Norway
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France
À Hong-Kong en 1974 pour son dernier tour du mondeÀ Hong-Kong en 1974 pour son dernier tour du monde
Noms : France (1960)
Norway (1979)
Blue Lady (2006)
Type : Paquebot transatlantique (Un transatlantique est un paquebot liner destiné à la traversée de l'océan Atlantique, traversée plus ou moins régulière entre les Amériques et l'Europe (ou...)
Histoire
Quille posée : 7 octobre 1957
Lancement : 11 mai 1960
En service : 19 janvier 1962
Statut : Désarmé, démolition possible
Caractéristiques techniques
Longueur : 315,66 m (hors-tout)
299,25 m (flottaison)
290,00 m (entre perp.)
Maître-bau : 33,70 m
Tirant d'eau : 10,48 m
Tirant d'air : 66,90 m
Déplacement : 57 607 t
Port en lourd : 13 960 tpl
Tonnage : 66 348 tjb
Propulsion : 4 hélices fixes, ∅5,8 m
4 groupes CEM-Parsons
Puissance : 160 000 CV
Vitesse : 31 nœuds
Ponts : 12
Autres caractéristiques
Passagers : 2032
Équipage : 1100
Chantier : Chantiers de l'Atlantique
Armateur : Norwegian (Norwegian ou Norwegian Air Shuttle est une compagnie aérienne norvégienne, à bas coûts, basée à Fornebu, dans la banlieue d'Oslo en Norvège. La...) Cruise Line
Affréteur : Star Cruises
Pavillon : Bahamas (Les Bahamas, ou le Commonwealth des Bahamas pour les usages officiels, sont un pays anglophone, qui bien que situé largement au nord de la Mer des Caraïbes, est parfois considéré comme faisant partie...)
Coût : 420 millions de FF (1962)

Le France, ensuite rebaptisé Norway (Le France, ensuite rebaptisé Norway (1979), puis Blue Lady (2006), est un paquebot transatlantique construit aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire où il...) (1979), puis Blue Lady (2006), est un paquebot (Un paquebot est un navire spécialisé dans le transport de passagers. Le nom vient de l'anglais « packet-boat », désignant les navires transportant du courrier. Les premiers grands paquebots sont apparus...) transatlantique construit aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire où il est mis à l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.), le 11 mai 1960, en présence du Général De Gaulle qui fera un vibrant discours. Son port d'attache est alors le Havre et il est mis en service en janvier 1962 pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique. Luxueusement meublé, le paquebot a été décoré par plusieurs peintres de l'Ecole de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine...) et notamment par Louis Vuillermoz. Il assurera des traversées transatlantique et quelques croisières autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco,...) du monde (Le mot monde peut désigner :) jusqu'en 1974 où il est désarmé pour raisons économiques. Revendu à un armateur norvégien en 1979 et rebaptisé Norway, il assure alors, après plusieurs transformations, des croisières en mer des Caraïbes (La mer des Caraïbes, ou mer des Antilles, est une mer de l'océan Atlantique, située à l'est de l'Amérique centrale et au sud-est du golfe du Mexique. Elle s'étend sur environ...). Revendu, il est rebaptisé Blue Lady en 2006 et est actuellement (mars 2007) en attente de démolition à Alang en Inde.

Conception

Le navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de...) est conçu pour être le plus long paquebot à son époque. Ceci se justifie par la volonté d'atteindre la vitesse (On distingue :) de 31 nœuds, permettant de traverser l'Atlantique en cinq jours et de rentabiliser le navire.

Construction

Construction de la coque

Le France est construit aux Chantiers de l'Atlantique ; la première tôle de la quille est posée le 7 octobre 1957 sur la cale no 1 de Penhoët, là où avait été construit le Normandie. Les services techniques du chantier s'étaient intéressés dès 1935 à la construction d'un " petit frère " du Normandie, appelé Bretagne, mais la guerre avait empêché ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une...).

Le chantier emploie 1 300 ouvriers à la construction de la coque sous la supervision d'Alfred Lafont qui contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) la conception et l'exécution du projet, Antoine Barthélémy (ingénieur du génie maritime) et Jean-Paul Ricard, ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de produits, de systèmes ou de...) en chef de la partie technique. La construction prendra quatre ans. 7 500 plans sont nécessaires à la construction, dont 3 295 pour la machinerie, ce à quoi s'ajoutent 42 000 croquis de préfabrication.

