Paquebot
Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Paquebot
Le Queen Mary 2, l'un des derniers paquebots transatlantiques, fait escale à Québec.
Le Queen Mary 2, l'un des derniers paquebots transatlantiques, fait escale à Québec.
Généralités
Type Navire à passagers (Les navires à passagers sont des navires ou bateaux dont le rôle principal est de transporter des passagers, que ce soit pour traverser une rivière, une mer,...)
Époque Années 1840 - présent
Sous-types Paquebot (Un paquebot est un navire spécialisé dans le transport de passagers. Le nom vient de l'anglais « packet-boat », désignant les navires...) de ligne, navire de croisière (Un navire de croisière est un navire (généralement un paquebot) spécialisé dans le transport de passagers, dont le but n'est pas comme pour les paquebots...)
Caractéristiques courantes
Taille De 60 à 350 m de longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est celle de l’objet...) environ
Propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en...) Voile (Les Voiles sont l’une des 88 constellations du ciel, visible essentiellement de l’hémisphère sud. Incluse à l’origine par Ptolémée dans...), vapeur (), moteur Diesel (Fruit des travaux menés par l'ingénieur allemand Rudolf Diesel entre 1893 et 1897, le moteur Diesel est un moteur à combustion interne dont l'allumage n'est pas...)
Matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) Bois, fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le...), acier (L’acier est un alliage métallique utilisé dans les domaines de la construction métallique (voir aussi l’article sur la...)
Le Bremen, paquebot allemand de 1929

Un paquebot est un navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements techniques de...) spécialisé dans le transport (Le transport, du latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre.) de passagers. Le nom vient de l'anglais « packet-boat », désignant les navires transportant du courrier. Les premiers grands paquebots sont apparus au début du XIXe siècle lorsque les migrations internationales étaient fortes. De nombreuses innovations techniques telles que la machine à vapeur (La machine à vapeur est une invention,dont les évolutions les plus significatives datent du XVIIIe siècle. C'est un moteur thermique à combustion externe, il transforme...) et les coques en acier ont permis aux paquebots de gagner en taille et en vitesse (On distingue :) et ont donné lieu à de véritables compétitions entre puissances, notamment entre le Royaume-Uni et l'Allemagne. Après deux âges d'or, au tournant des deux siècles, puis dans l'entre-deux-guerres, le règne du paquebot s'est estompé pour laisser place à l'avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air,...).

On distingue deux types de paquebots. Les paquebots de lignes (dont les plus célèbres sont les transatlantiques) sont affectés à des lignes régulières pour le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par assimilation, des actions de...) de passagers et de courrier. Ce type de paquebot a majoritairement disparu dans les années 1960/1970. Les paquebots de croisière assurent pour leur part des voyages touristiques en diverses parties du globe et représentent, au début du XXIe siècle, l'écrasante majorité des paquebots. Maintes compagnies se sont développées, les plus importantes sur le plan international étant britanniques et allemandes, secondées par les compagnies françaises et italiennes. Des chantiers navals spécialisés dans la construction de paquebots se sont également développés. Les lignes empruntées étaient, dans un premier temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), liées aux migrations et à la colonisation. Avec l'arrivée du transport aérien (Le transport aérien est le secteur économique qui regroupe toutes les activités de transport en avion ou en hélicoptère.) et la décolonisation, les croisières, en particulier en Méditerranée et dans les Caraïbes, ont pris le pas sur les lignes traditionnelles.

Les paquebots ont laissé une forte empreinte dans les mentalités. Certains comme le Queen Mary ou le France sont ainsi devenus de véritables symboles nationaux, tandis que d'autres comme le Titanic ont frappé les esprits par leurs malheurs. Ils ont également inspiré le cinéma (On nomme cinéma une projection visuelle en mouvement, le plus souvent sonorisée. Le terme désigne indifféremment aujourd'hui une salle de projection ou l'art en lui-même.) et la littérature, contribuant à créer un véritable « mythe du paquebot ».

Histoire

Du clipper (Un clipper (mot anglais signifiant ciseau peut-être une évocation du bateau fendant les flots) est un bateau fait pour convoyer le plus vite possible ses denrées...) au paquebot à vapeur (1800 - 1838)

Les premiers paquebots

Les clippers sont les ancêtres des paquebots.

