Université de Rennes
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Introduction

Université de Rennes
sceau de l'université
Informations
Fondation 1460 bulle pontificale instaurant une université en Bretagne,
1735 déménagement (Un déménagement est une action qui consiste à ôter tout ou partie des biens mobiliers contenus dans un local pour les transporter vers un autre. Il peut...) de la faculté de droit à Rennes
1896 réunion des facultés de Rennes sous le nom d'université de Rennes (L’université de Rennes, est une ancienne université qui trouve son origine dans une ancienne université ducale fondée en 1460 à Nantes, puis déménagée...)
Fondateur François II
Type université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) française disparue
Localisation
Ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins...) Rennes
Pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...) Duché de Bretagne, puis
France

L’université de Rennes, est une ancienne université qui trouve son origine dans une ancienne université ducale fondée en 1460 à Nantes, puis déménagée à Rennes en 1735. Elle prit le nom d'université de Rennes au moment du rapprochement institutionnel des facultés présentes à Rennes en 1896, et fut supprimée lors de la scission de 1969 entre les universités de Rennes I et Rennes 2.

Elle comptait lors de sa dissolution quatre facultés : droit, lettres, médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...), et sciences, ainsi que plusieurs annexes dans d'autres villes de Bretagne et des Pays de la Loire. Ces dernières ont servi de socle pour la création de plusieurs universités au cours des années 1960, notamment pour les universités de Nantes, d'Angers, et de Brest.

Histoire

L'université bretonne

François II, duc de Bretagne.

L'université à Nantes

Préparée par la présence d’école bretonne et la volontée ducale, trois bulles pontificales sont éditées par les papes Jean XXIII, Martin V et Nicolas V − respectivement en 1414, 1424 et 1446 − sans être appliquées. L’université de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le 4 avril 1460, à l'initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle pontificale du pape Pie II, donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une...) à Sienne (Sienne (Siena en italien) est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom, dans la région de Toscane. Elle compte 54 500 habitants (2004).). Celle-ci incarne le vœu de François II d'affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu'aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s'ouvrent des universités. Créée sous la forme d'un studium generale, cette université peut enseigner toutes les disciplines traditionnelles : Arts, Théologie, Droit et Médecine. La population estudiantine entre la fin du XVe siècle et durant les deux siècles suivants croit pour atteindre le millier voire 1 500 étudiants, selon les estimations les plus hautes.

Une première tentative de déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de défense déplaçant la valeur,...) de l'université de Nantes (L’université de Nantes est une université française située à Nantes. Elle a été créée sous sa forme actuelle par un décret du 29 décembre 1961, mais trouve son...) à Rennes a lieu à la fin du XVIe siècle. Le roi Henri IV cherche à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L'université reçoit par lettre patente du 8 août 1589 l'ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L'institution n'est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du 5 septembre 1591 réitère cet ordre de transfert, mais là encore sans application. Une dernière lettre patente d'avril 1598 fixe la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) en confirmant l'établissement à Nantes de l'université.

Le transfert partiel (Le mot partiel peut être employé comme :) à Rennes

Au début du XVIIIe siècle, l'université rentre dans une phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de déclin. Nantes est tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) entière tournée vers le commerce et que ses élites s'intéressent peu à cette institution. En 1728, le maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un gouvernement à...) de Nantes, Gérard Mellier, écrit que l'Université bretonne serait mieux placée « à Rennes, pays de lettres, qu'à Nantes où l'on ne respire que le commerce ». Par conséquent, la Faculté de Droit est effectivement transférée à Rennes en 1735 où siège le Parlement de Bretagne par décision du roi Louis XV. L'ouverture officielle est faite le 11 juin 1736. Les facultés de lettres, de théologie et de médecine sont conservées à Nantes, mais celle de médecine était déclinante, et celle de théologie minée par l'influence du jansénisme. Les enseignements de droit se tiennent dans un premier temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) dans l'hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. Dans sa définition de...) de ville avant d'être transférés en 1753 dans le couvent (Un couvent est un établissement religieux, généralement chrétien, où des clercs mènent une vie religieuse en communauté. Le couvent n'a pas de vocation...) des cordeliers, puis à partir de 1762 et jusqu'à la dissolution des facultés en 1793 dans la chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.) des jésuites après l'expulsion de ceux-ci.

