Relativité d'échelle

La théorie de la relativité d'échelle, développée par le physicien français Laurent Nottale, est une tentative visant à généraliser la théorie de la relativité générale. Pour cela, elle abandonne l'hypothèse classique de la différentiabilité de l'espace-temps (La notion d'espace-temps a été introduite au début des années 1900 et reprise notamment par Minkowski en 1908 dans un exposé mathématique sur la géométrie de l'espace et du temps...), qui devient fractal. Un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il...) est alors caractérisé par un état " d'échelle " (assimilable à la résolution des instruments de mesure utilisés pour le décrire) qui ne peut être défini que relativement à un référentiel, à l'image des états de position et de mouvement.

La relativité d'échelle reste une théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative,...) marginale et contestée.

Une généralisation (La généralisation est un procédé qui consiste à abstraire un ensemble de concepts ou d'objets en négligeant les détails de façon à ce qu'ils puissent...) de la relativité "générale"

L'idée moderne de la relativité remonte à Galilée (Galilée ou Galileo Galilei (né à Pise le 15 février 1564 et mort à Arcetri près de Florence, le 8 janvier 1642) est un physicien et astronome italien du XVIIe siècle, célèbre pour avoir jeté les fondements des sciences...), avec son fameux exposé sur les systèmes du monde (Le mot monde peut désigner :), où il décrit le mouvement " qui est comme rien ", c'est-à-dire que le mouvement en tant que tel n'existe pas pour celui qui partage le même référentiel. La généralisation proposée par la relativité d'échelle est particulièrement naturelle lorsque l'on s'attache à décrire l'évolution de l'idée de relativité en fonction des propriétés du concept le plus fondamental de la physique : l'espace-temps.

Dans la relativité " galiléenne ", l'espace-temps est

  1. continu
  2. " lisse " (i.e. différentiable, et même infiniment différentiable - nous y reviendrons),
  3. et " droit ", c'est-à-dire euclidien (i.e. Dans un espace où les droites parallèles (Deux droites sont dites parallèles si elles n'ont aucun point commun ou si elles sont confondues. Deux droites ayant un et un seul point commun sont dites sécantes.) ne se rejoignent jamais).

Il est alors possible de voir le travail d'Einstein comme la tentative de se soustraire de l'hypothèse de l'espace-temps euclidien ; les raisons qui l'ont amené là sont diverses, mais peuvent néanmoins se ramener à ça. Dans la relativité générale (La relativité générale, fondée sur le principe de covariance générale qui étend le principe de relativité aux...), l'espace-temps n'est pas supposé euclidien partout. En d'autres termes, l'espace-temps euclidien est un cas particulier (conforme à notre expérience ordinaire, certes, mais un cas particulier quand même) d'un espace plus général qui lui est courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple, les droites, les segments, les lignes polygonales et les cercles sont des...) (et plus précisément riemannien). Et c'est précisément le but de la physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens...) fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) que d'essayer de s'affranchir des conditions particulières pour atteindre les lois de la nature les plus générales.

Si l'on regarde l'équation (En mathématiques, une équation est une égalité qui lie différentes quantités, généralement pour poser le problème de leur identité. Résoudre...) d'Einstein aujourd'hui (cette équation représente en fait 16 équations différentielles du deuxième ordre couplées), on trouve des dérivées secondes. Implicitement, les coordonnées d'espace-temps sont donc considérées comme au moins deux fois différentiables.

En fait, Nottale n'est pas le premier à supposer les coordonnées d'espace-temps comme non différentiables: il suffit d'interpréter les équations dans le cadre des distributions.

