Énergie au Québec - Définition et Explications

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Introduction

Énergie au Québec
La centrale LG-1
La centrale LG-1
Bilan énergétique (2008)
Offre d'énergie primaire (TPES) 1 955,9 PJ
(46,7 M tep)
par agent pétrole : 50,9 %
électricité : 37,8 %
gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme...) naturel : 10,1 %
charbon : 0,9 %
Énergies renouvelables 37,1 %
Consommation totale (TFC) 1 523,9 PJ
(36,4 M tep)
par habitant 196,5 GJ/hab.
(4,7 tep/hab.)
par secteur ménages : 18,3 %
industrie : 32,8 %
transports : 28 %
services : 19,1 %
agriculture : 1,8 %
Électricité (2007)
Production 222,31 TWh
par filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) hydro : 94,8 %
thermique : 2,6 %
nucléaire : 2,1 %
éoliennes : 0,3 %
biomasse/déchets : 0,2 %
Commerce extérieur (2007)
Importations électricité : 7,2 TWh
pétrole : 158 M barils/an
gaz naturel : 5,9 Gm³
charbon : 796,3 kt
uranium : 72 t
Exportations électricité : 19,3 TWh
Sources
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
  • Statistiques énergétiques

Statistique (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de ces ressources afin de les rendre...) Canada

  • 57-003 Bulletin sur la disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit...) et écoulement d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) au Canada

Le secteur de l'énergie au Québec présente les caractéristiques d'une économie industrialisée, mais certaines particularités lui confèrent une personnalité unique. Doté de milliers de rivières, de riches gisements éoliens et d'immenses forêts boréales, qui couvrent la moitié de son territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est...), le Québec produit environ la moitié de toute l'énergie finale consommée par ses habitants en utilisant des sources renouvelables.

La structure industrielle et une partie de la vitalité économique du Québec ont été fortement influencées par la présence de sources d'énergie abondantes, peu chères et renouvelables. La proximité de ces sources d'énergie a eu une influence déterminante sur le développement de régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Mauricie et la Côte-Nord, non seulement sur le plan du développement économique, mais sur le peuplement même de ces régions du Québec.

Bien qu'il produise une grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer...) d'énergie, le Québec en consomme beaucoup, à l'instar des États-Unis et du reste du Canada; sa consommation énergétique par habitant, estimée à 232,41 gigajoules en 2007, le classe parmi les peuples les plus énergivores du monde (Le mot monde peut désigner :). Le Québec se classe au second rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une...) mondial pour la consommation d'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité désigne également la branche de la physique qui étudie...) par habitant, derrière l'Islande (L’Islande, (en islandais Ísland, littéralement « terre de glace »), est un État insulaire de l’océan Atlantique Nord, situé entre le Groenland et...) et devant la Norvège, avec une consommation annuelle moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans...) de 27 111 kilowatts-heure en 2006.

Électricité

L'électricité est la principale source d'énergie utilisée au Québec et représente 39,9 % de la consommation finale. Hydro-Québec (Hydro-Québec est une société d'État québécoise fondée en 1944. Son unique actionnaire est le gouvernement du Québec. La société, qui a son siège social...) exerce un quasi-monopole sur la production, le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal...) et la distribution de l'électricité sur l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude...) du territoire québécois. La presque totalité de l'énergie électrique (Un apport d'énergie électrique à un système électrotechnique est nécessaire pour qu'il effectue un travail : déplacer une charge, fournir de la lumière, calculer. Ce travail est proportionnel à la quantité...) consommée au Québec provient de centrales hydroélectriques (94,8 %).

Production d'électricité disponible par source d'énergie en GWh
1981 1986 1991 1996 2001 2006 2007
Hydraulique (L'hydraulique désigne la branche de la physique qui étudie les liquides. En tant que telle, les champs d'investigation qu'elle propose regroupent plusieurs...) 139 916 177 107 166 302 192 445 195 604 205 661 210 719
Nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) 4 020 4 145 5 558 4 987 4 871 4 581
Éolien 190 423 667
Produits pétroliers 245 184 438 595 1 128 921 774
Gaz naturel (Le gaz naturel est un combustible fossile, il s'agit d'un mélange d'hydrocarbures présent naturellement dans des roches poreuses sous forme...) 131 412 383 1 485 5 101
Biomasse ( En écologie, la biomasse est la quantité totale de matière (masse) de toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu naturel donné. Dans le domaine de l'énergie, le terme de biomasse regroupe...) 198 519 422 464
Total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est pas...) 140 161 181 311 171 016 199 208 202 823 213 782 222 306