Les premiers paquebots apparaissent au milieu du XVIIe siècle. Ces navires étaient chargés de transporter le courrier — des « packets » — entre la Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du territoire du Royaume-Uni. En son acception...) et le continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme désigne une vaste...). Ils prenaient parfois à leur bord quelques passagers. La marine britannique est alors la plus puissante du monde (Le mot monde peut désigner :). Elle exploite de nombreuses routes commerciales de part le monde pour importer des matériaux exotiques. La mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Baltique deviennent également des routes commerciales majeures. Cependant, pendant la première moitié du XIXe siècle le service des « packets » disparaît au profit du paquebot moderne.

Au début du XIXe siècle, la révolution industrielle et la croissance des échanges commerciaux inter-continentaux — par le biais, notamment, des colonies — rend impérieux le développement de liaisons sûres entre ces terres. Au premier rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une application linéaire définie...) des puissances coloniales, le Royaume-Uni a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins...) de routes maritimes stables pour relier les différentes parties de son empire : Extrême-Orient (L'Extrême-Orient désigne la partie orientale de l'Asie. Il comprend :), Inde, Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de...)etc. Depuis le XVIIIe siècle, les grandes puissances maritimes s'équilibrent, et le rêve du Hollandais Hugo Grotius selon lequel les mers appartiennent à tous se concrétise. La naissance du concept d'« eaux internationales », et l'absence de revendication qui s'en suit, simplifie la navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :). Le début de ce XIXe siècle est l'ère des clippers, puissants voiliers au gréement (Le gréement d'un navire à voile est constitué de l'ensemble des espars (mâts, bômes, tangons, etc.), manœuvres courantes (drisses, écoutes, etc.),...) imposant, capables d'atteindre des vitesses parfois supérieures à 20 nœuds. Ces navires sont principalement américains et assurent de nombreuses liaisons ; ils peuvent ainsi rallier Macao à New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule 8 143 200...) en 70 jours.

En 1818, des marchands américains fondent la Black Ball Line qui est la première compagnie à assurer une liaison transatlantique régulière. Rapidement, de nombreuses autres compagnies l'imitent de par le monde. Cependant, la domination reste américaine. La Guerre de Sécession freine le développement maritime : naufrages et faillites entament la suprématie américaine. La fin de la domination des clippers est définitive lorsqu'une nouvelle technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) apparaît : la navigation à vapeur.

Les débuts laborieux de la machine à vapeur

En 1838, le Sirius est le premier navire à traverser l'Atlantique uniquement à la vapeur.

En 1807, l'ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la...) Robert Fulton réussit à appliquer le principe de la machine à vapeur aux navires. Il construit la première embarcation (Une embarcation est un bateau de faible dimensions. Souvent non ponté, sa propulsion peut être à aviron, à voile ou à moteur. Généralement, une embarcation sert d'annexe à un bateau...) mue par cette technologie, le Clermont, qui parvient à rallier New York à Albany en une trentaine d'heures, avant de débuter un service régulier entre ces deux villes. D'autres vaisseaux reprennent rapidement cette innovation. En 1816, l'Elise est le premier navire à vapeur à traverser la Manche. 1819 voit un nouveau progrès important. Le Savannah devient le premier navire à vapeur à traverser l'Atlantique. Parti de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de 200 m...) éponyme, il rallie Liverpool en 27 jours. Toutefois, la traversée s'effectue principalement à la voile alors que la vapeur ne sera pas utilisée plus de 72 heures au cours du voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage...). L'engouement du public pour cette nouvelle technologie se réduit et, des 32 passagers qui avaient réservé une place à bord, aucun n'embarque sur le Savannah. À cette époque, la navigation à vapeur ne convainc toujours pas les professionnels qui ne voient en elle qu'une simple curiosité, au point (Graphie) qu'en 1820, le propriétaire du Savannah débarrasse son navire de sa machine à vapeur.

Les travaux sur cette technologie continuent et un nouveau pas est franchi en 1833. Le Royal Edward réussit à traverser l'Atlantique en ayant recours à la vapeur sur les trois quarts du parcours. La voile n'est alors utilisée que pour permettre de décrasser les parois des chaudières couvertes de sel. Cependant, les septiques sont toujours nombreux au point qu'en 1836, le physicien (Un physicien est un scientifique qui étudie le champ de la physique, c'est-à-dire la science analysant les constituants fondamentaux de l'univers et les forces qui les relient. Le mot physicien dérive du grec, qui...) Dionysius Lardner déclare que « le voyage direct d'un bateau à vapeur (Un bateau à vapeur ou pyroscaphe est un bateau dont la motorisation est assurée par une machine à vapeur.) entre Liverpool et New York est aussi chimérique qu'un voyage sur la Lune ».