Alors, toute la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les...) de la relativité d'échelle résiderait précisément ici : elle consisterait à supprimer encore une hypothèse sur l'espace-temps, celle de la différentiabilité. L'espace-temps resterait continu. Cependant, il ne serait plus seulement courbe, mais aussi non différentiable, autrement dit fractal (conséquence du théorème (Un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c'est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d'un raisonnement logique construit à partir d'axiomes. Un...) de Lebesgue). C'est la force majeure de cette théorie face aux autres théories du tout : elle fait la seule hypothèse d'en supprimer une justement, et ce sur l'objet le plus fondamental de la physique : l'espace-temps. La relativité d'échelle est supposée englober donc par définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) la relativité générale, puisqu'elle est supposée en être une généralisation. Ainsi, l'espace-temps courbe (riemannien) deviendrait lui aussi un cas particulier d'un espace-temps encore plus général.

Pour aller plus loin, il serait possible d'imaginer un espace-temps discontinu, mais il semble que ce ne soit pas (ou pas encore ?) utile pour comprendre les problèmes physiques auxquels nous sommes confrontés.

Justification conceptuelle

Un problème théorique que la relativité restreinte (On nomme relativité restreinte une première version de la théorie de la relativité, émise en 1905 par Albert Einstein, qui ne considérait pas la question des accélérations d'un référentiel, ni les interactions d'origine...) d'Einstein essayait de résoudre était l'apparition d'une constante, c= \frac {1} {\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}}, dans les équations de Maxwell (Les équations de Maxwell, aussi appelées équations de Maxwell-Lorentz, sont des lois fondamentales de la physique. Elles constituent les postulats de base de l'électromagnétisme, avec l'expression de la force...) décrivant la propagation des ondes_électromagnétiques, dont la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière...). Le problème posé par cette constante ayant la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de...) d'une vitesse (On distingue :) est qu'elle semblait indépendante de la vitesse de l'observateur, et par conséquent n'obéissait pas à la loi additive de composition des vitesses v = v1 + v2.

De la même façon, l'équation_de_Schrödinger fait apparaître une constante \hbar à partir de laquelle on peut dériver une distance fondamentale, la longueur de Planck (En physique, la longueur de Planck ou échelle de Planck est une unité de longueur qui fait partie du système des unités de Planck. Notée , elle...) \ell_P = \sqrt { \frac {\hbar G} {c^3} }, qui apparaît indépendante de la résolution à laquelle on l'observe, contrairement aux autres quantitiés assimilables à des longueurs.

Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme l'existence d'une vitesse absolue (L'absolue est un extrait obtenu à partir d’une concrète ou d’un résinoïde par extraction à l’éthanol à température ambiante ou plus...) c requiert l'écriture d'une loi de composition (En mathématiques, une loi de composition, ou loi tout court, est une relation ternaire qui est aussi une application. C’est donc une application d’un produit cartésien de deux ensembles E et F dans un troisième ensemble G, avec G...) de vitesses qui laisse cette vitesse invariante (la Transformation_de_Lorentz), l'existence d'une longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est celle...) apparemment absolue \ell_P suggère qu'il est nécessaire d'écrire les changements d'échelle d'une façon qui préserve cette longueur. La relativité d'échelle est principalement l'étude des conséquences d'une telle transformation.

Calculs fondamentaux : exposé simplifié

En relativité générale, la composition des vitesses ne se réduit pas à une simple addition (L'addition est une opération élémentaire, permettant notamment de décrire la réunion de quantités ou l'adjonction de grandeurs extensives de même nature, comme les longueurs, les aires, ou les...). Par exemple, vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'une gare (Une gare est d'ordinaire un lieu d'arrêt des trains. Une gare comprend diverses installations qui ont une double fonction :), la vitesse d'une balle dans un train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter des...) n'est pas la somme de la vitesse du train et de la vitesse de la balle vue du train. Le calcul correct fait intervenir une composition des vitesse un peu plus compliqué mais calculable par la transformation de Lorentz, qui introduit une vitesse limite (celle de la lumière), pour laquelle v " + " c = c.