Les pièces proviennent de différents endroits : le gouvernail (Le gouvernail est une partie mobile d'un bateau, ou d'un avion.) est construit par les Chantiers de la Ciotat ; les arbres d'hélice (Hélice est issu d'un mot grec helix signifiant « spirale ». Un objet en forme d'hélice est dit hélicoïdal.) le sont aux Ateliers du Creusot ; la mèche (Le mot mèche désigne :) de safran est fabriquée aux Usines Saint-Jacques à Montluçon. Le France renferme 46 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.) de conduits de ventilation, 100 km de tuyaux d'acier (L’acier est un alliage métallique utilisé dans les domaines de la construction métallique (voir aussi l’article sur la théorie du soudage de l’acier) et de la...) et 160 en cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et...).

La quille est entièrement posée à la mi-janvier 1958. Les éléments suivants sont préfabriqués en " bloc ", ce qui est depuis devenu la norme (Une norme, du latin norma (« équerre, règle ») désigne un état habituellement répandu ou moyen considéré le plus souvent comme une...), chaque bloc faisant entre 30 et 80 tonnes. Les blocs sont ensuite assemblés sur la quille, puis les uns sur les autres. 6 000 tonnes de tôles sont assemblés en octobre, l'étambot (L’étambot est la partie arrière d'un navire, anciennement appelée poupe. On l'appelle aussi massif d'étambot. Il est constitué par le prolongement arrière de la quille.) prend place le 19 décembre ; 20 000 tonnes sont assemblées fin 1959. Le 24 novembre de cette année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), le dernier élément de 31 tonnes est assemblé. L'assemblage est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des...) plus compliqué par la dilatation (La dilatation est l'expansion du volume d'un corps occasionné par son réchauffement, généralement imperceptible. Dans le cas d'un gaz, il y a dilatation à pression constante ou maintien du volume et augmentation de la pression.) due à la chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) pendant la journée, et à l'inclinaison (En mécanique céleste, l'inclinaison est un élément orbital d'un corps en orbite autour d'un autre. Il décrit l'angle entre le plan de l'orbite et le plan de référence (généralement le plan de...) de la cale de lancement obligeant à corriger les angles. La peinture de la coque commence en mars 1960 et le mât-radar de 30 m est posé le 3 mai.

Lancement

Le lancement a lieu le mercredi 11 mai 1960, devant une centaine de milliers de spectateurs, pour certains venus par des trains et avions spécialement affrétés pour l'occasion. Après les discours de bienvenue, le navire est béni par Mgr. Villepelet, évêque de Nantes, à 15h50. Sous la coque, des ouvriers s'activent pour enlever les dernières cales, accores et tôles qui retiennent le navire. Sur le pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette séparation. Le franchissement supporte le passage...), le commandant Henri Le Huédé assure la manœuvre.

Le navire est lancé à 16h15, une demi-heure avant la pleine mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) afin de profiter du courant de flot (le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) a été choisi car il correspondait à un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) de la première marée (La marée est le mouvement montant (flux ou flot) puis descendant (reflux ou jusant) des eaux des mers et des océans causé par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du...) avec une amplitude (Dans cette simple équation d’onde :) suffisante). Sa marraine, Yvonne de Gaulle, épouse du général, coupe le ruban qui retient la bouteille de champagne, et le France glisse sur les rampes de bois puis pénètre dans l'eau à 33 km/h. 7 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée...) plus tard, six remorqueurs le prennent en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non...) et l'amènent vers la forme Joubert, où ensuite quatre des remorqueurs l'amènent au quai de Penhoët. À 16h30, le Général de Gaulle prononce un discours, qui s'achève par "Et maintenant, que France s'achève et s'en aille vers l'Océan pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! "

Finitions

Dans la forme Joubert, l'installation de divers équipements commence, en commençant par le gouvernail de 74 tonnes et sa mèche de 29 tonnes, ainsi que les quatre arbres d'hélice de 53 tonnes chacun le 18 juillet 1960. Cela continue avec les grands locaux, le cloisonnement des ponts, les installations électriques et la ventilation.

