Piton de la Fournaise - Définition et Explications

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Géologie

Les dépôts argilisés des “cendres de Bellecombe”, particulièrement bien visibles au pied du Demi-Piton, un kilomètre environ avant le terminus de la route forestière du Volcan, sont caractéristiques d'un épisode phréatomagmatique violent

Le piton de la Fournaise (Le piton de la Fournaise, qui culmine à 2 632 mètres, est le volcan actif de l'île de La Réunion. Il correspond au sommet...) forme la partie actuellement active d'un volcan (Un volcan est un relief terrestre, sous-marin ou extra-terrestre formé par l'éjection et l'empilement de matériaux issus de la...) bouclier plus large : le massif (Le mot massif peut être employé comme :) du Piton de la Fournaise dont les roches les plus anciennes connues ont été formées il y a environ 530 000 ans. Ce massif constitue avec le massif du Piton des Neiges, d'âge plus ancien, l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné...) de La Réunion (La Réunion est une île française du sud-ouest de l'océan Indien située dans l'archipel des Mascareignes à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et...) telle qu'on la voit de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...).

Le piton de la Fournaise, comme on le connaît aujourd'hui, date d'environ 4 700 ans. Cet âge correspond à l'effondrement majeur qui a donné naissance à l'enclos Fouqué en s'accompagnant d'explosions cataclysmiques.

On trouve des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission...) de ces explosions sous la forme de dépôts dits des « cendres de Bellecombe » visibles dans un rayon de dix kilomètres. Le contour de l'effondrement reste très clairement visible dans le paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace terrestre saisi horizontalement par un observateur, il implique un...), formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est haute...) une falaise (Une falaise est un escarpement rocheux créé par l'érosion le long d'une côte. On peut distinguer les falaises basses (hauteur inférieure à 2 mètres), les falaises moyennes (entre 2 et 10 mètres) et les falaises hautes (plus...) continue de 150 à 200 mètres de dénivelé. Les éruptions qui ont ensuite suivi régulièrement ont reconstitué au centre de la zone d'affaissement le cône central du piton de la Fournaise.

Géothermie

Le piton de la Fournaise pourrait, dans les prochaines années, être exploité pour produire de l'énergie électrique (Un apport d'énergie électrique à un système électrotechnique est nécessaire pour qu'il effectue un travail : déplacer une charge, fournir de la lumière, calculer. Ce travail est proportionnel à...) par géothermie, en utilisant de présumés gisements d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) chaude qui seraient piégés à l'intérieur du volcan.

Des campagnes de mesures magnétotelluriques menées au début des années 2000 ont permis de localiser la position possible de tels gisements d'eau chaude. Cependant, selon les experts Il y a seulement 50 % de chance qu’elles correspondent à la signature d’un système géothermal à haute température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud,...). D'autre part, contrairement au massif du Piton des Neiges, il n’existe pas dans le massif du Piton de la Fournaise d’indice de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa...) de la présence d’un système géothermal (fumerolles, sources chaudes, etc).

Des micro forages exploratoires profonds étaient prévus en 2008pour vérifier la présence de ces réservoirs géothermiques naturels et pour évaluer leur exploitabilité. Ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de...) de forages, qui était susceptible de compromettre l'aboutissement du dossier de candidature de l’île pour son inscription à la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO a été suspendu.

Accès au piton de la Fournaise

Premières explorations

Le piton de la Fournaise dessiné par Bory de Saint-Vincent après l'éruption de l'an X
Le piton de la Fourniase vu de l'espace le 16 janvier 2009.

La première ascension dont on a eu la relation écrite est réalisée par le chevalier Andoche Dolnet de Palmaroux, le 21 septembre 1751 La description des lieux est assez médiocre, mais selon le récit du sieur Dolnet, un seul cratère ( Pour le cratère d'origine volcanique, voir Cratère volcanique Pour le cratère d'origine météoritique, voir Cratère d'impact Pour le cratère formé à la suite d'un effondrement d'origine souterrainne (érosion, mine,...) sommital existe alors.