Il est par la suite plusieurs fois question de transférer le reste des facultés de Nantes à Rennes, notamment en 1778. Cependant, les trois facultés nantaises s'opposent avec vigueur à ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...), en mettant en avant le mauvais traitement de la faculté de droit après son transfert à Rennes. La situation en reste alors là. Les institutions des deux villes continuent à être liées entre elles, et l'université reverse à la faculté de Rennes une partie des rentes qu'elle perçoit. En 1789, ce transfert concerne les deux cinquième des 537 livres de rente perçues.

La question de l'université commence à apparaitre dans les réflexions des institutions rennaises. Le parlement de Bretagne produit un plan de réforme des enseignements de la faculté après l'éviction des jésuites en 1762, mais sans que celui-ci ne se concrétise. La question de l'université est présente aussi dans les cahiers de doléances que soumettent les rennais dans l'optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) des états généraux de 1789. Le Tiers état demande ainsi à ce que le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'université en France soit revu à la baisse, que le nombre de facultés de médecine à baissé à trois ou quatre -dont une à Rennes-, et que les chaires de latin de la faculté de droit soient réduites de moitié, au profit de l'ouverture de chaires de droit français et de droit naturel.

La Révolution signe la fin des universités d'Ancien Régime. En 1793, la Convention nationale ordonne la suppression de toutes les Universités et Facultés.

L'université au XIXe siècle

Essor et unification (Le concept d'unification est une notion centrale de la logique des prédicats ainsi que d'autres systèmes de logique et est sans doute ce qui distingue le plus Prolog des...) des facultés à Rennes

La mairie de Rennes (La mairie de Rennes, aussi nommée hôtel de ville de Rennes, désigne à la fois le bâtiment et l’administration et les élus municipaux qui l’occupe.) qui accueille dans un premier temps les facultés de droit et de sciences

En 1806, Napoléon réorganise l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout »,...) du système d'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances...) français en instituant l'Université impériale. Rennes prend alors la tête d'une académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines...) et se voit doté à ce titre d'une faculté de droit et d'une faculté de lettres. Nantes est oublié par ce décret, et ne verra rouvrir une université sur son territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce...) que suite à un décret du 29 décembre 1961.

L'école de droit est rouverte en 1802 et accède au rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une application...) de faculté en 1808. Les cours se tiennent dans l'actuelle salle des assises du palais de justice (Un palais de justice contient un tribunal ou autre juridiction, son administration et divers services liés au droit. C'est l'équivalent francophone de la...). En 1810, une éphémère Faculté des Lettres est créée également. Celle-ci est cependant fermée par la restauration par un décret du 31 octobre 1815. Deux autres facultés, l'une de science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble...) et l'autre de théologie sont aussi prévues mais les décrets de création ne sont pas appliqués. La faculté de lettres ne ré-ouvre qu'à partir de 1839 avec la monarchie de juillet, et compte alors cinq chaires (littérature française, littérature ancienne, littérature étrangère, histoire, et philosophie). Une Faculté des Sciences est créée un an après celle de lettres en 1840 et compte elle aussi cinq chaires (mathématiques, physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la connaissance de...), chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.), zoologie et botanique (La botanique est la science consacrée à l'étude des végétaux (du grec βοτάνιϰή;...), géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et λογος (logos, « parole », « raison »), est la science qui traite de la...) et minéralogie). L'école de médecine, créée sous l'Empire, passe au statut d'école secondaire en 1820 puis au statut d'école de plein exercice en 1895.

Ces trois Facultés et l'école de médecine restent sans lien institutionnel entre elles jusqu'à la création en 1885 d'un Conseil des Facultés. Celui-ci prend en 1896 le nom d'Université de Rennes lors de la réforme des facultés suite à l'application de la loi du 10 juillet 1896. L'université est alors l'une des 16 universités que compte alors la France, et la seule dans l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) en dehors de celle de Caen et de Poitiers. En 1904, elle compte 1 236 étudiants, ce qui la place au 5e rang des universités de province. Les fonds de sa bibliothèque universitaire, déjà l'un des cinq plus importants fonds français hors Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...) au milieu du XIXe siècle, comptent plus de 21 000 volumes en 1890.

Essor des constructions et déménagements

Palais universitaire de Rennes, actuel Musée des Beaux-Arts de Rennes.