La construction des cheminées s'achève le 11 mars 1961 par la pose des ailerons caractéristiques. Ces ailerons sont conçus pour éviter que la fumée (La fumée, parfois appelée boucane en Amérique du Nord, est un nuage de particules solides émis par un feu ou un échauffement mécanique. Ces particules sont principalement de la suie...) ne se rabatte sur le pont ; l'autre solution pour éviter les retombées de suie consistait à avoir des cheminées cylindriques, hautes et étroites, ce qui ne correspondait pas avec l'esthétique du France. Les ailerons ont été conçus pour évacuer la fumée par les côtés et ont été testés en soufflerie à Poitiers. Au final, les cheminées pèsent 40 tonnes dont 19 pour les ailerons et 2 pour le chapeau ; elles mesurent 15,6 mètres de haut, 19,8 de long à la base pour 9,5 de large ; l'envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).) des ailerons est de 19 mètres.

En juillet 1961, le France rentre une dernière fois en cale sèche. Les hélices fabriquées par des fonderies marseillaises y sont installées. Les hélices bâbord sont en laiton et pèsent 27 tonnes ; celles de tribord sont en alliage (Un alliage est une combinaison d'un métal avec un ou plusieurs autres éléments chimiques.) et pèsent 25,4 tonnes ; toutes quatre font 5,8 m de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère. Le...) et ont été testées au bassin d'essai des carènes de Paris. La décoration intérieure est finie, et le 11 novembre 1961, les 8 000 ouvriers des Chantiers de l'Atlantique montent à bord pour admirer leur travail terminé. Le 19 novembre à 14 heures (L'heure est une unité de mesure  :), le France quitte Saint-Nazaire pour le Havre, son port d'attache. Il effectue ses essais en mer près de Belle-Île, commandé par le commandant Croisile.

Innovations techniques

Le France comportait un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'innovations technologiques, notamment par rapport aux paquebots de la génération précédente. Il dispose de superstructures en alliage léger d'aluminium (L'aluminium est un élément chimique, de symbole Al et de numéro atomique 13. C’est un élément important sur la Terre avec 1,5 %...) et d'une coque presque entièrement soudée[1] lui permettant d'avoir un tirant d'eau relativement faible, 10,48 m à pleine charge. Son déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de défense déplaçant la valeur, et finalement le sens En...) est de 25% inférieur à celui du Normandie bien qu'ayant des dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son...) semblables. Ceci lui permet d'atteindre la vitesse de 31 nœuds.

Sa chaudière (Une chaudière est un appareil (voire une installation industrielle, selon sa puissance), permettant de transférer en continu de l'énergie thermique à un fluide...) est également d'un type nouveau, de grande puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :), à haute pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) (65 bars) et haute température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud, provenant du transfert de...) (500°C), permettant un meilleur rendement. Ainsi, le France ne possède que huit chaudières, contre 29 pour le Normandie (fonctionnant à 28 bar et 350°C), permettant une économie de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.) estimée alors entre 40 et 50%.

Une innovation étonnante pour l'époque consiste en quatre ailerons stabilisateurs de roulis, fabriqués par la société Provence de Constructions Navales et Industrielles. Ils sont groupés par paire (On dit qu'un ensemble E est une paire lorsqu'il est formé de deux éléments distincts a et b, et il s'écrit alors :) de chaque côté, fixés au niveau du bouchain ; lorsqu'ils ne sont pas utilisés, ils sont rentrés dans un caisson aménagé sur la coque. Les ailerons comprennent deux volets oscillant permettant d'ajuster finement la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale...) anti-roulis.

Chaque cabine (Sur un bateau, une cabine désigne une pièce d'habitation pour une ou plusieurs personnes. Une cabine peut prendre plusieurs aspects : sur un grand navire, elle prend l'apparence d'un...) passager et équipage dispose également de l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est...) conditionné, alimenté par 102 conditionneurs Westinghouse, ce qui était considéré comme un luxe à l'époque.

Croisière inaugurale

Le France arrive au Havre le 23 novembre 1961 à 12h45. Il effectue une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) série d'essais en mer en décembre, fait une brève escale (Une escale est un arrêt marqué par un véhicule de transport durant un trajet au long cours. Dans sa dimension technique, elle a généralement un...) à Southampton, puis est inauguré le 11 janvier 1962 en présence de Michel Debré, alors premier ministre, et d'autres ministres comme Valéry Giscard d'Estaing. Le soir du 13 janvier, le bal des Petits lits blancs est organisé sur le France.