Une autre expédition, menée en octobre 1768 conduit à la découverte du pas de Bellecombe, du nom du gouverneur de l'île de l'époque, qui participe à l'expédition mais qui personnellement rebrousse chemin avant que le passage ne soit trouvé. On connaît de cette équipée au moins deux récits, le premier, assez détaillé, écrit par l'un des protagonistes principaux, l'intendant du roi Honoré de Crémont et publié en 1770 et dont l'arrivée près du sommet est ainsi relatée :

«  À peine eûmes nous fait 50 pas que nous arrivâmes ſur une petite éminence d'où nous apperçumes bien à découvert la bouche (La bouche (encore dénommée cavité buccale ou cavité orale) est l'ouverture par laquelle la nourriture d'un animal entre dans son corps. Le mot gueule s'utilise aussi, mais avec un sens familier...) du Volcan à une grande portée de fuſil ; je ne puis exprimer la joie que je reſſentis d'avoir rempli, même au-delà de mes eſpérances, l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une...) de mon voyage : car je ne m'attendois pas de le voir ſitôt & de ſi près. Nous reſtâmes ſur cette petite hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) pour contempler à loiſir cette fournaiſe. Il étoit environ dix heures & demie du matin quand nous y arrivâmes ; il faiſoit le plus beau temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) du monde ; l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les...) étoit calme & le ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) ſerein. Le bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la...) qui frappoit nos oreilles reſſembloit à celui de 20 à 30 ſoufflets de groſſes forges... »

l'autre, plus sommaire et peu flatteur pour M. de Crémont, retranscrit par Bory de Saint-Vincent dans son mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) de voyage :

« Après deux jours de marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position debout et en ayant toujours...), on se trouva aussi peu avancé que si l'on n'eût rien fait. On était rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de...) au bord de l'Enclos, et l'Enclos paraissait une barrière insurmontable. Dégoûté par ce nouvel obstacle, M. de Belecombe renonça à un dessein à demi exécuté, et revint sur ses traces. M. de Crémon, plus déterminé, promit six pièces de toile bleue aux noirs qui trouveraient un pas dans le Rempart (Un rempart est un élément de fortification entourant un bourg, une ville ou une citadelle, apparaissant au XVIe siècle, et qui remplace la...). Après bien des recherches un esclave vint annoncer qu'il avait trouvé le pas. M. de Montfleury, Guichard et l'esclave y descendirent seuls avec l'intendant ; ce n'est qu'en tâtonnant qu'on s'éleva sur les pentes du cône. C'était une bouche située à peu près à l'endroit où se voit le mamelon Central et qui donnait des matières fondues. On en approchait quand M. de Montfleury s'aperçut que M. de Crémon, excédé de fatigue et de soif (La soif est la sensation du besoin de boire et caractérise un manque d'eau chez l'organisme. Sous le contrôle de l'hypothalamus, la soif intervient dans le...), ayant, faute d'eau, bu tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le rhum qui restait dans son flacon, ne pouvait plus se soutenir ; le robuste Guichard le chargea sur ses larges épaules et aidé du noir, le ramena sur la plaine (Une plaine est une forme particulière de relief, c'est un espace géographique caractérisé par une surface topographique plane, avec des...) des Sables, au risque de tomber mille fois et de se tuer avec son fardeau. »

Les premières expéditions à caractère scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) sont menées en 1771 et 1772 par Philibert Commerson (1727-1773) accompagné de Lislet Geoffroy(1755-1836), ce dernier alors âgé de moins de dix-sept ans.
L'intendant du roi, Honoré de Crémont fait à nouveau aussi partie de la première équipée d'une quinzaine de personnes qui part du Baril(dans l'actuelle commune de Saint-Philippe).
On n'a rapport cependant de ces explorations naturalistes que par des documents dispersés (notes, croquis, correspondances et collections) car Commerson meurt en 1773 sans avoir jamais rien publié. Il écrit cependant à son beau-frère, le curé Beau :

« avoir été à l'escalade du volcan enflammé jusqu'à la hauteur de sa butte, en avoir essuyé une bouffée , une flamme veloutée qui n'a fait que m'effleurer à la vérité, mais qui a atteint très vivement celui qui me suivait... »

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Lislet rapporte également cette description :

« L’Enclos est un rempart qui entoure le Volcan de trois côtés, il a à peu près la forme d’un fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous...) à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au cours des...), au sommet duquel serait la Montagne (Une montagne est une structure topographique significative en relief positif, située à la surface d'astres de type tellurique (planète tellurique, satellites comme la Lune), et faisant...) du Volcan, de la figure d’un cul de chapeau ; là, sa largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la...) est environ de cinq quarts de lieue (La lieue (de latin leuca, emprunté au gaulois) est une unité de longueur anciennement utilisée en Europe et en Amérique latine.), s’écartant irrégulièrement en descendant vers la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) par une pente rapide. »