Avec la relativité d'échelle, la même chose se produit avec la composition des niveaux de " zoom ", qui ne se réduit pas à une simple addition (en échelle logarithmique). Autrement dit : si on passe d'une mesure d'un objet en centimètre (Un centimètre (symbole cm) vaut 10-2 = 0,01 mètre.) à une mesure en millimètres par une multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .) par 10 (1 ordre de grandeur), et de la même mesure en millimètres à une mesure en micromètre (Un micromètre (symbole μm) vaut 10-6 = 0, 000 001 mètre.) par une multiplication par 1000 (3 ordres de grandeur), on ne passe pas de la mesure en centimètre à celle en micromètre par une multiplication par 10x1000 = 10 000 (1+3 = 4 ordres de grandeur). En supposant que la transformation de Lorentz se généralisait à la composition des échelles, Nottale a annoncé que cela impliquerait naturellement des tailles limites.

  • une limite inférieure dans l'espace (on ne pourrait plus parler d’infiniment petit), qu'on peut identifier à la longueur de Planck
  • une limite supérieure dans l'espace (on ne pourrait plus évoquer non plus d’infiniment grand), L, qui est la taille de l'Univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.).
  • une limite inférieure dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), le mur de Planck (Le Mur de Planck (du nom du physicien Max Planck) désigne la période de l'histoire de l'univers où ce dernier avait un âge de l'ordre du temps de Planck, à savoir environ 10-44 secondes. Avant ce temps, période appelée...).

Dans cette théorie, toutes ces limites sont aussi solides que le "mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) de la vitesse de la lumière (La vitesse de la lumière dans le vide, notée c (pour « célérité », la lumière se manifestant macroscopiquement comme un phénomène...)", vouloir parler d'un objet "au-delà" n'a pas plus de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du ralentissement du vieillissement, suivi de...) que parler d'un objet " plus rapide que c ". Notamment, regarder plus "tôt" dans le temps que le mur de Planck n'a pas non plus la moindre signification : le " big bang " est inaccessible.

Il est bien sûr possible de tenter un "zoom" supplémentaire, mais cela conduit à voir exactement la même chose (exactement comme se mettre dans un train encore plus rapide ne change pas la vitesse de la lumière observée).

"Assez loin" des échelles limites, on resterait dans le domaine " non-relativiste d'échelle ", où les lois classiques de composition des échelles s'appliquent : si un objet en mm est 10 fois plus gros que le même en cm, et si l'objet est 100 fois plus gros en cm qu'en mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international (SI). Il est défini, depuis 1983, comme la...), alors il est, à une approximation (Une approximation est une représentation grossière c'est-à-dire manquant de précision et d'exactitude, de quelque chose, mais encore assez...) impossible à prendre en défaut, 1000 fois plus gros en mm qu'en mètre. Selon le cas, c'est la mécanique quantique (Fille de l'ancienne théorie des quanta, la mécanique quantique constitue le pilier d'un ensemble de théories physiques qu'on regroupe sous...) ou la relativité générale qui s'applique. Par contre, ces deux théories doivent devenir de plus en plus fausses au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure qu'on se rapproche des échelles limites, les écarts prévisibles sont calculables, et c'est un point (Graphie) qui permettra de valider (ou au contraire infirmer) la théorie de la relativité (Cet article traite de la théorie de la relativité à travers les âges. En physique, la notion de relativité date de Galilée. Les travaux d'Einstein en ont fait un important...) d'échelle.