Le 19 janvier 1962 à 23h, le France part pour sa croisière inaugurale avec 1 705 passagers dont Yvonne de Gaulle qui est aussi marraine du navire, les chanteurs Tino Rossi et Jean Rigaux. La croisière se rend à Santa Cruz de Ténérife (Ténérife, aussi appelée Ténériffe, en espagnol Tenerife, est une île d'Espagne faisant partie des îles Canaries, dans l'océan Atlantique. Il s'agit de la plus grande île de cet archipel mais...) aux îles Canaries, où le bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins du transport maritime ou fluvial, et permet...) fait escale le 22 janvier. Le 26 janvier, au large du golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) de Gascogne, il croise le paquebot Liberté qui l'avait accueilli à son arrivée au Havre ; ce dernier se rend aux chantiers de démolition de La Spezia en Italie ; il avait aussi été commandé par le commandant Croisile. Après une escale à Southampton, la croisière s'achève au Havre le 27 janvier.

Première traversée transatlantique

à compléter

Désarmement

Origines du désarmement

En 1974, le paquebot transatlantique est alors un moyen de transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal...) dépassé depuis près de 20 ans, le nombre de passagers ne cessant de chuter. En 1965, les recettes dégagées par le navire étaient pour la première fois inférieures aux dépenses, ce qui est accentué par les évènements de mai 1968 qui entraînent des augmentations de charges. Le Queen Elizabeth 2 entre en service en 1969 et mène une rude concurrence ; la dévaluation du dollar en 1973 fait perdre encore plus d'argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.) à la Compagnie Générale Transatlantique. La hausse des prix du pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle...) suite à la crise de 1973 et la baisse des subventions d'état compliquent encore la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans...).

Les rumeurs de démantèlement vont ainsi bon train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter des marchandises), et...), notamment après son deuxième tour du monde. Il ne semble guère envisageable de le " sauver " sous sa forme actuelle.

Annonce du désarmement

Le suspense continue à propos d'un éventuel démantèlement du navire, alors qu'une réunion interministérielle doit se tenir en avril 1974. Georges Pompidou meurt le 2 avril, et Valéry Giscard d'Estaing, candidat à la présidence, déclare le 14 mai vouloir maintenir le navire en service. Mais la promesse est oubliée : le nouveau gouvernement de Jacques Chirac déclare le 1er juillet mettre fin à la prise en charge du déficit de la Compagnie Générale Transatlantique ; celle-ci annonce le 8 juillet que le France doit être désarmé à la fin de la saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois (voir le tableau Solstice et Équinoxe...), le 25 octobre. Les réactions sont nombreuses : des comités de soutien se forment, des pétitions sont signées, des articles paraissent.

À quai, on peut voir des manifestations de soutien ; des passagers occupent le navire à plusieurs reprises par solidarité avec l'équipage. La Transat annonce tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même les deux dernières traversées : Le Havre - New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule 8 143 200 habitants. Son agglomération...) du 11 au 17 octobre et New York - Cannes du 18 au 25 octobre. De nombreuses places sont réservées pour ces traversées même si célébrer la fin du France au champagne est aussi vu comme une provocation.

Le 19 juillet 1974, une manifestation entraînée par Henri Krasucki (délégué national de la CGT) et André Duroméa (maire du Havre) entraîne un retard à l'appareillage de huit heures, le France ne partant qu'à 21h05.

Mutinerie de septembre 1974

Le mercredi 11 septembre 1974, le France approche du Havre. À 21h06, une délégation de 50 à 60 hommes d'équipage arrive à la passerelle du navire, où se trouve le commandant Christian Pettré. La délégation est emmenée par Marcel Raulin, cabinier et président du comité intersyndical du bord[2] et comprend les secrétaires des fédérations syndicales, des délégués de l'équipage, des membres du comité central d'entreprise et du comité d'établissement du Havre. La surprise est totale, malgré certains signes avant-coureurs[3].

La confusion règne vite. Les ordres donnés à la salle des machines sont contradictoires mais la vitesse est réduite en quelques minutes ; des sonneries d'alarme se déclenchent aux machines ; le pilote L'Alexandre ne peut monter à bord. D'autres mutins arrivent à la salle des machines. Marcel Raulin ordonne au commandant de diriger le France vers l'entrée du port et de mouiller entre les bouées 9 et 12 afin de bloquer l'entrée, tout en annonçant publiquement aux passagers l'opération en cours. L'opération avait pour nom de code " Amenez les oranges ". C'est la première fois qu'une mutinerie de cette ampleur a lieu dans un bateau à l'entrée du port[4].