La dernière étape vers navigation à vapeur est franchie lorsque le Sirius, parti de Liverpool le 3 avril 1838, atteint New York 19 jours plus tard après une traversée mouvementée. En effet, trop peu de charbon ayant été prévu pour la traversée, l'équipage doit brûler voiles et mobiliers pour arriver à destination. Le voyage se fait à une vitesse de 6,7 nœuds. Il est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des sources de...) possible par la mise en œuvre de condenseurs alimentant les chaudières en eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) douce, ce qui évite d'avoir à ôter le sel. L'exploit est de courte durée. En effet, le lendemain, le Great Western, de l'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le...) visionnaire Isambard Kingdom Brunel arrive à son tour à New York. Parti de Liverpool le 8 avril, il pulvérise le record du Sirius avec une vitesse moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur...) de 8 nœuds. La course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) à la vitesse est lancée et avec elle, la tradition du « Ruban bleu ». C'est ainsi que le navire ayant effectué la traversée la plus rapide de l'Atlantique gagne le droit d'arborer un pavillon bleu (Bleu (de l'ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d'onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en luminosité du cyan...) à son mât (Le mât est un espar vertical (mis à part le beaupré) servant à soutenir les voiles sur un bateau à voiles. De manière générale, c'est un pylône...).

Des navires de plus en plus imposants et sophistiqués (1838 - 1897)

La naissance des grandes compagnies

Avec le Great Western, Brunel pose les bases des nouvelles techniques de construction navale. Il s'est rendu compte que la capacité d'un navire augmente plus rapidement que sa résistance à l'eau ; en d'autres termes, la proportion de charbon à transporter par rapport à la taille du navire diminue lorsque le navire est plus imposant. Construire de grands navires est donc plus rentable. De plus, durant les années 1830, les migrations à destination des Amériques augmentent énormément. Ces mouvements de population sont une véritable manne financière pour les compagnies maritimes dont certaines parmi les plus grandes voient le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...) à cette époque. C'est en particulier le cas de la P&O en 1822 au Royaume-Uni, et en France de la Compagnie générale maritime, en 1855.

La vapeur permet également aux navires d'assurer un transport régulier que ne permettait pas la voile. Cet aspect séduit particulièrement les compagnies postales, qui louent les services de ces bâtiments afin de desservir des clients séparés par l'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau salée. En fait, il s'agit plutôt d'un volume, dont l'eau est en permanence...). Samuel Cunard fonde en 1839 la Cunard Line et devient le premier à dédier son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) au transport de courrier assurant dès lors un service régulier suivant un calendrier (Un calendrier est un système de repérage des dates en fonction du temps. Ces systèmes ont été inventés par les hommes pour mesurer, diviser et organiser le...) bien déterminé. Ses navires exploitent les routes entre le Royaume-Uni et les États-Unis et sont rapidement surnommés « paquet boats », termes à l'origine du mot « paquebot ». Progressivement, les paquebots abandonnent la roue à aubes (La roue à aubes est une roue de construction particulière, munie de pales, permettant de créer ou de restituer un mouvement rotatif d'axe au départ d'un mouvement linéaire de fluide. Initialement simples et de...), peu pratique en haute mer, au profit de l'hélice (Hélice est issu d'un mot grec helix signifiant « spirale ». Un objet en forme d'hélice est dit hélicoïdal.).

Les premiers géants

Si le Great Eastern demeure pendant 40 ans le plus grand paquebot au monde, sa carrière n'en est pas moins chaotique.