La croissance du parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il se distingue du Jardin public par le...) de production d'Hydro-Québec a été particulièrement notable durant les 20 années qui ont suivi la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La...) nationalisation de l'électricité, en 1963. Hydro-Québec a presque quadruplé sa capacité de production, passant de 6 800 mégawatts à presque 24 000, grâce à la construction et de la mise en service de deux grands projets de complexes hydroélectriques : les sept premières centrales du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le...) Manic-Outardes, sur la Côte-Nord, ainsi que les trois centrales de la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) I du projet de la Baie-James (Le Projet de la Baie-James (ou Complexe La Grande) désigne une série d'aménagements hydroélectriques construits pour...). Ces ouvrages ont ajouté une capacité combinée de plus de 10 000 mégawatts.

En 2009, la société d'État québécoise figure parmi les plus grands producteurs d'hydroélectricité au monde avec une puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) hydraulique installée de 34 499 mégawatts, sur une capacité totale de 36 810 mégawatts. Cinq de ses aménagements hydroélectriques dépassent les 2 000 mégawatts — les centrales Manic-5, La Grande-4, La Grande-3, La Grande-2-A et Robert-Bourassa — alors que 7 autres ont une capacité de plus de 1 000 mégawatts.

Production

Production hydroélectrique

L'intérieur de la centrale Robert-Bourassa (La centrale Robert-Bourassa est une centrale hydroélectrique située sur La Grande Rivière dans la province de Québec au Canada. Avec une puissance installée de 5 616 MW, elle est la plus grande du réseau d'Hydro-Québec. Avant d'obtenir...). D'une capacité de 5 616 mégawatts, cette centrale souterraine inaugurée en 1979 est la plus puissante du genre au monde.

Hydro-Québec possède en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) 60 centrales hydroélectriques, aménagées sur 13 des 430 bassins versants du Québec, dont le fleuve (En hydrographie francophone, un fleuve est un cours d'eau qui se jette dans la mer ou dans l'océan – ou, exceptionnellement, dans un désert,...) Saint-Laurent et les rivières des Outaouais, Gatineau, Saint-Maurice, aux Outardes, Manicouagan et La Grande. Les huit centrales installées dans ce dernier bassin versant (Un bassin versant ou bassin hydrographique est une portion de territoire délimitée par des lignes de crête, dont les eaux alimentent un exutoire commun : cours d'eau ou lac. La ligne...) fournissent plus de 43 % de toute l'électricité produite au Québec.

Une dizaine de grands ouvrages ont été construits entre 1959 et 1984, une période caractérisée par la construction de complexes hydroélectriques majeurs de Manic-Outardes et de la Baie-James. Ces deux complexes ont ajouté 17 000 mégawatts à la capacité installée québécoise.

La construction de grands projets hydroélectriques a repris depuis le début des années 2000, avec des projets à la baie James, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Mauricie, en Outaouais et sur la Côte-Nord. La construction de quatre nouvelles centrales sur la rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans...) Romaine, au nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) de Havre-Saint-Pierre a débuté le 13 mai 2009. Les ouvrages de ce complexe sont conçus pour livrer 1 550 mégawatts supplémentaires au réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle...) québécois. Elles devraient être mises en service entre 2014 et 2020.

Barrage (Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à réguler l'écoulement naturel de l'eau pour permettre l'écoulement recherché.) de la compagnie AbitibiBowater à Chicoutimi (quartier du Bassin).

Lors de la nationalisation de 1963, le gouvernement a volontairement épargné une vingtaine d'entreprises manufacturières qui produisaient de l'électricité pour leurs propres besoins. Cette décision fait en sorte que Rio Tinto Alcan constitue le deuxième producteur d'hydroélectricité au Québec, avec une puissance installée de 2 042 mégawatts en 2008. D'autres grandes entreprises industrielles possèdent des centrales qui alimentent leurs installations, dont AbitibiBowater et Alcoa.

Certains acteurs secondaires du secteur énergétique, comme Énergie Brookfield, Innergex, Boralex et Algonquin Power Fund, se sont plutôt spécialisés dans la construction et l'exploitation de petites centrales hydroélectriques et la réfection de centrales désaffectées. Enfin, certains exploitants de réseaux municipaux d'électricité — en particulier les villes de Sherbrooke, Saguenay, Magog et Coaticook — exploitent de petites centrales au fil de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) situées sur leur territoire.