À 23h50, le commandant s'adresse (Les adresses forment une notion importante en communication, elles permettent à une entité de s'adresser à une autre parmi un ensemble d'entités. Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, chaque adresse doit correspondre à une unique...) aux passagers pour les rassurer ; la délégation confirme à minuit qu'elle ne s'opposera pas au débarquement des passagers. La passerelle et la salle des machines sont évacuées. À 9h10 le 12 septembre, le ferry Viking III de Thoresen Ferries accoste et les passagers y montent par une coupée. Les remorqueurs Abeille 26, Abeille 27 et Abeille 28 transportent les bagages à terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des...). L'opération est terminée à 16h15 sans incident. Alors que le ferry s'éloigne, les passagers massés sur sa plage (La géomorphologie définit une plage comme une « accumulation sur le bord de mer de matériaux d'une taille allant des sables fins aux blocs ». La plage ne se...) arrière entonnent " Ce n'est qu'un au revoir " puis crient " Vive le France ! "

Poursuite de la grève

À bord se trouvent 964 personnes. Les marins grévistes forment un " gouvernement de crise " (Raulin en est le " premier Ministre "), impriment un journal quotidien, le (la) France en rade, et tiennent un " conseil des ministres " chaque matin. Les officiers refusent de s'associer au mouvement. Les mutins réalisent vite que le commandant a mouillé le navire en-dehors du chenal afin que les navires arrivant au port du Havre puissent toujours passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.), dans un souci de sécurité.

À terre, les négociations avec les syndicats mettent du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) avant de commencer. Jacques Chirac, alors premier ministre, rencontre les membres de la compagnie et confirme la fermeté : fin de l'exploitation du navire, annulation des voyages suivants, plainte contre les mutins. Un comité de défense du paquebot est créé par André Duroméa et regroupe 31 organisations du Havre ; 40 000 personnes signent une pétition adressée au Président de la République. Le gouvernement a cependant d'autres priorités à ce moment (prise d'otages à La Haye le 13, attentat à Paris le 15).

Le conflit se durcit : le maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un gouvernement à gérance municipale comme...) du Havre va retrouver les mutins avec une vedette malgré le refus du sous-préfet ; une grève générale est lancée dans la marine marchande (Le terme marine marchande désigne tout ce qui fait l'objet, ou qui est en rapport, avec le transport maritime de marchandises ou de personnes. Le commerce mondial s'effectue à près de 95% par la voie maritime, il existe environ...) le 16 et le 17 ; les voyages restants sont officiellement annulés par la Transat le 18 ; une barge pétrolière ravitaille le France le même jour, ce qui laisse penser à un conflit durable. Le problème du ravitaillement en vivres se pose : celui-ci est refusé par la Transat, mais est effectué par un chalutier, le Saint-Joseph, qui tente d'amener 500 kg de tomates, 3 tonnes de pommes de terre et 800 kg de carottes provenant d'organisations diverses (dockers, ouvriers, Secours Populaire...). Le chalutier est bloqué mais une manifestation à la sous-préfecture pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) la Transat à accepter le ravitaillement.

La première personne à quitter le navire est un garçon d'hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. Dans...) qui se jette à l'eau, vite secouru par les bateaux du blocus. Le 23 septembre, un plan est proposé par le ministre de l'Intérieur Michel Poniatowski pour le reconvertir en paquebot de loisirs uniquement. Mais le même jour, le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne. Il est essentiel...) se lève, oblige à mouiller une deuxième ancre ; les vents forcissant entre force 8 et 10, le navire appareille le 24 septembre au matin et se rend à 2 milles au large de Saint-Vaast-la-Hougue, à l'abri du de la péninsule du Cotentin ; la baisse des réserves de mazout l'empêche de naviguer plus loin ou de rester dans la rade du Havre. À Saint-Vaast, un patrouilleur ( Un patrouilleur est un bâtiment de combat (voir patrouilleur (bateau)). Un patrouilleur est un québécisme désignant un agent de police en patrouille. ) empêche tout bateau de s'approcher à moins de 100 mètres. Le France est alors isolé et ne peut revenir au Havre puisque deux bouées ont été mouillées à son ancien emplacement.

Alors que les défections augmentent suite à la lassitude et au découragement, les responsables syndicaux rencontrent ceux de la Compagnie Générale Maritime le 4 octobre et trouvent un accord permettant aux marins de regagner le Havre, après 23 jours de conflit. Le France quitte Saint-Vaast le 9 octobre avec 540 hommes encore à bord et arrive au Havre, quai Joannès Couvert, où moins de 800 personnes sont là pour accueillir les mutins.

