, seules les tranches les plus cultivées de la population en occident prenaient conscience de la forme sphérique de la Terre. En effet, Albert le Grand (Albrecht von Bollstädt connu sous l'appellation saint Albert le Grand, était dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste et alchimiste germanique. Il fut professeur de renom au...) et Roger Bacon avaient introduit cette connaissance dans les universités.

Après la guerre de Cent Ans, les personnes les moins instruites dans la société occidentale n'avaient donc pas encore conscience des possibilités théoriques de "circumnavigation" qu'entraînaient la forme sphérique de la Terre. Cette information se diffusa progressivement, par des ouvrages tels que le Livre des merveilles du monde de Jean de Mandeville (à ne pas confondre avec le devisement du monde de Marco Polo). Jean de Mandeville était un explorateur originaire de Liège. Il fut qualifié quelquefois d'imposteur ou d'affabulateur de génie. Toujours est-il que, après un voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est...) de 34 ans en extrême orient (L'orient correspond au point cardinal est, et s'oppose à l'occident (l'ouest).) (1322-1356), ce qui était considérable pour l'époque, il compila les informations de son voyage et de ceux de missionnaires franciscains et dominicains. Le livre des merveilles du monde, manuscrit rédigé en trois versions, puis traduit en 250 exemplaires dans une dizaine de langues vernaculaires, dut avoir un retentissement important dans la société. On est à peu près sûr qu'il influença le jeune Christophe Colomb (circumnavigation...).

Entre le XIIe et XVe siècles, la représentation du monde qui se met en place en occident est donc une représentation géocentrée, qui s'appuie sur les références suivantes :

  • Les philosophes de l'Antiquité (Parménide, Platon (Platon (en grec ancien Πλάτων / Plátôn), Athènes, 428 - 427 av. J.-C., 347 - 346 av. J.-C., est un philosophe grec,...), et Aristote), qui avaient conscience que la Terre était sphérique
  • L'astronome (Un astronome est un scientifique spécialisé dans l'étude de l'astronomie.) Eratosthène, pour l'estimation du rayon terrestre,
  • Le géographe et astronome grec Ptolémée,
  • L'astronome perse Al-Farghani,
  • Les récits des missionnaires franciscains en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des terres...),
  • Les récits des missions des franciscains et dominicains en extrême orient,
  • Le Devisement du monde de Marco Polo.

D'autres ouvrages présentaient une représentation cosmographique géocentrée, tels que l'Imago mundi de Pierre d'Ailly. L'Imago mundi fut rédigé en 1410, et imprimé pour la première fois en 1478). Christophe Colomb en avait un exemplaire.

Les grandes découvertes, et principalement les voyages de Vasco de Gama, de Christophe Colomb vers l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).), et de Magellan, la découverte consécutive de nouvelles terres situées entre l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du...) et l'Asie ainsi qu'une meilleure connaissance par les Européens des territoires de l'extrême orient, eurent un grand retentissement en Europe, et firent prendre conscience de la rotondité de la Terre à toutes les tranches de la population.

Il est nécessaire également d'avoir en tête qu'aux XIVe et XVe siècles, on ne faisait pas de grosse différence entre l'astrologie (L‘astrologie est l'ensemble des systèmes de croyances organisés en vue d'obtenir des renseignements sur les phénomènes terrestres à partir de l'observation des phénomènes célestes. Particulièrement...), l'astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés...), la géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê...), la cosmologie (La cosmologie est la branche de l'astrophysique qui étudie l'Univers en tant que système physique.), la cosmographie, etc.

La prise de conscience collective équivalente sur les mouvements respectifs de la Terre et du Soleil (héliocentrisme) n'aura lieu que plus tard.

À la fin du XVIe siècle, l'astronome danois Tycho Brahe (Tycho Brahe (Tyge Ottesen Brahe), dit Le noble Danois ou L’homme au nez d’or (14 décembre 1546 — 24 octobre 1601), est un astronome danois originaire de Skaneland région historique du...) avait proposé un système intermédiaire entre le système géocentrique et le système héliocentrique, dans lequel le Soleil et la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du système solaire avec un diamètre de 3 474 km....) tournaient autour de la Terre immobile, tandis que Mars, Mercure, Vénus, Jupiter et Saturne tournaient autour du Soleil.

Ainsi, au début du XVIe siècle, les traités qui faisaient référence étaient le traité du ciel d'Aristote (Aristote (en grec ancien Ἀριστοτέλης / Aristotélês) est un philosophe grec né à Stagire (actuelle Stavros) en...) et l'Almageste de Ptolémée. Dans la représentation d'Aristote, la Terre était sphérique et fixe au centre de l'univers. Celui-ci était partagé entre le monde sublunaire, et le monde supralunaire, où se déplaçaient le Soleil et les planètes en tournant autour de la Terre. Le monde supralunaire était composé de sphères considérées comme parfaites, c'est-à-dire sans aspérités. Dans le monde supralunaire, on distinguait également la sphère (En mathématiques, et plus précisément en géométrie euclidienne, une sphère est une surface constituée de tous les points situés à une même...) des étoiles fixes. Mais les Écritures saintes, qui contenaient quelques passages cosmologiques (voir ci-dessous la section passages cosmologiques de la Bible) faisaient également référence, non seulement chez les théologiens (catholiques et protestants), mais aussi chez la plupart des astronomes qui y étaient attentifs.