Conséquences

  • L'espace aurait une nature fractale (On nomme fractale ou fractal (nom masculin moins usité), une courbe ou surface de forme irrégulière ou morcelée qui se crée en suivant des règles déterministes ou stochastiques. Le terme...), (d’après Nottale, de dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) deux vers les petites échelles, ce qui lui fera par boutade considérer le monde physique comme similaire à un gros économiseur d'écran). Concrétement, cela signifie qu'un objet mesuré en millimètre est un peu différent du même objet mesuré en mètres (mais cf. infra).
  • La relativité d'échelle explique la quantification et l'apparition de structures à différentes échelles (en dépit de la continuité (En mathématiques, la continuité est une propriété topologique d'une fonction. En première approche, une fonction est continue si, à des...) de l'espace-temps), et ce, sans supposer une fluctuation initale ou une "force" spécifique. On retrouve cela en astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés physiques et chimiques. Elle ne doit pas être confondue...) (astéroïdes, planètes et soleils ; systèmes solaires ; galaxies ; amas ; super-amas) et en physique des particules (La physique des particules est la branche de la physique qui étudie les constituants élémentaires de la matière et les rayonnements, ainsi que leurs interactions. On l'appelle aussi...).
  • la relativité d'échelle explique la conservation de la charge électrique (La charge électrique est une propriété fondamentale de la matière qui respecte le principe de conservation.) comme liée à la symétrie d'échelle, et quantifiée en raison de l'existence de l'échelle limite de Planck.
  • la densité (La densité ou densité relative d'un corps est le rapport de sa masse volumique à la masse volumique d'un corps pris comme référence. Le corps de référence est l'eau pure à 4 °C pour les...) d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) du vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.) dépend de la résolution, en 1/r6.
  • Relativité générale et mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref, de tout ce qui produit ou transmet un...) quantique, théories jusque-là incompatibles bien que donnant l’une comme l’autre des résultats valides, coexistent dans ce cadre unique et commun.

En effet, une des conséquences les plus étonnantes de cette théorie est qu’il existe des trajectoires qui varient indéfiniment suivant les changements d’échelles (il n’existe donc aucune échelle où ces trajectoires peuvent se ramener à une droite, comme c’est le cas en physique classique, autrement dit ces trajectoires sont des fractales). Ce résultat a deux conséquences importantes :

  • Les mouvements apparemment aléatoires des particules de la physique quantique ne seraient en réalité que des mouvements suivant de telles trajectoires fractales (d’ou une possible unification (Le concept d'unification est une notion centrale de la logique des prédicats ainsi que d'autres systèmes de logique et est sans doute ce qui distingue le plus Prolog des autres langages de...) de la physique quantique et de la relativité). Ce qui expliquerait aussi pourquoi le fait d’observer ces particules influe sur leur comportement, puisque une observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré...) suppose forcément une échelle d’observation.
  • Vu que le concept de dérivées mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les nombres, les figures,...) s’appuie justement sur le fait qu’une portion infiniment petite de courbe peut être assimilée à un segment de droite, l’existence de trajectoires fractales remet en cause l'application de ce concept à la physique réelle. Ainsi, aux échelles quantiques, les trajectoires des particules ne seraient pas différentiables, ce qui explique l’impossibilité de leur associer une vitesse au sens classique.

La mécanique quantique

Le plus remarquable, c'est que l'application des lois de la relativité d'échelle implique la quantification.

La mécanique quantique n'est ainsi pas abolie, elle apparait comme un simple cas particulier.

Cas des hautes énergies

Cependant, la relativité d'échelle implique que la mécanique quantique "standard" devient fausse aux très hautes énergies (supérieure à 100 GeV), car elle ne prend pas en compte les effets relativistes d'échelles qui deviennent sensible à ce niveau. En fait, la relativité d'échelle dans sa forme actuelle ne tient pas compte des modifications à faire dans le cas des hautes énergies. Par exemple, elle établit une correspondance (La correspondance est un échange de courrier généralement prolongé sur une longue période. Le terme désigne des échanges de courrier personnels plutôt qu'administratifs.) entre les lois de Newton et l'équation de Schrödinger (L'équation de Schrödinger, conçue par le physicien autrichien Erwin Schrödinger en 1925, est une équation fondamentale en physique quantique non-relativiste....), mais en ce qui concerne les équations macroscopiques de la relativité restreinte et les équations de la mécanique quantique tenant compte des effets relativistes, Laurent Nottale (Laurent Nottale est un astrophysicien, directeur de recherche au CNRS et Chercheur à l'Observatoire de Paris-Meudon né le 29 juillet 1952.) y travaille encore.

À ce titre, on peut contester l'expression "généraliser la relativité générale" puisque la théorie n'est même pas encore accordée avec la relativité restreinte !