Au quai de l'oubli

Le 19 décembre 1974, le France est remorqué depuis le quai (Le Quai est un espace culturel de la ville d'Angers dans le département du Maine-et-Loire en France. L'ouverture a eu lieu le 25 mai 2007, et Le Quai a...) Joannès Couvert vers le canal central dans la zone industrielle du Havre par quatre remorqueurs. Le navire est amarré près des complexes pétrochimiques et restera à cet endroit pendant plus de quatre ans, endroit qui est alors surnommé le " quai de l'oubli " ou le " quai de la honte ". Le commandant Pettré débarque le 21 décembre et seuls 40 hommes restent à bord pour maintenir la chaudière pour produir le minimum de chauffage (Le chauffage est l'action de transmettre de l'énergie thermique à un objet, un matériau.) et d'éclairage nécessaire. Cet abandon signifie aussi la fin des traversées transatlantiques pour la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les...) du Havre et de nombreuses suppressions d'emplois, malgré les promesses de réemploi de la CGM. 2 500 emplois sont directement supprimés par le désarmement du France, quelques milliers d'autres sont menacés indirectement.

L'entretien, le gardiennage et les frais de port du navire coûtant encore 200 000 francs par mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), la dernière chaudière est arrêtée le 29 avril 1975. Six hommes restent à bord pour la veille et l'électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité désigne également la...) vient de la terre. Le France ne sortira du quai de l'oubli qu'une fois pendant ces quatre années, le 6 mai 1975 alors qu'une tempête (Une tempête est un phénomène météorologique violent à large échelle dite synoptique, avec un diamètre compris en général entre 200 à...) casse les amarres et le met en travers du chenal. Il reviendra à plusieurs reprises en tête de l'actualité : lorsque Michel Sardou écrit et interprète la chanson Le France, dont 500 000 exemplaires sont vendus en deux semaines ; le 17 octobre 1975 lorsqu'une cinquantaine de grévistes d'Atochimie montent à bord pour déployer leurs banderoles ; d'autres grèves et manifestations utiliseront le France comme symbole.

Diverses propositions plus ou moins fantaisistes apparaissent : Michel Crépeau (maire de La Rochelle propose de l'amarrer entre l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi...) de Ré et La Pallice pour en faire une maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) de retraite pour marins ; un chirurgien parisien propose de le convertir en navire hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à...) au large du Liban alors en plein guerre civile ; une suggestion d'école hôtelière itinérante apparaît même. Les propositions plus sérieuses consistent à revendre le navire à une société de loisirs et de le convertir en navire de croisière (Un navire de croisière est un navire (généralement un paquebot) spécialisé dans le transport de passagers, dont le but n'est pas comme...) ou en hôtel flottant. Le projet le plus sérieux vient de la ville de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie,...) pour les Jeux olympiques de 1976 mais échoue. En novembre 1976, le France est mis quelques semaines en cale sèche pour le débarrasser des algues et coquillages accrochés sur sa coque, puis revient à son quai.

Rachat et changement de nom

Finalement, le France est racheté le 24 octobre 1977 par Akram Ojjeh, riche homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...) d'affaires saoudien, pour 80 millions de francs. S'il dit l'avoir racheté pour "le protéger des ferrailleurs", le France ne navigue toujours pas. L'armateur norvégien Knut Ulstein Kolster, propriétaire de la société Norwegian Caribbean Line négocie avec Akram Ojjeh et lui rachète le France le 25 juin 1979 pour 77 millions de francs. L'armateur annonce que la navire va être renommé Norway, qu'il naviguera mais dans une configuration pouvant accueillir plus de passagers et avec un équipage réduit et "bon marché".

Malgré diverses propositions, les chantiers navals du Havre ne remportent pas l'offre pour la transformation du navire ; le départ du Norway est annoncé pour le 15 août 1980 pour Bremerhaven. Les Havrais manifestent ce jour-là, bloquent l'écluse François 1er qui retient le remorqueur (Les remorqueurs sont des bateaux petits, très puissants et très manœuvrants qui servent à guider, tirer, pousser les bateaux plus gros qui entrent et sortent des ports et à les amarrer à quai.) Abeille Provence ; les marins du remorqueur sont solidaires de ce mouvement. Les contestataires sont délogés par les CRS pendant la nuit mais les remorqueurs ne sortent pas. La situation s'envenime même politiquement, et l'armateur fait intervenir deux remorqueurs hollandais pour que le navire appareille le 17 août. Un coup de vent oblige le France à rester une nuit de plus.