Il est nécessaire de bien distinguer ces deux représentations : forme sphérique (géocentrisme) / héliocentrisme (L'héliocentrisme est une théorie physique qui place le Soleil au centre de l'Univers, ou suivant les variantes, du seul système solaire. Selon des conceptions plus modernes, le Soleil n'est pas le centre mais un...), même si d'un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) chronologique et sociologique, il y eut des recouvrements entre les deux représentations cosmologiques.

Copernic et les premières prises de position des savants et des théologiens (1510-1610)

Nicolas Copernic (1472–1543), le savant humaniste qui a changé notre vision du monde en plaçant le Soleil au centre de l'Univers (peinture de Jan Matejko)

Copernic est le premier à avoir proposé un modèle dans lequel le Soleil était fixe au centre de l'Univers, les planètes décrivant une trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) qu'il pensait circulaire. Il conçut sa doctrine dès 1510 et l'exposa dans le De revolutionibus en 1543.

Voir : Copernic et le système héliocentrique

Selon les vœux mêmes de Copernic, cette doctrine resta pendant longtemps confinée à un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle. Celui-ci étant...) restreint de spécialistes. Elle provoqua néanmoins des réactions de la part des savants et des théologiens. La plupart des astronomes restèrent fidèles au géocentrisme (Le géocentrisme est un modèle physique ancien et erroné selon lequel la Terre se trouve immobile, au centre de l'univers. Cette théorie date de l'antiquité...), tandis que la quasi-totalité des théologiens prirent position contre la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou...) héliocentrique de Copernic. Parmi les théologiens réformés, on peut citer Melanchthon, et parmi les théologiens catholiques, Bartolomeo Spina, son collaborateur le dominicain Giovanni Maria Tolosani, et le théologien jésuite Nicolaus Serarius.

Les astronomes de leur côté avaient développé une doctrine intermédiaire entre le modèle géocentrique et le modèle héliocentrique (voir équivalence des hypothèses).

C'est en 1610 que Galilée commence ses observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) astronomiques avec la lunette qu'il a mise au point.

Dans cette période, et avant que Galilée n'intervienne, la doctrine de Copernic reste confinée à quelques spécialistes, de sorte qu'elle ne rencontre que des oppositions ponctuelles de la part des théologiens, les astronomes restant le plus souvent favorables à la thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il évoque.) géocentrique.

Galilée et l'interdiction des écrits coperniciens (1610-1633)

Portrait de Galilée par Giusto Sustermans en 1636.
Voir aussi : Galilée attaqué et condamné par les autorités

Galilée commença dès 1610 à faire la propagande (La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir (ou un parti) politique ou militaire pour changer la perception d'événements, de personnes (propagande politique, propagande militaire). Elle est à la puissance civile...) de la théorie copernicienne à Florence (Florence (en italien Firenze) est une ville d'Italie, capitale de la région de Toscane et chef-lieu de province (370 051 habitants, les Florentins). Située au pied de l'Apennin septentrional, elle est traversée par le fleuve Arno.) et à Rome. Il rencontra des résistances de la part des philosophes et des théologiens.

Bien que convaincu de la justesse de la théorie copernicienne et s'appuyant sur les observations qu'il effectuait grâce à sa lunette, il ne parviendra pas à apporter la preuve irréfutable que la terre tourne sur elle-même et tourne autour du Soleil.

En 1615, le carme Paolo Antonio Foscarini prit une position favorable à l'héliocentrisme, en montrant que cette hypothèse n'était pas contraire aux Écritures saintes. La controverse prit une telle ampleur que le cardinal Bellarmin, pourtant favorable à Galilée, fut obligé d'intervenir le 12 avril. Il écrivit une lettre à Foscarini où il condamnait sans équivoque la thèse héliocentrique en l'absence de réfutation concluante du système géocentrique. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en reconnaissant l'intérêt pratique, pour le calcul astronomique, du système de Copernic, il déclarait formellement imprudent de l'ériger en vérité physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la...). Galilée de son côté était bien conscient des difficultés que posait le système de Copernic par rapport aux passages cosmologiques de la Bible, comme le montre sa lettre à Christine de Lorraine (1615), mais il revendiquait une autonomie dans ses recherches.

En 1616, les écrits coperniciens furent mis à l'index, et les ouvrages favorables à l'héliocentrisme furent interdits, sans qu'il fût interdit de débattre de l'héliocentrisme dans une hypothèse purement mathématique (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les...). Toutefois, on ne considérait pas les idées héliocentriques comme hérétiques, mais simplement comme téméraires Le cardinal Bellarmin notifia personnellement l'interdiction à Galilée.

En avril 1624, Galilée fut reçu en audience par le pape Urbain VIII, qui l'encouragea à reprendre par écrit l’analyse et la comparaison entre les plus grands systèmes astronomiques, le modèle copernicien pouvant aussi être pris en compte, pourvu que ce soit dans une perspective purement mathématique.