Les facultés de sciences, de droit, de lettres, ainsi que l'école de médecine sont dans un premier temps logées dans l'aile nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de la Mairie de Rennes (l’ancien présidial). La faculté de droit occupe le rez-de-chaussé, la faculté de science le 1er étage, la faculté de lettres plusieurs autres salles, et l'école de médecine la salle dite de la Chapelle, située sous la tour de l'Horloge.

Elles sont déménagées dans un nouveau bâtiment dédié en 1856. Dès le milieu du XIXe siècle, le projet d'un Palais universitaire situé quai Émile Zola voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...). Aux premiers projets conçus pour la conception de ce bâtiment, dès 1838, par l´architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un...) de la Ville, Charles Millardet, se substituent les plans de Vincent Boullé qui lui succède en 1846. Les travaux, financés par l'État, la Ville et le Département, commencent en 1847 et s'achèvent en 1855, avec l'inauguration de l'édifice. À partir de 1856, Jean-Baptiste Martenot (Jean-Baptiste Martenot est un architecte français, né en Bourgogne, de la ville de Rennes. Les Halles Martenot et la Préfecture Martenot ont été nommées en son honneur. Il est un ancien élève de l'école des...) dirige des travaux d´aménagement successifs de l'édifice (couverture vitrée de la cour intérieure en 1860). Un amphithéâtre est construit pour la faculté de droit en 1881, puis en 1888 une salle de conférence est aménagée pour la faculté de lettres.

L´exiguïté des locaux et le danger de la cohabitation des différents laboratoires et de collections entreposées sous le même toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) entraînent la construction de nouveaux bâtiments. La faculté de sciences va se voir dotée d'un nouveau bâtiment qui lui est propre face au palais universitaire. Les travaux commencent en 1888 et s'achèvent en 1895. L´École de médecine suit en 1911 et est inaugurée par le ministre l'instruction publique (Le ministère de l'Instruction publique est le nom donné à l'actuel ministère de l'Éducation nationale, de la Révolution à 1932 en France. Par...) de l'époque. Les nouveaux bâtiment de l'école, où chaque enseignement dispose de son propre pavillon, occupent les terrains de la Barbotière, entre la rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers, s'inscrivant de ce fait dans un...) Dupont-des-Loges, le boulevard (Au sens premier, un boulevard est une voie de communication reposant sur d'anciens remparts, puisque le mot vient du néerlandais bolwerc signifiant rempart. Il permet donc de contourner une ville...) Laennec et la Vilaine. Les facultés de Droit et de Lettres sont elles aussi transférées, dans l'ancien archevêché qui jouxte l'église (L'église peut être :) Saint-Melaine pour la première, et au Grand Séminaire pour la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité...). En 1910, une partie des enseignements de botanique de la faculté des sciences s'installe au côté de la faculté de lettres, avec notamment un jardin de 80 ares (Ares est la nouvelle famille de lanceurs civils américains de la NASA.) équipé de serres. Le lien qui existe entre les différentes facultés n'est alors plus qu'administratif.

L'université au XXe siècle

L'université dans l'entre-deux-guerres

Bâtiment de l'institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de géologie.

L'université se dote d'un institut de géologie dans les années 1930 afin d'héberger ses collections. Yves Milon, futur maire de Rennes et qui occupe alors la chaire de géologie, présente en 1932 le projet au recteur Georges Davy (Davy (titre original : Davy) est un roman de Edgar Pangborn publié en 1964.). Les travaux commencent le 27 juin 1935. Le 28 octobre 1937 le bâtiment est investi, mais n'est inauguré officiellement qu'après-guerre le 15 mai 1947 par Marcel Naegelen, ministre de l'Éducation nationale. Le projet d'un institut de botanique voit aussi le jour en 1939 entre l'institut de géologie et le jardin du Thabor, mais ne sera pas réalisé. En 1939, les étudiants sont 3 651.

Avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, puis l'arrivée des troupes allemandes dans la villes, les activités de l'université sont perturbées. Les locaux de la faculté de droit sont réquisitionnés par l'occupant, et les étudiants doivent suivre leurs cours dans le musée ou dans des salles de l'école de médecine. Le palais universitaire qui abritait certaines des collections est endommagé pendant la nuit du 3 au 4 août 1944, et celles-ci sont alors dispersées. Les locaux de l'école de médecine sont eux-aussi partiellement détruits par des bombardements en 1944, et ne ont reconstruit qu'à partir des années 1950.