En 1791, une explosion (Une explosion est la transformation rapide d'une matière en une autre matière ayant un volume plus grand, généralement sous forme de gaz....) sommitale retentissante suivie de l'apparition d'un immense panache vertical (Le vertical (rare), ou style vertical, est un style d’écriture musicale consistant en accords plaqués.) de fumée (La fumée, parfois appelée boucane en Amérique du Nord, est un nuage de particules solides émis par un feu ou un échauffement mécanique....) noire et épaisse survient le 17 juillet et épouvante le pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine....). Une expédition menée par Alexis Bert à laquelle participent Jean-Joseph Patu de Rosemont (1767-1818) et Joseph Hubert (Joseph Hubert est un scientifique, savant réunionnais, botaniste et naturaliste, est né à Saint-Benoît le 23 avril 1747 et mort le 19 avril 1825. Il a vécu à Bras-Mussard puis au Boudoir....) (1747-1825) se rend au volcan. Bert parvient au sommet le 29 juillet et constate la formation d'un cratère d'effondrement à l'origine du Dolomieu, une nouvelle bouche qu'il trouve :

« ... obronde, de cent toises environ de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère. Le diamètre est...), et de cent vingt pieds de profondeur ; ses parois étaient formées de couches horizontales distinctes, rouges et comme interrompues : entre plusieurs de ces couches, sortaient des vapeurs qui avaient l'odeur de l'acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les bases.) vitriolique fumant. Le fond n'était qu'un amas de scories et de débris, d'où s'échappaient çà et là des fumées sulfureuses qui avaient coloré en jaune (Il existe (au minimum) cinq définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur :) plusieurs parties de la fournaise. »

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Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (Jean-Baptiste Geneviève Marcellin Bory de Saint-Vincent est un officier français né le 6 juillet 1778 à Agen et mort le 22 décembre 1846 à...)

Mais ce n'est qu'en 1801 qu'une véritable mission de reconnaissance générale est entreprise sous la direction de Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846), alors tout juste âgé de 23 ans. Le départ pour la première ascension se tient à Piton Sainte-Rose le 25 octobre. Bory, Jouvancourt et leurs compagnons passent par Bois-Blanc, longent le bas du Rempart de Bois-Blanc jusqu'au Trou Caron, rejoignent le pied du piton de Crac où est installé un bivouac, explorent la plaine des Osmondes. Bory atteint le 28 octobre 1801 à une heure (L'heure est une unité de mesure  :) de l'après-midi le "Mamelon central" qui, situé entre le cratère Bory et le Dolomieu, marque à l'époque le sommet du volcan et correspond à un cône éruptif apparu en 1766. Une éruption se déroule au moment même aux pieds des visiteurs dans le cratère Dolomieu :

« À nos pieds du fond d'un abîme elliptique, immense, qui s'enfonce comme un entonnoir, et dont les parois formées de laves brûlées qu'entrecoupent des brisures fumantes, menacent d'une ruine (Une ruine est le reste d'un édifice dégradé par le temps ou une destruction plus rapide. Elle apparaît souvent dans la peinture occidentale avec pour effet de...) prochaine, jaillissent deux gerbes contiguës de matières ignées, dont les vagues tumultueuses, lancées à plus de vingt toises d'élévation, s'entrechoquent et brillent d'une lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm...) sanglante, malgré l'éclat du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et...) que ne tempérait aucun nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en suspension dans l’atmosphère. L’aspect d'un nuage dépend de la...). »

Bory gravit à nouveau le sommet de la Fournaise (toujours en éruption dans le cratère Dolomieu) le 20 novembre 1801 après être passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une...) cette fois par la Plaine des Cafres et la Plaine des Sables.

De cette fréquentation du volcan finalement assez brève (2 ascensions en moins d'un mois), Bory laisse cependant des descriptions topographiques précises, une synthèse des observations antérieures, quelques planches dessinées devenues célèbres et des propositions d'explications sur les phénomènes volcaniques dont beaucoup se sont révélées justes. En naturaliste (Le mot naturaliste fait référence au domaine des sciences naturelles. L'adjectif qualifie une personne ou un groupe (association,...) savant, il décrit de nombreux végétaux et minéraux et en collecte des échantillons. On lui doit éminemment d'avoir donné à la plupart des lieux les noms qu'ils conservent encore aujourd'hui.