Il part enfin le lendemain 18 août 1979 au matin, remorqué par l’Abeille Provence. L'émotion est marquée dans la foule qui observe silencieusement le départ, et par l'absence de réponse des remorqueurs aux trois coups de sirène traditionnels du paquebot.

Le Norway

Transformations de 1980 et premières croisières

Le paquebot renommé en Norway, amarré à Bremerhaven, Allemagne, en 2004.
Le paquebot renommé en Norway, amarré à Bremerhaven, Allemagne, en 2004.

Arrivé à Bremerhaven (Allemagne) le 22 août 1979, il entre en cale sèche aux chantiers Hapag Lloyd pour des travaux de transformation qui dureront 32 semaines. L'appareil propulsif avant est retiré, l'arrière est entièrement automatisé ; les hélices avant sont également retirées : la vitesse de croisière (La vitesse de croisière d'un aéronef est la vitesse correspondant au régime des moteurs prévu pour la partie courante d'un vol, c'est-à-dire sans la phase de montée et d'approche en vue de l'atterrissage.) est ramenée à 16-18 nœuds et la consommation à 228 tonnes de fuel par jour. Trois propulseurs d'étrave (L'étrave est la pièce saillante de la coque d'un navire qui prolonge la quille vers l'avant. Plus généralement, l'avant, le nez, d'un bateau. La proue, terme désignant la meme pièce du navire, n'est plus tellement...) sont installés ainsi que deux propulseurs transversaux arrière afin de pouvoir se passer de remorqueurs. Les ponts arrières sont agrandis, une discothèque et un casino sont ajoutés.

L'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une...) naval (Naval est une municipalité de la province de Biliran sur l'île de Biliran aux Philippines.) danois Tage Wandborg revoit l'aménagement intérieur : seules quelques cabines, la bibliothèque, la salle de jeux des enfants et le salon de coiffure subsistent de l'ancien France. À l'extérieur, le Norway est repeint en bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en luminosité du cyan à une teinte plus sombre...). Il appareille enfin le 15 avril 1980 pour des essais en mer et arrive le 2 mai à Oslo pour une escale festive, visité par la roi Olav V. Il effectue ensuite son premier voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage...) de Southampton à New York, alors que certaines cabines ne sont toujours pas terminées, puis rejoint Miami (Miami est une ville importante située au sud-est de la Floride, aux États-Unis d'Amérique. Chef-lieu du comté de Miami-Dade, c'est, par sa population de 392 417 habitants[1] (2005), la deuxième...), son nouveau port d'attache. Il effectue durant les années suivantes des croisières d'une semaine dans les Caraïbes, embarquant 1 890 passagers pour 790 membres d'équipage.

Transformations successives

En avril 1982, le Norway revient à Bremerhaven pour d'autres transformations : remplacement des hélices par deux nouvelles à quatre pales, ancre d'embossage, rénovation de 650 cabines et installation du téléphone (Le téléphone est un système de communication, initialement conçu pour transmettre la voix humaine.) par satellite (Satellite peut faire référence à :). En septembre 1987, la salle des machines et le théâtre sont rénovés ; de nouvelles cabines sont installées en plus d'une boutique et des salles de conférence. La même année, les lois norvégiennes changeant, le navire passe sous pavillon des Bahamas, un pavillon de complaisance (Le pavillon d'un navire désigne le pays dans lequel celui-ci est immatriculé.) afin, entre autres, de pouvoir embaucher des marins de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision...) où la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C'est un organe destiné à...) d'œuvre est peu chère.

À deux reprises, le Norway est symboliquement rebaptisé France pour deux croisières " à la française ", embarquant entre autres de célèbres cuisiniers français. La première de ces croisières, du 1er au 10 décembre 1989, remporte un franc succès, mais la seconde l'année suivante sera plus mitigée.

Du 3 septembre au 3 octobre 1990, le Norway revient une nouvelle fois à Bremerhaven pour des transformations plus visibles de l'extérieur : deux ponts préfabriqués sont ajoutés au-dessus des anciens afin d'abriter 124 cabines de luxe, les cheminées sont dessoudées puis remises en place sur les nouveaux ponts, l'arrière du pont embarcations est redessiné. La navire perd ses lignes élégantes mais peut accueillir 2 560 passagers et 950 membres d'équipage.