Autres branches de la science : une "mécanique quantique généralisée"

Laurent Nottale prétend appliquer le principe général de la relativité d'échelle à n'importe quel objet de science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que...). Par exemple, il suggère une application à la biologie : aux grandes échelle de temps, un système chaotique finit par se comporter comme un système quantique, ce qui implique

  • une hiérarchie d'organisation (Une organisation est) (dans l'espace des échelles) ; on observe ainsi des individus et des espèces, alors même que le répertoire génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) apparait (presque) continu.
  • une structure fractale des arbres évolutifs (quantification dans le temps)
  • des implications en morphogénèse et auto-organisation (L'auto-organisation est un phénomène de mise en ordre croissant, et allant en sens inverse de l'augmentation de l'entropie; au prix bien entendu d'une dissipation d'énergie qui servira à...) (dans l'espace et le temps)

Cette application innatendue a plutôt tendance à discréditer la thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur,...) de Laurent Nottale. En effet, les lois mathématiques qu'il prétend trouver dans l'évolution de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction,...) sont contestées par les paléontologues, qui pensent tout simplement que l'équipe de Nottale n'a choisi que les événements confirmant sa thèse et pire, considèrent qu'il s'agit d'un truquage en faveur de l'actuelle offensive néo-créationniste.

Nottale a par ailleurs proposé d'appliquer la relativité d'échelle à l'astrophysique (L’astrophysique (du grec astro = astre et physiqui = physique) est une branche interdisciplinaire de l'astronomie qui concerne principalement la physique et l'étude des propriétés...).[1] Il propose en particulier d'employer une "équation de Schrödinger généralisée" pour expliquer les positions des planètes. Contrairement à la loi de Titius-Bode (La loi de Titius-Bode, ou loi de Bode, est une règle empirique reliant les rayons des orbites des planètes du système solaire. Elle montre que la distance des planètes au Soleil suit une progression géométrique de raison...), la loi qu'il obtient attribue plusieurs positions à la ceinture d'astéroïdes (Nottale assurant que les positions représentent bien la répartition massique). Autre caractéristique intéressante, sa loi prévoit l'existence possible de vulcanoïdes à 0,05 UA ou 0,18 UA du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de...), quoique la distance la plus faible est peu probable aux yeux de Nottale (peu de chances pour un objet d'exister si près du Soleil). Son collègue G. Schumacher a donc participé aux recherches de vulcanoïdes, en vain. Mais comme le fait remarquer Nottale, puisque Einstein a parfaitement expliqué l'orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) de Mercure et que la relativité d'échelle reprend la relativité générale, l'objet doit nécessairement être 1000 fois moins massif (Le mot massif peut être employé comme :) que la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...), donc peu aisé à détecter. On peut aussi noter que Nottale avait exagéré en qualifiant un objet si léger de planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre hydrostatique, c'est-à-dire sous une...) (cela semblait un peu osé à l'époque, il est certain que la nouvelle définition ne donne aucune chance à un objet si léger d'obtenir ce titre).

Critiques de la relativité d'échelle

Certains estiment que la relativité d'échelle ne mérite même pas d'être appelée théorie, mais qu'elle n'est qu'un tas de semblants d'idées et de mots savants vidés de leur sens, et un jeu d'illusions pour briller auprès de personnes qui ne connaissent pas la physique de manière suffisamment approfondie, ou qui la connaissent mais ne font pas attention aux détails de ce que Nottale avance et/ou ceux-ci n'éveillent pas leur esprit critique (comme il a l'art de faire des séminaires superficiels cachant ses faiblesses devant ceux qui pourraient les détecter).

Les constestataires de la relativité d'échelle estiment donc qu'elle ne mérite pas plus d'attention que tant d'autres théories "révolutionnaires" absurdes, de gens qui pour beaucoup n'ont jamais étudié sérieusement la physique à la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) de ce qui serait nécessaire pour cela. Et ils regrettent que les médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre d'individus sans possibilité de...) ait eu le malheur de prendre ces divagations au sérieux.

Ils lui reprochent notamment

  1. la fausse découverte de la non-différentiabilité, généralement englobée pour les champs usuels dans les calculs différentiels via la théorie des distributions, et monnaie courante en théorie quantique des champs (La théorie quantique des champs est l'application des concepts de la physique quantique aux champs. Issue de la mécanique quantique relativiste, dont...); de sorte que celle de l'espace-temps (voire des notions plus radicales encore comme la disparition des points) est une évidence dès qu'on veut envisager une gravitation (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) quantique.
  2. l'invocation d'irrégularités de l'espace-temps dont les conséquences découleraient par la magie des dimensions fractales, sans souci de préciser la forme de ces irrégularités ni les lois qui les déterminent; cette notion n'étant au fond qu'un cas limite de courbure (Intuitivement, courbe s'oppose à droit : la courbure d'un objet géométrique est une mesure quantitative du caractère « plus ou moins courbé » de cet...), de telles lois seraient finalement redondantes et donc en conflit avec l'équation d'Einstein de la relativité générale aux échelles macroscopiques où les effets quantiques sont absents.
  3. la vacuité de sens du principe de relativité (Le principe de relativité affirme que les lois physiques sont les mêmes pour tous les observateurs. Ou, ce qui revient au même, que les lois physiques doivent s'exprimer de la même manière dans tous les repères.) d'échelle à moins bien sûr de contredire l'évidence de définissabilité physique absolue des étalons de mesure.
  4. l'invocation d'un groupe de dilatations "de Lorentz" dont une aberration parmi d'autres serait d'être, logiquement, différentiable, en contradiction (Une contradiction existe lorsque deux affirmations, idées, ou actions s'excluent mutuellement.), selon eux, avec l'hypothèse initiale de non-différentiabilité de l'espace-temps.
  5. une prétention à inclure la mécanique quantique, alors que le principe de superposition quantique (En mécanique quantique, le principe de superposition stipule qu'un même état quantique peut possèder plusieurs valeurs pour une certaine quantité observable (spin, position, quantité de mouvement etc.)) d'états engendre des effets fondamentalement originaux comme la violation des inégalités de Bell (), dont il est évident qu'aucune théorie locale (respectant la relativité restreinte) et de type classique sur le plan métaphysique (donc, sans superposition quantique d'états) comme la RE, ne pourra jamais les reproduire.
  6. une prétention à traiter simultanément des problèmes qui, selon eux, n'ont rien à voir entre eux : des problèmes d'astronomie dont rien n'indique l'influence fondamentale de lois inconnues comme celui de la formation de systèmes planétaires, et la physique des particules.

D’autres, de différentes spécialités scientifiques, adoptent une position plus nuancée voire favorable. Ils considèrent que le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d’articles publiés selon les règles de la communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) (et également dans la revue française de vulgarisation scientifique Pour la Science), est suffisamment important pour que le développement de cette théorie puisse être pris au sérieux.

(Cf. voir le lien externe critique)

voir aussi

  • métaphysique :
    • relativité
  • physique :
    • relativité générale et relativité restreinte
    • mécanique quantique
    • cosmologie (La cosmologie est la branche de l'astrophysique qui étudie l'Univers en tant que système physique.)
    • big bang (Le Big Bang est l’époque dense et chaude qu’a connu l’univers il y a environ 13,7 milliards d’années, ainsi que...)
    • astronomie
    • exoplanètes
    • loi de Titius-Bode
  • mathématiques :
    • fractal
    • théorie du chaos
    • différentielle et dérivée (La dérivée d'une fonction est le moyen de déterminer combien cette fonction varie quand la quantité dont elle dépend, son argument, change. Plus précisément, une dérivée est une expression (numérique ou algébrique)...)
    • lagrangien (Le lagrangien d'un système dynamique, dont le nom vient de Joseph Louis Lagrange, est une fonction des variables dynamiques qui décrit de manière concise les équations du mouvement du système. Ces dernières...) et hamiltonien
  • Pseudo-science
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