En 1632, Galilée publia, à la demande d'Urbain VIII, le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Galilée développait dans cet ouvrage ses idées favorables à l'héliocentrisme. Il pensait avoir trouvé dans le phénomène des marées une preuve de l'héliocentrisme. D'autre part, Galilée retourna l'argument de la toute-puissance divine qu'Urbain VIII lui avait demandé d'insérer dans l'ouvrage dans un sens favorable à l'héliocentrisme. L'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivante (1633), Galilée fut traduit devant le tribunal (Le tribunal ou juridiction (de jus dicere : littéralement, « dire le droit ») est un lieu où est rendue la justice. C'est là que les personnes en conflit viennent chercher la justice et celles qui...) de l'Inquisition qui jugea qu'il avait enfreint dans cet ouvrage l'interdiction de 1616, qu'il avait présenté l'héliocentrisme comme une thèse et non simplement comme une hypothèse mathématique, et développé des idées contraires aux Écritures saintes.

Galilée fut condamné à l'emprisonnement à moins d'abjurer ses opinions considérées comme hérétiques. Galilée abjura. Sa peine fut commuée par Urbain VIII en assignation à résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce terme vient du verbe latin residere qui signifie...).

Poursuite des recherches et levée de l'interdit (1633-1757)

Urbain VIII donna l'ordre de faire connaître la condamnation de Galilée à tous les professeurs de mathématiques et de philosophie. Les copies de la sentence et de l'abjuration de Galilée furent envoyées dans l'Europe entière et suscitèrent la surprise des savants.

René Descartes (René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye en Touraine (localité rebaptisée Descartes par la suite) et mort à Stockholm dans le palais royal de Suède le...), d'après Frans Hals.

C'est ainsi qu'en novembre 1633, René Descartes apprit la condamnation de Galilée. C'est la raison pour laquelle il renonça à publier son Traité du monde et de la lumière. Il reçut l'année suivante une version du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Pensant que Galilée s'y était mal pris pour démontrer la thèse héliocentrique, Descartes entreprit une carrière philosophique pour proposer une nouvelle méthode de pensée se détournant de la scolastique, carrière qui commença avec le célèbre Discours de la méthode (1637).

La controverse et le procès de Galilée mettaient en effet en évidence les limites de la méthode scolastique, trop spéculative et ne prenant pas assez en compte les résultats de l'expérience. Descartes fut le philosophe qui se démarqua le premier de la scolastique et de la philosophie aristotélicienne. Il proposa un système philosophique essentiellement rationaliste, dans lequel la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) de la vérité reposait sur la raison et les « lumières naturelles » et non sur les lumières de la foi.

Voir aussi :
* Section conséquences philosophiques
* Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) cartésien: la recherche d’une science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai...) universelle
* les Principes de la philosophie

Ce fut Newton qui développa le modèle mathématique (Un modèle mathématique est une traduction de la réalité pour pouvoir lui appliquer les outils, les techniques et les théories mathématiques, puis généralement, en sens inverse, la traduction des résultats mathématiques obtenus en...) permettant d'expliquer le mouvement des planètes autour du Soleil selon des trajectoires elliptiques, à partir de la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale...) de la gravitation universelle.

Voir aussi : Isaac (ISAAC est un algorithme capable de générer des nombres pseudo-aléatoires, tombé dans le domaine public en 1996. Son auteur, Bob Jenkins, l'a...) Newton et les discussions autour de la pesanteur (Le champ de pesanteur (ou plus couramment pesanteur) est un champ attractif auquel sont soumis tous les corps matériels au voisinage de la Terre : on observe ainsi qu'en un lieu donné tous les...)

Devant la preuve optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) et mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission,...) de l'orbitation de la terre, les ouvrages de Galilée furent enlevés de l' Index en 1741 par Benoît XIV, puis les écrits coperniciens furent à leur tour enlevés de l' Index en 1757.

Après la levée de l'interdit (après 1757)

Le procès de Galilée eut comme conséquence que les recherches nouvelles se faisaient désormais en dehors des cercles traditionnels de la scolastique, qui perdit du terrain. Pendant les Lumières, et dans les siècles qui suivirent, Galilée devint une figure emblématique de la science alors que l'Église (L'église peut être :) apparaissait comme obscurantiste (voir ci-dessous la section conséquences philosophiques).

A posteriori, la condamnation de Galilée démontra les erreurs de la plupart des théologiens, ainsi que Jean-Paul II le reconnut officiellement en 1992 à l'issue des travaux de la commission d'étude de la controverse ptoléméo-copernicienne. Les hommes d'Église se rendirent compte progressivement du danger qu'il y avait à interpréter les Écritures saintes de façon littérale. Il fallut attendre le XIXe siècle pour assister à un renouvellement des études bibliques (exégèse et herméneutique), tant du côté catholique que du côté protestant. Les protestants travaillèrent beaucoup au XIXe siècle sur l'Ancien Testament (voir la section renouvellement des études bibliques).

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