La taille des navires (Les navires de commerce peuvent être classés en différentes tailles. La plupart font références à des limites de longueur, de tonnage ou de tirant d'eau imposées par les canaux et les ports....) allant en augmentant, les coques en bois se fragilisent : l'apparition de coques en fer, à partir de 1845, puis en acier, remédie à ces problèmes. Le premier navire à double coque en fer est le Great Britain, nouvelle création de Brunel, qui est également le premier navire sur lequel une hélice remplace les roues à aubes ; une fois encore, le navire effraie (Les effraies appartiennent au genre Tyto qui constitue à lui-seul, les tytoninés, la seule des deux sous-familles de tytonidés représentée sous nos latitudes,...) la clientèle et sa carrière se révèle désastreuse : le navire s'échoue et est reconverti en entrepôt (Un entrepôt est un bâtiment logistique destiné au stockage de biens en vue de leur expédition vers un client (interne ou externe à l'entreprise). Il peut être...). Il est finalement transformé en musée plus de 150 ans après son inauguration. La compagnie américaine Collins Line suit une autre approche. Elle prend le parti du luxe avec des navires pourvus de chambres froides, de systèmes de chauffage (Le chauffage est l'action de transmettre de l'énergie thermique à un objet, un matériau.) et d'innovations diverses, mais l'opération est coûteuse. Les naufrages de deux de ses navires portent un coup fatal à la Collins Line qui est dissoute en 1858.

En 1858, Brunel construit son troisième et dernier géant, le Great Eastern : d'une longueur de 212 mètres. Ce paquebot reste pendant près de 40 ans le plus grand objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut...) flottant jamais construit. Il peut en théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est...) embarquer 5 000 personnes. Cependant, sa carrière est ruinée par une suite d'échecs et d'incidents : constructeur et armateurs font faillite, et la traversée transatlantique inaugurale maintes fois repoussée se fait presque à vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.).

Sur le marché britannique, la Cunard et la White Star Line se livrent une forte concurrence à partir du rachat de cette dernière par Thomas Ismay à la fin des années 1860. La lutte prend pour symbole l'obtention du Ruban bleu que les deux compagnies décrochent plusieurs fois à la fin du siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération...) qu'elles partagent avec certains navires de l'Inman Line. Le luxe et la technologie des navires évoluent également. Les voiles auxiliaires deviennent obsolètes et disparaissent complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant...) à la fin du XIXe siècle tandis que les paquebots adoptent une silhouettes plus moderne avec une proue (La proue est le nom donné à la partie avant d'un bateau ; le terme est aujourd'hui délaissé en faveur d'étrave, qui reste plus technique.) tombant à angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) droit. Un usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) militaire potentiel des paquebots est envisagé et le Teutonic devient, en 1889, le premier croiseur (Un croiseur est un navire de guerre, aujourd'hui, le plus puissant et le plus grand des bâtiments de combat, exception faite des porte-aéronefs.) auxiliaire de l'histoire : en cas de guerre, il peut facilement être équipé de canons et utilisé en cas de conflit. Le navire parvient à impressionner jusqu'à l'empereur allemand Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) II qui désire voir son pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de...) doté d'une flotte moderne.

Le premier âge d'or (1897 - 1914)

L'Allemagne entre en scène

Le Kaiser Wilhelm der Grosse marque la montée en puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) de l'Allemagne sur la scène maritime.

En 1897, l'Allemagne lance le Kaiser Wilhelm der Grosse de la Norddeutscher Lloyd suivi quelques années après par trois navires-jumeaux. Ce navire présente de nombreuses innovations : il est très luxueux et rapide et parvient à dérober le Ruban bleu aux Britanniques. Il est également le premier des quatorze paquebots à quatre cheminées qui voient le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure...) dans l'histoire de la marine. Le navire n'en aurait eu besoin que de deux, mais un plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de cheminées donne aux passagers une impression de sécurité et de puissance sur laquelle les constructeurs jouent.

En 1900, la HAPAG réplique avec le Deutschland, paquebot de quatre cheminées construit pour la vitesse. Celui-ci ravit facilement le Ruban bleu à son compatriote, avant de le perdre au profit d'un de ses sister-ships. Cette course à la vitesse se fait cependant au détriment du confort et engendre de fortes vibrations, qui font perdre tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) succès au navire une fois son record battu. Le Deutschland n'est utilisé que pendant dix années comme transatlantique avant d'être reconverti prématurément en navire de croisière. Jusqu'en 1907, le Ruban bleu reste entre les mains des Allemands, au grand dam des Britanniques.

Ceux-ci ont par ailleurs d'autres problèmes : le financier américain John Pierpont Morgan embrasse l'idée d'un empire maritime regroupant un grand nombre de compagnies. Il fonde l'International Mercantile Marine Company qui regroupe dans un premier temps des compagnies maritimes américaines, et à partir de 1902, la Leyland (Leyland est un constructeur automobile anglais , spécialisé dans la production de camions semi-remorques et de bus. Il a longtemps fabriqué la Mini. Leyland fait...) Line et la White Star. Par ailleurs, son trust signe des accords avec les plus grandes compagnies allemandes de telle façon que sa seule concurrence sérieuse est la Cunard. Le gouvernement britannique décide donc d'intervenir pour reprendre l'ascendant.