Par ses travaux et son récit, Bory ouvre la voie à la fois à une connaissance volcanologique moderne et à une appropriation populaire par les Réunionnais d'un volcan autrefois entouré d'une aura maléfique.

Le temps des guides

Jusque dans les années 1960, l'ascension du piton de la Fournaise, qui est devenue une excursion prisée, demeure cependant réservée à des visiteurs aisés ou passionnés car en l'absence de route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour...) d'approche, il faut monter une véritable expédition et requérir les services de guides et de porteurs.

L'accompagnement des visiteurs au volcan devient ainsi, comme activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) d'appoint, une spécialité de certains habitants de la Plaine des Cafres, particulièrement de ceux du Vingt-septième kilomètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458...), devenu aujourd'hui Bourg-Murat.

L'histoire de cette longue époque a notamment retenu le nom du guide Josémont Lauret, mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les organismes...) de froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) et de fatigue dans la nuit du 6 octobre 1887, dont la stèle commémorative s'élève au bord du sentier de grande randonnée.

Au XXe siècle les rendez-vous de départ se font à l'Auberge du volcan, près de l'actuelle Maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) du Volcan. Les excursionnistes sont des Réunionnais, ou des touristes métropolitains, très rarement des touristes étrangers. En période d'éruption, piqués par la curiosité, ils sont évidemment plus nombreux. Quant au nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de guides et de porteurs, il dépend surtout de la fortune des clients et de la durée prévue de l'expédition.

En général, la sortie au volcan se déroule sur trois jours. Les guides et les porteurs n'ont aux pieds que des chaussons de toile de jute, des souliers goni et ils portent leurs charges sur le dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les côtes. Les dorsaux étaient les muscles les plus...) dans des bertels ou sur la tête. La première journée permet de rallier le bord de l'Enclos, la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) comprend l'ascension à proprement parler du piton de la Fournaise et la découverte des cratères sommitaux, la troisième journée est consacrée au retour.

Jusque dans les années 1930, les randonneurs passent la nuit dans des cavernes, souvent la caverne des Lataniers ou dans des camps de gaube, abris hémisphériques de branchages recouverts de plaques de pelouse (Une pelouse est une formation végétale naturelle ou artificielle formée d'espèces herbacées de faible hauteur, essentiellement des graminées.) naturelle. Puis un gîte est édifié près du pas de Bellecombe pour le repos nocturne des marcheurs. Ce gîte, au départ une simple cabane, devient au fil des ans, après diverses transformations, extensions et reconstructions, l'actuel gîte du volcan et son restaurant.

Découvrir la Fournaise aujourd'hui

Le parking du pas de Bellecombe
L'itinéraire pédestre balisé d'accès au sommet

La route forestière n° 5 dite « route du Volcan » (route carrossable revêtue jusqu'à la Plaine des Sables puis ensuite empierrée) mène sans difficulté depuis le village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines...) de Bourg-Murat jusqu'au bord de la dernière caldeira au lieu-dit du « pas de Bellecombe ». Au terminus, le site qui surplombe ainsi l'enclos Fouqué dispose d'un parking et d'une aire panoramique aménagée permettant par beau temps de découvrir le cône terminal. À proximité se trouve le « gîte du Volcan » où il est possible de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) la nuit.

Après l'éruption d'avril 2007 au cours de laquelle le fond du cratère Dolomieu s'est effondré sur une profondeur supérieure à 300 m, l'ascension du sommet a été officiellement interdite au public jusqu'en décembre 2009. Les bords des cratères sommitaux fissurés et déstabilisés continuent en effet à se détacher fréquemment et subitement.

Depuis le 24 décembre 2009, un accès a été réouvert jusqu'à un point (Graphie) unique d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude...) stable situé sur le bord est du cratère Dolomieu. Le tour des cratères demeure quant à lui interdit en raison de la persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La Persistance de la mémoire (1931) en médecine : la persistance du canal artériel la Persistance rétinienne ...) du danger d'effondrement.

En conditions normales d'ouverture, il faut, avant de gravir le sommet de la Fournaise, au préalable descendre dans l'Enclos par le sentier du rempart de Bellecombe. Au pied de la paroi débute un chemin balisé pour prévenir l’égarement des randonneurs dans le brouillard (Le brouillard est le phénomène météorologique constitué d’un amas de fines gouttelettes ou de fins cristaux de glace, accompagné...), très fréquent autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) du volcan. Ce chemin est matérialisé par de grosses taches de peinture blanches.