Le 10 septembre 1996, le Norway revient au Havre depuis New York après 17 ans d'absence. Le lendemain, il entre en cale sèche dans la forme King Georges V à Southampton pour les dernières transformations : modernisation de cabines, transformation de magasins et des cheminées qui n'évacuent plus la fumée par les ailerons mais par une tuyauterie verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) plus efficace.

Avarie et fin de vie (La vie est le nom donné :)

Le paquebot est fortement endommagé lors de l'explosion (Une explosion est la transformation rapide d'une matière en une autre matière ayant un volume plus grand, généralement sous forme de gaz. Plus cette transformation s'effectue...) de l'une des 4 chaudières à Miami (États-Unis) le 25 mai 2003. Remorqué en Allemagne pour la réparation du système de propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie...), son état général reste très bon. Malheureusement au cours de l'hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) 2003, une tempête s'abat sur la mer du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et fait chavirer le dernier-né de la compagnie NCL, le Pride Of America. La compagnie décide la réparation de celui-ci qui est en construction, ce qui anéantit tout espoir de retour du Norway en mer. Il reste amarré jusqu'au 23 mai 2005 au Kaiserhafen III (le quai de l'Empereur) de Bremerhaven qu'il quitte avec l'aide de 5 remorqueurs. Sorti du port, le paquebot est pris en charge par le remorqueur De Da. Ils arrivent le 10 août 2005 au large de Port Klang, un grand port à environ 100 km à l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) de Kuala Lumpur (La ville de Kuala Lumpur, qui signifie "confluent vaseux" en malais, est une métropole de 4 millions d'habitants. C'est la capitale de la Malaisie. Comme...) en Malaisie occidentale où le Norway attend son sort. Il change de nom pour Blue Lady fin janvier 2006 [5].

Le 16 février 2006, le gouvernement bengladais interdit le démantèlement au Bangladesh du navire qui contient de l'amiante (L’amiante (nom masculin) est un terme désignant des minéraux à texture fibreuse utilisés dans l’industrie. Ce sont des silicates magnésiens ou calciques ayant des propriétés...). Au lendemain, par ailleurs, de la décision du Conseil d'État français qui oblige Paris à rapatrier le Clemenceau qui devait être aussi démoli en Inde. Le 2 août 2006, la Cour suprême indienne autorise finalement le démantèlement en Inde du paquebot, et le 14 août 2006, le Blue Lady est amarré devant la plage (La Plage est un film anglo-américain réalisé par Danny Boyle en 2000 et adapté du roman The Beach d'Alex Garland) d'Alang pour y être démoli[6]. Attendue en mars 2007 puis repoussée au 13 mai 2007, une décision de la Cour Suprême indienne a autorisé PriyaBlue, le démolisseur qui a racheté le bateau, à commencer le pompage (Le pompage est un phénomène aérodynamique qui intervient dans un compresseur. Il s'agit d'une instabilité aérodynamique qui donne...) de l’huile et du fuel se trouvant à bord et sous le contrôle d’experts de l’état de Gujarat [7]. Cette opération rend inéluctable son démantèlement sur place car le navire, échoué après presque un an sur une plage d'Alang, en devient de plus en plus inextricable, malgré deux projets de reprises encore présents.

Caractéristiques techniques

France (avant transformations)

  • Longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est celle de...) hors-tout : 315,66 m
  • Longueur à la flottaison : 299,25 m
  • Longueur entre perpendiculaires : 290,00 m
  • Maître-bau hors membres : 33,70 m
  • Tirant d'eau en charge : 10,48 m
  • Tirant d'air : 66,90 m
  • Déplacement en charge : 57 607 tonnes
  • Port en lourd : 13 960 tonnes
  • Jauge ( En tant qu'instrument de mesure : Une jauge est un instrument de mesure. On trouve par exemple : La jauge de contrainte, traduisant un effort mécanique en...) brute : 66 348 tonneaux
  • Vitesse en service : 31 nœuds sur quatre hélices
  • Puissance : 160 000 CV

Après les transformations de 1990

  • Tonnage : 76 049 tonneaux de jauge brute, 45 886 de jauge nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec ancien...)
  • Maître-bau : 33,81 m
  • Machines : 2 turbines CEM - Parsons de 40 000 CV
  • Vitesse : 23 nœuds maximum, 16 à 18 en croisière avec deux hélices

Les autres dimensions sont inchangées

Sources

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