Des logements pour les étudiants vont aussi être construits. Le 4 octobre 1931 a lieu la cérémonie de pose de la première pierre d'une maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble...) des étudiantes. Les étudiantes étaient minoritaires dans les facultés et écoles rennaises, à l'exception de la faculté de lettres où elles représentent près de 50 % des effectifs à l'époque. Un logement pour les étudiants masculins est aussi construit en même temps. Les mosaïques dans ces 2 bâtiments sont signées par Isidore Odorico.

L'université se développe aussi à Nantes où elle ouvre ou annexe des extensions. En 1922, l'université récupère la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire...) de l'Institut polytechnique de l'ouest, une école d'ingénieurs ouverte quelques années plus tôt par la municipalité nantaise (La Nantaise est une race bovine française.). La même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) les facultés rennaises ouvrent deux instituts, un institut de sciences naturelles rattaché à la faculté des sciences, et un institut des lettres rattaché à la faculté des lettres. Ceux-ci avaient la charge des enseignements de propédeutique, les enseignements en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de l'obtention de diplômes devant être finalisés à Rennes, ou de la préparation de concours comme celui d'entrée à l'école normale supérieure.

L'université dans l'Après-guerre

L'après-guerre est marqué par le développement de plusieurs structures au sein de l'université. En 1945, le rapprochement de la faculté des sciences et de l'Institut Polytechnique de l'Ouest (IPO) donne naissance à l'Institut de Chimie de l'Université de Rennes (ICUR). En 1954, l'école de médecine et pharmacie (La pharmacie (du grec φάρμακον/pharmakôn signifiant drogue, venin ou poison) est la science s'intéressant à la conception, au mode d'action, à la...) devient Faculté de Médecine et intègre l'université. L'année suivante est créé par Jane Krier l'Institut d'administration des entreprises. Jusqu'en 1969, l'Université de Rennes comprend donc quatre Facultés : Droit, Lettres, Sciences, Médecine.

1961 voit les 500 ans de l'université. Des festivités sont organisées à Nantes le 15 juin et à Rennes le 16 juin. Le ministre de l'éducation nationale Lucien Paye fait le déplacement dans ces 2 villes pour cette occasion. À Rennes, il rencontre le maire de l'époque, Henri Fréville. Treize universités françaises, et quatre universités étrangères (Aberdeen, Bâle, Exeter et Louvain) envoient des adresses pour l'occasion.

La hausse du nombre d'étudiants est rapide. En 1948 la population est de 5 638 étudiants, en 1949 de 5 982 étudiants, en 1958 de 9 950 étudiants. La barre des 10 000 étudiants est franchie en 1959. En 1965, ce nombre se situe autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco,...) des 19 000 étudiants. Cette situation va forcer l'université à s'adapter et à trouver des solutions à Rennes et dans d'autres villes.

Essor des nouveaux campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou...) rennais
Bâtiments de la faculté de droit construit à partir de 1961.

Dès la Libération, le recteur de l’académie de Rennes envisage de rassembler les trois facultés rennaises et l’école de médecine et pharmacie sur un même site, au lieu-dit Villejean. En 1950, lorsque la municipalité commence l’aménagement du quartier de Villejean, elle le conçoit comme un quartier réservé au développement universitaire. La hausse du nombre d’étudiants à cette époque impose le déménagement d'une partie des bâtiments du centre-ville (Le centre-ville est le cœur de la ville. Il est également appelé hypercentre dans le cas des grandes agglomérations. C'est le lieu des manifestations...) de Rennes.