Les nouveaux géants britanniques

Bien que les Allemands dominent sur le plan de la vitesse, les plus gros navires battent pavillon britannique. L'Oceanic et les Big Four de la White Star Line sont en effet les premiers à surpasser largement le record établi quarante ans plus tôt par le Great Eastern. Cependant, leur propriétaire est américain. Face à cette importante concurrence, le gouvernement britannique propose à la Cunard Line de participer financièrement à la construction de deux paquebots à la taille et la vitesse inégalée. En contrepartie, ceux-ci pourront être convertis en croiseurs en cas de guerre. Le résultat de cet accord est la mise en service, en 1907, de deux jumeaux : le Lusitania et le Mauretania, qui reprennent le Ruban bleu dès leurs traversées inaugurales respectives. Le deuxième conserve cette distinction pendant plus de vingt ans. Leur vitesse est accrue par l'utilisation de turbines au lieu des classiques machines à expansion. D'autres navires cumulent les deux systèmes de propulsion pour plus d'efficacité.

La White Star Line réplique fin 1908 - début 1909. Elle lance la construction des navires de classe Olympic, dont la mise en service est prévue entre 1911 et 1914. Le premier, l’Olympic débute une carrière honorable, bien que ponctuée d'incidents. Ce n'est pas le cas de son jumeau (Littéralement, le terme jumeau se réfère à tous les individus (ou l'un de ceux-ci) qui ont partagé le même utérus et qui sont nés le même jour. Les triplés (ou...), le tristement célèbre Titanic, qui fait naufrage lors de son voyage inaugural le 15 avril 1912. Cette catastrophe (Une catastrophe est un événement brutal, d'origine naturelle ou humaine, ayant généralement la mort et la destruction à grande échelle pour conséquence.) met en lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de...) les nombreux problèmes de sécurité dont souffrent les navires, notamment en termes de moyens de sauvetage. La catastrophe entraîne un durcissement de la réglementation.

À la même époque, la France tente de marquer sa présence avec l'arrivée de son seul « quatre-cheminée ». En 1912, le France est inauguré. C'est un bâtiment modeste par rapport à la concurrence. L'Allemagne réagit pour sa part à l'offensive britannique. La HAPAG lance un trio de paquebots géants nettement plus grands que ceux de la White Star. L'Imperator est le premier à arriver en 1913. Il est suivit du Vaterland, peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. La construction du troisième géant, le Bismarck, est stoppée par les hostilités.

D'une guerre à l'autre (1914 - 1939)

La Première Guerre mondiale

Le Mauretania en camouflage Dazzle durant la Première Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale est une époque tourmentée pour les paquebots. Certains comme le Mauretania, l'Aquitania, le Britannic ou encore le France sont transformés en navires-hôpitaux durant le conflit. D'autres deviennent des transports de troupes, tandis que certains, tels que le Kaiser Wilhelm der Grosse participent en tant que navire de guerre (Cet article décrit de manière générique le navire de guerre.) aux hostilités. Ce dernier type d'opérations est cependant vite jugée inutile, les navires offrant des cibles trop faciles. Le transport est en revanche très prisé du fait de leur grande taille. Les navires sont peints de formes géométriques et colorées selon le système de camouflage Dazzle pour éviter leur torpillage par les sous-marins ennemis.

La guerre est cependant marquée par son lot de naufrages de paquebots ; ainsi, le Britannic sombre en 1916 en mer Égée après avoir heurté une mine. Nombre de torpillages ont lieu et un grand nombre de navires coule. Le Kaiser Wilhelm der Grosse sombre à la suite d'un épique combat au large des côtes africaines en 1914, tandis que son jumeau le Kronprinz Wilhelm participe à de véritables traques en mer pour aborder et couler des navires marchands. Le torpillage du Lusitania, le 7 mai 1915, coûte pour sa part la vie (La vie est le nom donné :) à plusieurs dizaines de citoyens américains alors que les États-Unis sont encore neutres. Bien que d'autres facteurs entrent en jeu, l'impact de ce naufrage pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) fortement l'opinion américaine en faveur des Alliés et facilite l'entrée en guerre du pays.