Le sentier passe au bout de quelques centaines de mètres près d’un petit cône de scories appelé le « Formica Leo ». Il conduit ensuite, quasiment en terrain plat, à un petit édifice creux haut d’une dizaine de mètres de hauteur, la « Chapelle de Rosemont », un hornito à l’intérieur vitrifié.

L'itinéraire actuel file ensuite sur la gauche pour s'élever progressivement sur le flanc nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) du piton en le contournant d'un demi-tour.

L'ancien itinéraire permettait quant à lui de partir vers la droite pour une ascension directe jusqu'au cratère Bory, de poursuivre par un tour des cratères Bory et Dolomieu puis éventuellement de revenir par le flanc nord. L’accès à l’intérieur du cratère Dolomieu était quant à lui interdit de manière permanente depuis l'arrêté préfectoral du 11 septembre 1992, le fond et les parois du cratère ayant été de tous temps instables et susceptibles d'effondrements subits.

Sur le rebord nord du cratère Dolomieu se trouvait la « Soufrière », un gouffre (Un gouffre désigne généralement, au sens propre, une cavité souvent d'origine karstique dont l'entrée s'ouvre dans le sol (par opposition à une...) dégageant du soufre (Le soufre est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole S et de numéro atomique 16.) apparu en 1964. Ce gouffre a été emporté avec l'effondrement du cratère en avril 2007.

Règlementation de l'accès

Randonneurs sur le piton de la Fournaise

Tant que l'absence de route impose une longue marche d'approche, l'accès au piton de la Fournaise reste entièrement libre, même en période éruptive, sous la seule responsabilité des guides et des visiteurs qui forment une élite passionnée ou fortunée.

Avec la démocratisation de l'automobile (Une automobile, ou voiture, est un véhicule terrestre se propulsant lui-même à l'aide d'un moteur. Ce véhicule est conçu pour le transport terrestre de personnes ou de marchandises, elle...), le volcan devient rapidement un site naturel très fréquenté, notamment lors d'éruptions facilement visibles. Le premier embouteillage mémorable se déroule ainsi dans le Grand Brûlé en 1961. Mais c'est en 1972 lors de la première éruption qui suit l'ouverture complète de la route forestière du Volcan (celle-ci ayant été achevée jusqu'au pas de Bellecombe en 1968) que le préfet de La Réunion, inquiet d'une éventuelle affluence massive (Le mot massif peut être employé comme :) des curieux, prend un arrêté d'interdiction d'accès à l'Enclos le 9 août 1972. La contestation populaire est vive et la Préfecture autorise finalement l'accès à de petits groupes encadrés par des guides. Mais le temps est exécrable, l'expédition tourne à la déroute, trois personnes meurent de froid, une dizaine sont hospitalisées.

Entre 1972 et 1998, l'accès au volcan demeure généralement libre, même pendant les éruptions.

Lors de l’éruption de 1998, qui se trouve être visible depuis le Pas de Bellecommbe, l’affluence du public provoque des embouteillages de plusieurs heures. L’accès est fermé aux véhicules et un système de navette (Une navette spatiale, dans le domaine de l'astronautique, est un véhicule aérospatial réutilisable conçu pour assurer la desserte des stations spatiales en orbite basse mais pouvant aussi assurer d'autres missions, telles que le lancement ou la...) payante est mis en place provisoirement.

À la suite de cette expérience, une étude de faisabilité est entreprise sur l’opportunité de remplacer durablement la libre circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) par un système pérenne de navettes, étude demeurée jusqu'à présent sans suite.

Mais depuis lors, l'État met en œuvre à l'occasion de chaque éruption un dispositif de réglementation et d'organisation (Une organisation est) de l'accès aux sites d'éruption, en essayant de trouver les formules qui concilient au mieux sécurité publique et visibilité (En météorologie, la visibilité est la distance à laquelle il est possible de distinguer clairement un objet, quelle que soit l'heure. On peut mesurer la visibilité horizontale et verticale, souvent...) du spectacle de la nature. À la lumière des enseignements propres à chaque éruption, le dispositif-type évolue au cours des ans. Son application ne cesse cependant jamais de susciter des débats polémiques relatifs à la sécurité ou à la liberté de circuler. Un portail est mis en place à l'entrée du sentier pour matérialiser les fermetures préfectorales de l'Enclos lors des éruptions.

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