Énergie nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :)

Centrale nucléaire (Une centrale nucléaire est un site industriel qui utilise la fission de noyaux atomiques pour produire de la chaleur, dont une partie est transformée en...)
Grappes de combustibles utilisés dans une centrale nucléaire CANDU. Hydro-Québec opère en 2010 une centrale de ce type à Gentilly, près de Bécancour.

Près de 40 ans après un intense débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré. Un débat peut...) sur la pertinence d'adopter la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) nucléaire, cette forme d'énergie demeure relativement marginale dans le bilan énergétique québécois. En 2009, l'électricité produite par la fission nucléaire (La fission nucléaire est le phénomène par lequel le noyau d'un atome lourd (noyau qui contient beaucoup de nucléons, tels les noyaux d'uranium et de plutonium) est divisé en plusieurs nucléides plus légers. Cette réaction nucléaire...) ne constituait que 2,35 % de tous les approvisionnements d'Hydro-Québec.

Le Québec dispose de deux centrales nucléaires, les centrales Gentilly-1 et Gentilly-2, construites entre 1966 et 1983 sur les bords du fleuve Saint-Laurent, à Bécancour, en face de Trois-Rivières. La première, un réacteur (Un réacteur peut désigner :) CANDU-BLW construit par Énergie atomique du Canada Limitée (EACL) et d'une puissance nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec ancien...) de 266 mégawatts, a été mise en service en novembre 1970. La centrale n'a produit de l'électricité que pendant deux brèves périodes, totalisant 183 jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit...), en 1972. Elle a été mise en état de conservation par EACL en 1980, qui en demeure propriétaire.

La seconde, une centrale de type CANDU-PHW de 675 mégawatts (635 MW net), a été mise en service commercial (Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente.) par Hydro-Québec en 1983, après une période de construction échelonnée sur 10 ans. Après plusieurs années d'études, le gouvernement du Québec a annoncé, le 19 août 2008, la réfection de la centrale de Gentilly-2. L'opération de réfection nécessitera la fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) de la centrale entre le printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones tempérées,...) de 2011 et l'automne (L'automne est l'une des quatre saisons des zones tempérées. Elle se place entre l'été et l'hiver.) de 2012. Le projet, d'un coût total estimé à 1,9 milliard de dollars canadiens, prolongera la vie (La vie est le nom donné :) utile de la centrale jusqu'en 2035. Hydro-Québec mise sur l'expérience acquise pendant la réfection de la Centrale nucléaire de la Pointe Lepreau, une centrale presque identique située au Nouveau-Brunswick et gérée par Énergie NB, pour optimiser son programme de réfection. En août 2010, Hydro-Québec a confirmé que les retards des travaux en cours au Nouveau-Brunswick l'avaient incitée à suspendre certains contrats de réfection de la seule centrale nucléaire québécoise.

La centrale de Gentilly-2 utilise annuellement de 4 500 à 5 000 grappes de combustible (Un combustible est une matière qui, en présence d'oxygène et d'énergie, peut se combiner à l'oxygène (qui sert de comburant) dans une réaction chimique générant de la...) nucléaire renfermant chacune 19 kg d'uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant...) naturel sous forme de dioxyde d'uranium (UO). L'ensemble de l'uranium utilisé provient de la Saskatchewan.

Uranium

Le sous-sol québécois recèle quelques gîtes d'uranium ; sept types de gîtes sont reconnus dans la documentation. Les campagnes d'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) entreprises dans les années 1980 n'ont toutefois pas trouvé de gisement rentable. Cependant, plusieurs compagnies minières s'intéressent à nouveau au potentiel des gisements découverts et ont établi de nouveaux programmes d'exploration depuis l'automne 2004. La pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) sur la demande mondiale a fait bondir les budgets consacrés à la prospection de nouvelles sources d'uranium. Les dépenses d'exploration au Québec à ce chapitre ont bondi au cours des dernières années, passant de 1,3 million de dollars en 2004 à 70,9 millions de dollars en 2007.

Des travaux d'exploration menés par la société canadienne Terra (Terra (pluriel terrae) est un mot d'origine latine qui désigne la Terre, le sol. Il est employé par l'Union astronomique internationale pour des étendues très vastes de terrains. Il est utilisé sur Mars pour identifier...) Ventures au lac (En limnologie, un lac est une grande étendue d'eau située dans un continent où il suffit que la profondeur, la superficie, ou le volume soit suffisant pour provoquer une stratification, une zonation, ou une régionalisation des...) Kachiwiss, dans la région de Sept-Îles, ont soulevé une controverse sur la Côte-Nord au cours de l'automne 2009, entraînant la menace de démission de 24 médecins à l'hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou dans le...) local et une manifestation de citoyens. Un autre projet, mené par l'entreprise Ressources Strateco, se déroule depuis 2006 aux monts Otish, à 250 km au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de Chibougamau.