Les pertes sont compensées par le traité de Versailles en 1919 qui conduit à la remise aux vainqueurs de nombreux paquebots allemands : le trio de la HAPAG est partagé entre la Cunard, la White Star et les United States (Le United States est un paquebot construit en 1952 ; il est le plus grand jamais construit aux États-Unis, et toujours le plus rapide à ce jour.) Lines tandis que les trois navires survivants de la classe Kaiser sont réquisitionnés par la marine américaine dans le cadre du conflit, puis conservés. Des plus grands paquebots allemands, seul le Deutschland échappe à ce destin à cause de son mauvais état.

L'entre-deux-guerres : âge d'or et crise

L’Île-de-France est resté de nombreuses années un paquebot très populaire auprès de la clientèle internationale.

Après une période de reconstruction, les compagnies maritimes se remettent rapidement des dégâts causés par la guerre. Les navires commencés avant la guerre tels que le Paris de la Compagnie générale transatlantique sont achevés et mis en service. Les navires britanniques bien établis tels que l’Olympic et le Mauretania reprennent également du service et connaissent un grand succès au début des années 1920, tandis que des paquebots plus modernes font leur apparition. Ils sont tout d'abord français, avec l’Île-de-France, qui est mis en service en 1927. Les États-Unis ont pour leur part récupéré le Vaterland, qui, renommé Leviathan devient le fleuron de leur flotte marchande. Cependant, la Prohibition, qui s'applique sur les navires américains comme sur tout le territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le...), les pénalise fortement au profit des navires européens.

L'Allemagne revient sur le devant de la scène en 1929 avec les jumeaux Bremen et Europa qui ravissent le Ruban bleu au Mauretania et s'imposent par leur modernité. L'Italie n'est pas en reste avec l'arrivée, dans les années 1930, du Rex et du Conte di Savoia qui battent également des records de luxe et de vitesse. La France, enfin, marque le pas de l'âge d'or des paquebots avec le Normandie, en 1935 : summum du luxe, le paquebot est également rapide et gigantesque, et devient une véritable fierté nationale.

Cependant, l'heure (L'heure est une unité de mesure  :) est également à la crise. Les États-Unis ayant drastiquement réduit leurs quotas d'immigrants, les compagnies maritimes perdent une grande partie de leurs revenus et doivent se reconvertir. La Grande Dépression joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert...) également un rôle important et, les traversées rentables allant en diminuant, les compagnies redirigent une partie de leurs vaisseaux vers des croisières touristiques plus rentables. Au Royaume-Uni, Cunard et White Star sont très mal en point, et le Chancelier de l'Échiquier Arthur Neville Chamberlain propose de fusionner les deux compagnies pour créer une compagnie britannique forte. Toutes deux fusionnent en 1934, et lancent la construction du Queen Mary tout en envoyant progressivement leurs anciens navires à la casse. La construction d'un deuxième navire, le Queen Elizabeth, est troublée par le début de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc...) Guerre mondiale.

De la Seconde Guerre mondiale au règne de l'avion (1939 - 1975)

Un conflit meurtrier

Le naufrage du Wilhelm Gustloff est le plus meurtrier de l'histoire.

La Seconde Guerre mondiale est un conflit riche en événements concernant les paquebots. Dès le début des combats, les navires allemands sont réquisitionnés dans le cadre des hostilités, souvent comme casernes flottantes. C'est dans le cadre de cette activité que le Bermen prend feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) et sombre en 1941. À l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel...), le Queen Elizabeth, bien qu'inachevé, part pour les États-Unis, après une opération de désinformation (La désinformation est un processus, utilisable à tous les niveaux dans toutes les sphères de la communication, et qui consiste à présenter :) conséquente visant à détourner le feu allemand du navire. Ce paquebot et le Queen Mary se distinguent alors pour les transports de troupes.

De terribles naufrages marquent le conflit : le Lancastria sombre, corps et biens, en 1940 avec 4 000 à 7 000 personnes à son bord. En 1945, le bombardement du paquebot Cap Arcona tue 5 000 personnes, pour la plupart des prisonniers du camp de concentration de Neuengamme. À la même époque, le Wilhelm Gustloff est torpillé par les Soviétiques et coule avec plus de 9 000 réfugiés à son bord, ce qui en fait le plus terrible (Le Terrible était un vaisseau de ligne de 2e rang et de 78 canons, dessiné par François Coulomb, et lancé à Toulon en 1739. Il était long de 152 pieds français, large de 44,4 et profond de 21,...) naufrage de l'histoire.