Les premières extensions ont lieu dans le centre-ville. La faculté de droit est la première à obtenir de nouveaux locaux. Ceux-ci restent dans le périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à déterminer la quantité de...) du centre-ville de Rennes. Un premier avant-projet est proposé en 1952. Après plusieurs modifications, le projet final est adopté en 1956. Le bâtiment est signé par les architectes Louis Arretche (Louis Gerald Arretche (1905, Saint-Justin - 1991) est un architecte et urbaniste français.) et Raymond Cornon, inspirés par les travaux de Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret-Gris, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel (Suisse), et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, plus connu sous le pseudonyme Le...). Les constructions débutent en 1961 et s'achèvent en 1963. La bibliothèque universitaire bénéficie elle d'une extension. Celle-ci partage à l'époque les locaux de la faculté de lettres. Les plans d'agrandissements sont approuvés le 6 mai 1952, mais le permis de construire (Le permis de construire ou permis de construction est un document officiel qui autorise la construction ou la rénovation d'un bâtiment à usage d'habitation, industriel ou autre.) n'est délivré que le 16 février 1955. Elle est construite dans le prolongement de l'ancien séminaire. L'ancienne chapelle du bâtiment est aménagée en salle de catalogue, tandis que les autres composantes sont construites ex-nihilo. Une première partie des nouveaux locaux sont mis à disposition en 1958, avant que l'ensemble soit achevé en 1960. L'inauguration a lieu le 18 mars 1961 en présence du recteur d'académie Le Moal et d'Henri Fréville, alors maire de Rennes.

Bâtiments de la faculté de lettres sur le campus de Villejean (Le Campus de Villejean est un campus de Rennes (Ille-et-Vilaine), en France. Il est commun à l'Université de Rennes 1, à l'Université Rennes 2 Haute Bretagne, et à l'École des hautes...).
La présidence de la faculté de sciences sur le Campus de Beaulieu.

Les travaux pour le nouveau campus de Villejean sont annoncés en 1961 pour la partie concernant la faculté de lettres. Ils commencent effectivement en 1963. Le complexe universitaire est conçu selon l’organisation des études à l’époque : la première année est commune et la spécialisation se fait les années suivantes. Un long bâtiment est donc prévu pour accueillir les étudiants de première année, alors que d’autres plus petits sont censés accueillir ces même étudiants une fois la première année passée. Entre l’annonce du nouveau campus en 1961 et l’inauguration en 1969, les étudiants de la faculté de lettres passent de 2 400 à 6 613. En 1967, les étudiants de la faculté de lettres font leur première rentrée dans un campus encore en chantier. Les observateurs d’alors sont élogieux pour le nouveau campus « L’édifice central est allongé interminablement. L’effet est singulier de ces mille fenêtres au cadre bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en luminosité du...) foncé. En réalité, les murs ne sont que fenêtres. Cette faculté sera une maison de verre (La Maison de Verre est un projet réalisé par l'architecte-décorateur Pierre Chareau et l'architecte Bernard Bijvoet, 31, rue Saint-Guillaume à Paris VIIe arrondissement, pour le docteur Dalsace...). ». Une nouvelle bibliothèque universitaire dédiée spécifiquement à la faculté de lettres est aussi mise en chantier. Celle-ci est composée de 2 bâtiments juxtaposées, reliés entre eux par une cheville de jonction utilisés par une salle de catalogues. Les travaux commencent le 1er septembre 1965 et s'achèvent en septembre 1967. La mise en service est faite en septembre 1968 pour la première tranche, et en juin 1970 pour la seconde. L'ensemble est ouvert au public le 1er septembre 1970. Pour la partie du campus dédié à la faculté de médecine, le chantier est inauguré le 28 septembre 1964. La rentrée des étudiants se fait pendant les évènements de mai 68. Une bibliothèque universitaire dédiée spécifiquement à la faculté de médecine est aussi construite en 2 tranches. La première est ouverte en 1968 et la seconde en 1973. Cette proximité des enseignements de médecines et de littérature a été inspirée par les travaux d'Albert Burloud.

Les travaux commencent à la même époque pour le campus de Beaulieu. Le projet est lancé dès 1958 par le doyen de la faculté des sciences de l'époque, Henri le Moal, et par le maire de Rennes, Henri Fréville. Le nombre d'étudiants était de 2 300 en 1955, mais le pic du baby boom était prévu pour l'enseignement supérieur pour le milieu de la décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.) suivante. Louis Arretche est désigné comme architecte pour ce campus comme pour celui de Villejean. La cérémonie de pose de la 1er pierre a lieu le 25 octobre 1963. Le campus ouvre en 1965, mais l'occupation de celui-ci se fait par tranches successives jusqu'en 1970. Une bibliothèque universitaire dédiée est là encore construite. Les travaux commencent le 1er septembre 1965 et s'achèvent le 12 juillet 1967. Le déménagement des fonds a lieu les mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) suivants, ce qui permet à l'établissement d'ouvrir pour la rentrée 1967.

Développement en dehors de Rennes

L'université doit aussi développer de nouveaux sites universitaires en Bretagne et en Pays de la Loire pour faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants. Il s'agit avant tout de collèges universitaires, dédiés à l'enseignement de premier cycle, certains devant servir de base pour la mise en place à terme d'universités nouvelles.

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• Rennes
• Nantes
• Brest
• Angers
Localisation de l'université de Rennes et de ses annexes à Angers, Brest, et Nantes

À Nantes, plusieurs structures vont être ouvertes par l'université de Rennes. Aux instituts ouverts avant guerre s'ajoute un institut dépendant de la faculté de droit de Rennes, créé à partir de l'école de droit municipal, par un décret du 30 mai 1947. La même année, l'institut de lettres compte 200 étudiants, contre 80 en 1939, et celui de droit 162. La construction d'une nouvelle université s'amorce en 1956. L'Université de Nantes ouvre en 1961 à partir d’éléments soit sous tutelle de l’Université de Rennes, soit d’anciennes institutions municipales. La faculté de lettres de Nantes reste une annexe de la faculté de lettres de Rennes jusqu'en 1964, et la faculté de droit de Nantes une annexe de celle de Rennes jusqu'en 1967.

À Angers, où comme à Nantes l'université avait été fermée à la Révolution française, s'ouvrent aussi en 1958 un centre d’enseignement supérieur scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) qui est placé dans un premier temps sous la tutelle de l'université de Rennes. Il passera sous la tutelle de l'université de Nantes lors de l'ouverture de celle-ci, Nantes étant devenu le centre d'une nouvelle académie dans les Pays de la Loire. Cependant, la présence de l'Université catholique de l'ouest depuis 1875 dans cette même ville limite dans un premier temps le soutien de la municipalité à ce nouvel établissement.

Brest va aussi voir s'ouvrir plusieurs annexes. Deux collèges universitaires chargés de la propédeutique ouvrent ainsi en 1959 et en 1960, le premier scientifique et le second littéraire. Ceux-ci sont rejoints en 1966 par une école de médecine, et en 1967 par un Institut municipal de Droit. L'embryon (Un embryon (du grec ancien ἔμϐρυον / émbruon) est un organisme en développement depuis la première division...) d'une nouvelle université, alors traditionnellement structurée en 4 facultés (droit, Lettres, médecine, et science), est ainsi mis en place. Ces composantes sont rejointes en 1968 par l'Institut universitaire de technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) de Brest et en 1970 par l'Institut universitaire de technologie de Quimper.

Enfin, l'université met aussi en place un service d'enseignement à distance à partir de 1964 sous la tutelle de la faculté de lettres. Il concerne à l'origine une centaine de personnes réparties dans 3 disciplines (anglais, histoire, et lettres). Il est situé place Hoche dans les locaux de la faculté, et assure son enseignement par la diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit,...) plusieurs soirs par semaine par tranches de 2 heures (L'heure est une unité de mesure  :) de cours enregistrés dans les studios de Radio-Bretagne, rue Janvier.

Scission de l'Université de Rennes

Les évènements de mai 68 remettent en cause l’ancienne organisation (Une organisation est) de l’université en France et les différents facultés doivent revoir leur organisation. À Rennes, les évènements ont affecté les relations entre les différentes facultés. Le nombre important d'étudiants, ainsi que le refus catégorique de certains des représentants enseignants et étudiants de cohabiter de la même institution, et ce malgré les tentatives de conciliation des plus modérés, rend la scission de l'université de Rennes en plusieurs entités obligatoire.

Au vu de la répartition des campus dans 3 quartiers de la ville, l'hypothèse de la création de 3 universités est évoquée, avant d'être repoussée par le ministère, faute d'effectifs suffisants. Plusieurs autres découpages sont alors étudiés : les historiens de la faculté de lettres réunis avec les spécialistes du droit et de l'économie de la faculté de droit, les géographes de la faculté de lettres avec les géologues de la faculté des sciences, ou encore les philosophes de la faculté de lettres rattachés aux composantes de la faculté des sciences. Seule cette dernière option est appliquée, la section de philosophie décidant de son rattachement à l'université de Rennes 1, en raison de l'influence de l'un des enseignants. Bien que ce dernier fût nommé quelques années plus tard à l'université de Paris-IV, la composante de philosophie restera rattachée à l'université de Rennes 1.

L'université de Rennes 1 comporte les 3 facultés de droit, de sciences, et de médecine, ainsi que les enseignements de philosophie prélevés à la faculté de lettres. Les enseignements de médecine partagent le campus de villejean avec Rennes 2 et est au pied du plus grand complexe hospitalier de Bretagne : le CHR de Pontchaillou. Au centre-ville, proche de la place Hoche, ne restent donc plus que les enseignements de droits et de sciences économiques dans le campus du centre. À l'est de la ville, sur le campus de Beaulieu, restent les enseignements de sciences et de philosophie. Les enseignements issus de la faculté de lettres, à l'exception de la philosophie, restent sur le campus de Villejean

L'université de Rennes 2 prend de plus le nom d' « Université de Haute-Bretagne ». L'université de Rennes 1 continue à utiliser jusqu'en 1984 le nom de l'université de Rennes, date à laquelle elle est obligée par décision ministérielle de prendre le nom d'« université de Rennes 1 ».

Prospective

Pendant les années 2000, la question de la fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance constituée de molécules toutes identiques, la fusion...) des deux universités de Rennes 1 et de Rennes 2 a été posée par plusieurs acteurs de la vie (La vie est le nom donné :) politique et académique rennaise. Cette question n'est pas propre à Rennes, et plusieurs universités comme celles de Strasbourg ont fusionnées ou entamé un processus similaire comme celles de Montpellier ou d'Aix-Marseille. Bertrand Fortin et François Mouret, respectivement anciens présidents de Rennes 1 et Rennes 2, se sont montrés partisans d'une réunification, resserrant les liens et cultivant les partenariats pendant leurs mandats, de même qu'André Lespagnol, ancien président de Rennes 2 et qui, pendant son mandat de vice président au conseil régional de Bretagne chargé aux questions d'enseignement, dit voir dans la scission de l'université de Rennes un « accident de l'histoire ». Les présidents suivant ont montré des opinions divergentes, le président de Rennes 2 Marc Gontard étant favorable à la fusion, à l'opposé ( En mathématique, l'opposé d’un nombre est le nombre tel que, lorsqu’il est à ajouté à n donne zéro. En botanique, les organes d'une...) de Guy Cathelineau, président de Rennes 1. L'idée est de nouveau soutenu par Bertrand Fortin à la fin de son mandat de président de l'UEB.

En attendant une éventuelle fusion, les universités bretonnes et des écoles de la région se sont associées en 2007 dans le cadre d'un PRES afin de mettre en commun certains aspects de leurs activités. Cette association porte le nom d'Université Européenne de Bretagne (UEB). Un des aspect de cette association est la signature commune de la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...). Ainsi les publications sont signées sous le nom de l'UEB, tout comme les doctorats délivrés.

Historique des recteurs

21 personnes se sont succédé au titre de recteur des facultés, avec à partir de 1896 le titre de recteur de l'université :

• Augustin Germe (En botanique, un germe est un embryon de plante contenu dans une graine. Le terme désigne également une excroissance qui se développe depuis...) 1810 - 1817 • Thamin 1900 - août 1904
• Le Priol 1817 - aout 1822 • Laronze août 1904 - janvier 1911
• Abbé Blanchard septembre 1822 - aout 1830 • Louis Gerard-Varet février 1911 - décembre 1930
• Le Grand septembre 1830 - 1838 • Georges Davy janvier 1931 - 1938
• Dufilhol janvier 1839 - 1847 • Galletier novembre 1938 - avril 1941
• intérim par Lafferière • Boussagol juin 1941 - novembre 1941
• Thery avril 1848 - 1854 • Souriau décembre 1941 - août 1944
• Mourrier 1855 - 1860 • Lucien Wolff aout 1944 - août 1946
• Magin 1861 - 1866 • Colleville septembre 1946 - février 1947
• Faustino Malaguti 1866 - 1873 • Paul Henry mars 1947 - novembre 1960
• Jarry aout 1873 - 1900 • Henri Le Moal décembre 1960 - 1969
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