Production thermique (La thermique est la science qui traite de la production d'énergie, de l'utilisation de l'énergie pour la production de chaleur ou de froid, et des transferts de chaleur...)

La centrale de Tracy.
Centrales classiques et diesel

La production d'électricité par combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la combustion est vive, elle se traduit par une flamme voire...) fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste (coquille, os, dent,...) reste marginale au Québec. La centrale de Tracy, une centrale au mazout mise en service entre 1964 et 1968 et héritée de la Shawinigan Water and Power Company, est la seule grande centrale du type dans le parc d'Hydro-Québec. La société d'État utilise très peu la centrale de Tracy, d'une capacité de 660 mégawatts, ainsi que les trois turbines à gaz qu'elle possède à Bécancour, La Citière et Cadillac, près de Rouyn-Noranda.

Hydro-Québec Distribution exploite également une série de 23 génératrices au diesel qui alimentent en électricité les régions qui ne sont pas reliées au réseau principal de transport d'électricité d'Hydro-Québec TransÉnergie. La plus importante de ces centrales est située aux Îles de la Madeleine. Les autres sont réparties dans des villages au Nunavik, sur la Basse-Côte-Nord et en Haute-Mauricie.

Centrale au gaz

À l'exception des centrales alimentant les réseaux autonomes, une seule centrale thermique (Une centrale thermique est une centrale électrique qui produit de l'électricité à partir d'une source de chaleur. Cette source peut être un combustible brûlé (tels gaz naturel, certaines huiles minérales,...) d'importance a fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni, sont un archipel de...) de l'électricité sur une base régulière au cours de la deuxième moitié des années 2000. Il s'agit d'une centrale à cycle combiné au gaz naturel construite et exploitée par TransCanada Energy, située à Bécancour. Ouverte en 2006, la centrale a fonctionné pendant plus d'un an. Cependant, la Régie de l'énergie du Québec a autorisé une entente proposée par Hydro-Québec, pour fermer la centrale pendant les années 2008 et 2009, en raison d'une augmentation de la demande moins forte que prévu et de l'hydraulicité favorable enregistrée depuis quelques années.

Un autre projet de centrale thermique a suscité beaucoup de controverse. Annoncé en 2001, le projet du Suroît, une centrale thermique à cycle combiné qu'Hydro-Québec voulait construire à Beauharnois, à proximité de la centrale hydroélectrique existante, a soulevé un tollé dans la population. Le débat sur la ratification par le Canada du protocole de Kyoto au début des années 2000 ainsi qu'un niveau d'émissions estimé de 2,25 millions de tonnes de dioxyde de carbone (Le dioxyde de carbone, communément appelé gaz carbonique ou anhydride carbonique, est un composé chimique composé d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxygène et dont la formule brute est : CO2. C'est...) par année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) — soit 3 % du total québécois — ont rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant...) le projet impopulaire dans l'opinion publique.

Le gouvernement de Jean Charest abandonne le Suroît en novembre 2004, en raison de l'opposition des Québécois — 67 % des personnes interrogées dans un sondage ( Un sondage peut désigner une technique d'exploration locale d'un milieu particulier. Un sondage peut également être une méthode statistique d'analyse...) mené en janvier 2004 disaient y être opposées.

Production éolienne (Une éolienne est un dispositif qui utilise la force motrice du vent. Cette force peut être utilisée mécaniquement (dans le cas d'une éolienne de...)

Trois parcs éoliens ont été construits dans la région de Matane.

Malgré une importante percée au cours des dernières années, l'énergie éolienne (L'énergie éolienne est l'énergie du vent et plus spécifiquement, l'énergie tirée du vent au moyen d'un dispositif aérogénérateur ad hoc comme une éolienne ou un...) tarde à s'imposer comme une composante importante du bilan énergétique québécois. En 2009, le secteur éolien ne constituait que 0,55 % de tous les approvisionnements électriques vendus par Hydro-Québec. Cette place modeste de l'énergie éolienne dans les statistiques cache toutefois un développement de cette industrie, stimulée par deux appels d'offres d'Hydro-Québec Distribution, en 2003 et 2005, afin d'acheter respectivement 1 000 et 2 000 mégawatts d'énergie produite par le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur...).

Les grands appels d'offres d'Hydro-Québec pour deux blocs d'énergie éolienne ont permis de développer une petite industrie québécoise de fabrication de composantes d'éoliennes qui vend aux futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) exploitants des parc éoliens québécois et qui exporte une partie de sa production au Canada et à l'étranger. Les entreprises Marmen, Composite VCI et LM Glassfiber emploient quelques centaines de personnes dans leurs usines en Gaspésie. Les premières livraisons en vertu des appels d'offre d'Hydro-Québec ont eu lieu en 2006, et s'échelonnent jusqu'en décembre 2015.

Le développement éolien a soulevé plusieurs polémiques sur le modèle de développement choisi par le gouvernement, qui a exclu Hydro-Québec ou une autre société d'État du processus d'appel d'offres, sur les redevances versées par les producteurs aux propriétaires de terrain et aux municipalités-hôtesses ou encore sur la réaction des résidents, notamment en Gaspésie, qui ont vu pousser des grands parcs de 50 à 100 hélices dans leur milieu de vie.

Transport de l'électricité

Réseau de transport

Le poste Saint-Sulpice d'Hydro-Québec TransÉnergie, situé à L'Assomption.

Au chapitre du transport de l'électricité, la division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la fonction...) TransÉnergie d'Hydro-Québec exploite le plus vaste réseau de transport de l'électricité en Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est, de...) du Nord. Le réseau a la particularité d'être organisé autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) de grands axes à très haute tension (La très haute tension (THT) est une ancienne dénomination de la classe des tensions utilisées pour le transport longue distance de l'électricité. Cette classe concernait les tensions supérieures à 100 000 volts.) (735 kV ou ±450 kV c.c.) qui relient les centres de production éloignés — de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec ou du Labrador —, aux grands centres de consommation de Québec et Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du...).

Ce schéma de distribution particulier fait en sorte que le Québec gère un réseau électrique (Un réseau électrique est un ensemble d'infrastructures permettant d'acheminer l'énergie électrique des centres de production vers les consommateurs d'électricité.) distinct, relié au réseau de l'est du continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme...) par une série de 19 interconnexions, dont plusieurs interconnexions dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les côtes. Les dorsaux étaient...) à dos à courant continu (Le courant continu est un courant électrique indépendant du temps ou, par extension, un courant périodique dont la composante continue est d'importance primordiale). L'interconnexion du Québec est reconnue par l'organisme responsable de la fiabilité (Un système est fiable lorsque la probabilité de remplir sa mission sur une durée donnée correspond à celle spécifiée dans le...) du réseau électrique nord-américain, le North American (North American Aviation fut le premier constructeur d'aéronautique militaire américain par le nombre, durant la période de 1935 à 1967. Rien que pendant la Seconde Guerre mondiale,...) Electric Reliability Corporation (NERC) et le conseil de coordination des réseaux du nord-est du continent, le Northeast Power Coordinating Council. Ces deux organismes accordent au Québec le statut de réseau à part entière, à l'instar du réseau ERCOT, au Texas, du réseau autonome de l'Alaska et des grandes interconnexions de l'est et de l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) du continent.

En 2007, suite à l'Energy Policy Act of 2005, une politique du gouvernement fédéral des États-Unis qui impose des normes de fiabilité obligatoires aux réseaux de transport de l'électricité aux États-Unis, la Régie de l'énergie du Québec a mandaté l'unité de Contrôle des mouvements d'énergie (CME) de TransÉnergie en tant que coordonnateur de fiabilité du réseau électrique québécois. En vertu de cette désignation, le CME est responsable de faire appliquer les règles nord-américaines au Québec en plus des règles supplémentaires qu'elle peut instituer afin de tenir compte du contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le...) particulier du Québec.

Pylônes près de la rivière Saguenay, dans les environs de la côte Réserve de Chicoutimi.

Au 31 décembre 2009, le réseau de TransÉnergie était long de 33 244 km et comportait 515 postes, répartis comme suit :

  • 765 et 735 kV: 11 422 km, 38 postes;
  • 450 kV: c.c.: 1 218 km, 2 postes;
  • 315 kV: 5 127 km, 63 postes;
  • 230 kV: 3 120 km, 52 postes;
  • 161 kV: 2 013 km, 41 postes;
  • 120 kV: 6 738 km, 216 postes;
  • 69 kV et moins: 3 606 km, 103 postes.

Exportations et importations d'électricité

Le nouveau poste Outaouais d'Hydro-Québec TransÉnergie, à L'Ange-Gardien. Cette interconnexion permet de synchroniser l'électricité produite au Québec au réseau d'Hydro One en Ontario. Le poste HVDC (Un HVDC est un équipement d'électronique de puissance utilisé pour la transmission de l'électricité en courant continu haute tension.) dos à dos permettra d'exporter jusqu'à 1250 MW d'électricité à compter de 2010.

Reconnu pour ses exportations d'électricité, le Québec est paradoxalement un importateur net d'énergie électrique depuis de nombreuses années, puisque la production achetée de la centrale de Churchill Falls (La centrale de Churchill Falls est une centrale hydroélectrique souterraine aménagée sur le cours supérieur du fleuve Churchill, au Labrador....) par Hydro-Québec, qui en est partiellement propriétaire, est supérieure aux quantités vendues en Ontario, au Nouveau-Brunswick ainsi que dans les États de New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle...) et de la Nouvelle-Angleterre (La région de la Nouvelle-Angleterre (en anglais New England) est située au Nord-Est des États-Unis. Elle compte 14 millions d'habitants....).

Les premières exportations électriques du Québec datent de la mise en service de la centrale des Cèdres en 1915. Ce projet conjoint de la Montreal Light, Heat and Power et la Shawinigan Water and Power Company a été rendu possible par un contrat de vente de 60 % de la production à l'aluminerie d'Alcoa à Massena, New York et la construction d'une ligne de transport de 72 km en territoire canadien et 9,5 km en territoire américain.

En 1926, l'Assemblée législative adopte la Loi sur l'exportation du pouvoir électrique, dite Loi Taschereau, qui interdisait l'exportation de l'électricité ou la construction d'infrastructures destinées à la vendre à l'extérieur du Canada. La Loi Taschereau est remplacée en 1964 par la Loi sur l'exportation de l'électricité qui comme la précédente, prévoyait que tout contrat de concession de force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles « force...) hydraulique appartenant au Québec devait prévoir une clause qui interdisait les exportations d'électricité. La loi de 1964 réserve toutefois le droit au gouvernement de permettre certaines exceptions, une disposition semblable à ce qu'avait adopté le gouvernement fédéral en mettant sur pied l'Office national de l'énergie.

Le développement d'un commerce international de l'électricité entre le Québec et les États-Unis ne démarrera vraiment qu'après la suite du choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de particules de hautes énergies.) pétrolier (Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides, les navires ont d'autres appellations : les...) de 1973. Avec le développement du Projet de la Baie-James et l'intention déclarée du premier ministre Bourassa d'en financer la construction grâce aux exportations, des nouvelles infrastructures de transport se révélaient être une nécessité. La première ligne destinée à l'exportation, une ligne à 765 kV entre Châteauguay et Marcy, près d'Utica, permet à Hydro-Québec de transiger directement avec son voisin du sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.), en synchronisant une partie de la centrale de Beauharnois au réseau de la Power Authority of the State of New York (NYPA).

La mise en service des premières centrales de la Baie James survient au moment où la croissance de la demande s'infléchit en raison de la récession du début des années 1980. Le Québec choisit de diversifier ses marchés en construisant une nouvelle ligne à courant continu de 450 kV, d'une capacité de 2 000 MW entre la Baie James et le Massachusetts. Le réseau multiterminal à courant continu sera mis en service en 1992 après de deux ans et demi de retard, provoqués par l'opposition d'un groupe de citoyens.

La restructuration du marché de l'électricité nord-américain et l'ouverture de marchés de l'électricité dans l'État de New York, en Nouvelle-Angleterre ouvrent de nouvelles perspectives aux exportations québécoises.

Les échanges d'électricité du Québec 1981-2006 (en GWh)
1981 1986 1991 1996 2001 2006 2007
Livraisons aux États-Unis 8 314 12 674 5 957 15 251 14 924 11 712 15 712
Livraisons au Canada 10 211 14 387 4 109 4 370 2 158 2 111 3 559
Total des livraisons 18 525 27 061 10 066 19 621 17 082 13 823 19 271
Réceptions des États-Unis 7 35 730 546 3 471 2 534 3 356
Réceptions du Canada, sauf chutes Churchill 58 31 1 507 1 306 2 246 4 950 3 872
Total des réceptions, sauf chutes Churchill 65 66 2 237 1 852 5 717 7 484 7 228
Réception des chutes Churchill 35 941 30 696 26 367 25 779 29 719 31 348 30 095
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