D'autres naufrages sont nettement moins meurtriers mais causent la perte des navires : le Rex est ainsi bombardé et coulé, tandis que le Normandie prend feu durant sa transformation en transport de troupes dans le port de New York.

Une nouvelle donne

Le United States est le dernier détenteur du Ruban bleu.

Après-guerre, certains navires sont à nouveau transférés des vaincus aux vainqueurs comme l'Europa ainsi cédé à la France qui lui donne le nom de Liberté. Par ailleurs, le pays achève la construction de La Marseillaise (programmée avant guerre sous le nom de Maréchal Pétain), destiné à desservir les colonies pour le compte des Messageries maritimes. Cependant, avec la décolonisation, ce type de navire devient inutile et est rapidement revendu à des compagnies de croisières.

Les États-Unis sont pour leur part fortement impressionnés par les états de service des deux Queen durant la guerre. Désirant un navire fiable et rapide en cas de guerre contre l'URSS, ils font construire en 1952 le United States, qui bat tous les records de vitesse établis et détient depuis lors le Ruban bleu. L'Italie construit peu après le prestigieux Andrea Doria qui fait naufrage en 1956.

La concurrence des avions de ligne se fait cependant de plus en plus pressante et, au début des années 1960, l'avion représente 95 % du trafic de passagers sur la traversée de l'Atlantique. Le règne du paquebot se termine. La France lance cependant un dernier transatlantique, le prestigieux France, qui, même s'il naviguera jusqu'en 1972, se montre peu rentable. Il illustre parfaitement la mutation qui s'effectue alors, et une grande partie de son temps est destiné à des croisières en divers points du globe.

Du liner (Un liner est un grand navire à passagers ou paquebot. Le plus souvent, il s'agit d'un navire motorisé réalisant de longs voyages sur les océans. Le but principal de ces voyages est de...) au navire de croisière (depuis les années 1970)

Le règne de la croisière

Le Grand Princess est un navire de croisière type de la fin du XXe siècle.

Les navires de croisières ne sont pas un fait nouveau. La P&O en organisait déjà dans les années 1840 et, lorsqu'il s'est montré peu rentable en tant que transatlantique, le Deutschland est également devenu un navire consacré aux croisières de luxe. À partir des années 1930, les grandes compagnies consacrent leurs transatlantiques à des croisières durant la morte saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ...). À partir des années 1950 et 1960, la croisière devient la première activité des paquebots, qui n'effectuent plus que quelques traversées transatlantiques. En 1979, le France, devenu Norway, est ainsi totalement transformé pour s'y consacrer à plein temps.

Au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure, les navires deviennent de véritables hôtels flottants, la superstructure s'élevant de plus en plus haut. Les grandes sociétés de croisières sont désormais la P&O, le Carnival Group ou encore la Royal Caribbean Cruise Line, qui possèdent de nombreux navires. Celles-ci mettent à disposition de leur clientèle des restaurants, des salles de gymnastique, des piscines, des théâtres, des cinémas ou bien des casinos, ainsi que des offres de prestations de luxe comme des suites, de la balnéothérapie (La balnéothérapie désigne l’ensemble des traitements thermaux et les soins effectués par des bains, ainsi que les...), du thermalisme entre autres. Le navire n'est plus un moyen de traverser une mer ou un océan, mais devient un but en soi.

La fin des liners ?

Les paquebots assurant des liaisons transatlantiques régulières se réduisent rapidement en nombre. Le United States est ainsi retiré du service en 1967. La même année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), le Queen Mary est transformé en musée à Long Beach en Californie. Jusqu'en 2008, le Queen Elizabeth 2 continue cependant à perpétuer la tradition des liners en effectuant plusieurs traversées transatlantiques annuelles. À partir de 2004, le Queen Mary 2, de la même compagnie Cunard Line, fait de même.

D'autres paquebots de ligne continuent à subsister comme témoignage de cette époque : le United States repose le long d'un quai de Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays, Philadelphie comptait 1 463 281 habitants dans la ville même et 5 976 500 habitants dans...) en attente d'un repreneur, tandis que le Rotterdam, fleuron de la marine néerlandaise depuis 1959 est transformé en février 2010 en hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. ...) et musée flottants dans la ville dont il porte le nom.

Page générée en 0.449 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique