Voile (navire)
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Voile latine
Voile latine

Une voile est une pièce de tissu, dont la taille peut varier de quelques mètres carrés à plusieurs centaines de mètres carrés, qui, grâce à l'action du vent, sert à faire avancer un véhicule (Un véhicule est un engin mobile, qui permet de déplacer des personnes ou des charges d'un point à un autre.). Les voiles sont utilisées sur des voiliers, planches à voile (Les Voiles sont l’une des 88 constellations du ciel, visible essentiellement de l’hémisphère sud. Incluse à l’origine...), mais aussi sur des véhicules terrestres (chars à voiles).

Structure

Grand-voile d'un gréement bermudien
Grand-voile (Sur un voilier, la grand-voile est:) d'un gréement (Le gréement d'un navire à voile est constitué de l'ensemble des espars (mâts, bômes, tangons, etc.), manœuvres courantes (drisses, écoutes, etc.), manœuvres dormantes (étais, haubans, etc.)...) bermudien

Une voile est caractérisée principalement par sa forme, son grammage et le(s) matériau(x) dont elle est composée.

Les trois angles de la voile (sur une voile à forme triangulaire) ont une appellation spécifique  :

  • Le point (Graphie) de drisse (Sur un navire à voile, la drisse est un cordage servant à hisser une vergue ou une voile sur son espar (par exemple la drisse de grand-voile sert à hisser la grand-voile en tête du grand mât).) (1) désigne l'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) situé au sommet de la voile une fois celle-ci hissée : c'est l'endroit ou la drisse est frappée.
  • Le point d'amure (L'amure est, comme l'écoute qui lui est symétriquement opposée, le cordage qui relie le coin inférieur d'une voile carrée au pont d'un navire à voiles.) (10) désigne l'angle attaché au point fixe (En mathématiques, pour une application f d’un ensemble E dans lui-même, un élément x de E est un point fixe de f si f(x) = x.) du bateau : lorsque la voile est en position, le point d'amure est sur l'avant du bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins du transport maritime ou fluvial, et permet diverses activités telles que le...).
  • Le point d'écoute (Sur un voilier, une écoute est un cordage servant à régler l'angle de la voile par rapport à l'axe longitudinal du voilier et en conséquence l'angle d'incidence du vent sur la voile. Il y a une écoute dédiée à chaque...) (12) désigne l'angle de la voile auquel est attachée l'écoute (foc) ou non loin duquel est passée l'écoute (grand-voile)

Chacune des extrémités de la voile reçoit un renfort (3) constitué de plusieurs épaisseurs de tissus cousues ensembles parfois renforcées par une structure rigide. La têtière (3) est la partie renforcée de l'extrémité supérieure de la voile. Un œillet situé à chacun des angles permet de fixer la voile au gréement.

Les côtés d'une voile triangulaire sont  :

  • La bordure (11) est le côté de la voile parallèle au pont : c'est le bas de la voile lorsque celle-ci est hissée. Sur la grand-voile la tension (La tension est une force d'extension.) de la bordure (passée dans la bôme) est modulée selon la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles « force (vertu) » et...) du vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne....).
  • Le guindant (6) est le côté de la voile solidaire de l'étai (Sur un voilier, l' étai (1) est un câble servant à maintenir le mât longitudinalement vers l'avant. Les haubans (3) et les galhaubans maintiennent le mât latéralement, légèrement vers l'arrière. Le...) (foc) ou du mât (Le mât est un espar vertical (mis à part le beaupré) servant à soutenir les voiles sur un bateau à voiles. De manière générale, c'est un pylône vertical.) (grand-voile)
  • La chute (5) est le côté de la voile située vers l'arrière, toujours libre : sa tension est réglée par un nerf (En neuroanatomie, au sein du système nerveux , périphérique et central, un nerf désigne un regroupement d'axones, myélinisés ou non, issus de...) de chute (8)

Sur la grand-voile (sur les voiles d'avant c'est beaucoup plus rare) on trouve également 2 à 3 bandes de ris (9) - zones horizontales en partie renforcées et comportant des œillets aux extrémités qui sont utilisées pour réduire la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement...) de la grand-voile lorsque le vent forcit (prise de ris)

Une voile est généralement composée de laizes (7) bandes de tissus cousues, découpées de manière à répartir l'effort en faisant éventuellement varier le grammage et positionner le creux de la voile (une voile n'est pas plate sauf s'il s'agit d'une voile de tempête (Une tempête est un phénomène météorologique violent à large échelle dite synoptique, avec un diamètre compris en général entre 200 à 1 000 km,...) comme le tourmentin).

La chute de grand-voile est arrondie : c'est le rond ( Le mot rond caractérise et par abus de langage désigne un cercle ou une sphère. En argot, un rond c'est un sou. Une affaire rondement...) de chute qui est raidi par 3 à 4 lattes (4). La guindant de la grand-voile est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois...) solidaire du mât soit grâce à des coulisseaux (2) fixés à la voile et passés dans la gorge du mât soit grâce à une ralingue (c’est-à-dire un cordage cousu le long de la voile). La bordure de la grand-voile est également tenue par une ralingue passée dans la gorge de la bôme (La bôme est la barre rigide qui permet d'orienter la grand-voile d'un bateau à voile. Traditionnellement en bois, elle est maintenant beaucoup plus souvent en aluminium, voire en matériaux composites comme la fibre de carbone pour les voiliers...).

Sur un spinnaker (Un spinnaker (ou spi) est une voile d'avant très légère et très creuse hissée aux allures portantes. Son nom vient des commentaires suscités lors de son invention. Sceptiques quant à sa...), symétrique par définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.), point d'amure et guindant sont côté tangon (Un tangon est un espar horizontal placé en dehors du bâtiment, perpendiculairement à la coque, et servant à amarrer les embarcations.) (après empannage ces termes ne désignent donc plus la même partie de la voile).

Fonctionnement

Le principe de fonctionnement d'une voile dépend de l'allure du navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les...), c'est-à-dire de la direction du navire par rapport au vent.

Écoulement sur une voile

Lorsque le navire remonte par rapport au vent, l'écoulement du vent le long de la voile crée une différence de pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) entre le côté au vent (intrados) et le côté sous le vent (extrados). En fait, une dépression se forme sur l'extrados, ce qui " tire " le navire, et lui permet de remonter au vent. C'est ce même phénomène, appliqué à une aile d'avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par...), qui lui permet de voler.

De même qu'en aéronautique (L'aéronautique inclut les sciences et les technologies ayant pour but de construire et de faire évoluer un aéronef dans l'atmosphère terrestre.), lorsque les écoulements autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au...) de l'aile décrochent, la voilure perd de son efficacité; les marins soucieux de performances savent qu'à cette allure une voile développe sa plus grande force lorsqu'elle est proche du décrochement. C'est pourquoi les régatiers modifient sans cesse leurs réglages pour garder leur voile le plus proche possible du décollement, sans pour autant la faire décrocher. Ceci demande une attention constante, car le réglage doit être adapté aux variations de vitesse (On distingue :), de cap, et aux changements du vent.

Afin d'améliorer les performances des voiliers, les architectes de bateaux de course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) jouent aussi sur la forme du mât (cintrage, mâts aile), afin d'améliorer encore ces écoulements.

Aux allures du près, la voile exerce une force propulsive tant que son angle par rapport au vent apparent reste suffisamment grand (de l'ordre de 30 degrés). Ceci à pour conséquence qu'il est possible, avec un véhicule offrant une faible résistance à l'avancement, d'aller plus vite que le vent réel. C'est le cas par exemple des planches à voiles, des multicoques, de certains monocoques conçus pour déjauger, et des chars à voiles. Les engins à voile les plus rapides étant les chars à glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) capables d'atteindre 4 à 5 fois la vitesse du vent.

La force exercée par le vent sur la voile est à peu près perpendiculaire (En géométrie plane, on dit que deux droites sont perpendiculaires quand elles se coupent en formant un angle droit. Le terme de perpendiculaire vient du latin per-pendiculum (fil à plomb) et justifie la généralisation...) à la corde du plan de voilure. La composante de cette force qui est parallèle à l'axe du navire est la force propulsive. L'autre composante, perpendiculaire à l'axe du navire, à tendance à le faire dériver, mais peut aussi provoquer une gîte (bande) (le navire penche sur le côté), et peut compromettre dangereusement son équilibre, voire le faire chavirer.

Pour compenser cet effet néfaste, plusieurs stratégies sont utilisées :

  • La forme de la coque des navires est étudiée pour provoquer une force anti-dérive.
  • La plupart des navires sont aussi munis d'une dérive. Lorsqu'elle est lestée, elle devient une quille.
  • Les multicoques sont très larges, de manière à améliorer leur stabilité.
  • Les marins peuvent aussi déplacer des poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de...) (ballast mobile) sur le navire, de manière à l'équilibrer. Lorsque les forces mises en œuvre sont suffisamment faibles (embarcations de petite taille), ils peuvent faire contrepoids avec leur propre corps, et se mettant au rappel, ou au trapèze.

Allures portantes

Un voilier sous spi
Un voilier (Un voilier (ou bateau à voiles, navire à voiles) est un bateau ou navire propulsé par la force du vent. Historiquement, les voiliers ont été le premier moyen de transport à moyenne et longue distance avant l'invention...) sous spi

Lorsque le navire s'éloigne du vent, les écoulements le long de la voile deviennent turbulents. Le vent pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) littéralement la voile. Pour obtenir une propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie fournie par le milieu extérieur ou par...) maximale, il faut alors orienter différemment la voile de manière à ce qu'elle soit perpendiculaire à l'axe du vent. Il faut aussi régler la voile de façon à ce qu'elle soit la plus creuse possible. Des voiles extrêmement creuses ont été conçues à cet effet, telles les spinnakers (ou " spis ") ou les gennakers.

Si le bateau est au vent arrière, la vitesse à tendance à réduire le vent apparent. Ainsi, contrairement à l'intuition, cette allure n'est pas la plus rapide, car il n'est pas possible d'aller plus vite que le vent réel. La façon la plus rapide pour aller à un point sous le vent consiste alors parfois à tirer des bords dans une direction légèrement éloignée de l'axe du vent (grand largue), ce qui augmente le vent apparent.

Aux allures portantes, la force du vent sur la voile à tendance à enfoncer l'avant du bateau. Cela peut être dangereux, particulièrement sur les multicoques, et provoquer un enfournement. La coque sous le vent plonge alors brutalement sous l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.). Le ralentissement (Le signal de ralentissement (de type SNCF) annonce une aiguille (ou plusieurs) en position déviée qui ne peut être franchie à la vitesse normale de la ligne.) violent qui en résulte peut faire chavirer le bateau sur l'avant (sancir). À grande vitesse, cette allure nécessite une attention soutenue de l'équipage. Pour éviter ces enfournements et aussi lorsque le vent forcit, on déplace le centre de gravité (Le centre de gravité est le point d'application de la résultante des forces de gravité ou de pesanteur. Il est également le point d'intersection de tous les plans qui divisent le corps en deux parties...) vers l'arrière: déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de défense déplaçant la valeur, et finalement le sens En architecture navale, le...) de l'équipage, utilisation de ballasts, par exemple, selon la taille du bateau. On recule et oriente également le centre de poussée (En aérodynamique, la poussée est la force exercée par le déplacement de l'air brassé par un moteur, dans le sens inverse de l'avancement.) vélique (inclinaison ou quête du mât).

Types de voiles

En fonction de l'époque et du lieu, la forme des voiles varie significativement.

Voile carrée

Voile carrée
Voile carrée
Le Sagrès disposant de voiles carrées sur le mât de misaine et le grand mât.
Le Sagrès disposant de voiles carrées sur le mât de misaine (« Misaine  » désigne deux choses sur un bateau :) et le grand mât.

C'est le type de voile le plus ancien en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...). Très simple, son efficacité (maximale au vent arrière) diminue grandement à mesure que l'on se rapproche du lit du vent (par effet de vent apparent).

Elle fut utilisée de manière connue dès l'antiquité, de la Baltique à la Méditerranée sur les navires marchands et militaires, qu'ils soient de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) ou de rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve, contrairement au fleuve qui se...).

Au IXe siècle l'introduction de la voile latine (La voile latine est une voile triangulaire (alla trina).) amorce le déclin de cette voile en Méditerranée où le régime des vents est trop irrégulier pour pouvoir l'utiliser. En Atlantique elle perdure au-delà même du Moyen-âge, des Drakkars des Vikings au Kogs Hanséatiques, en passant par les nefs Françaises et Anglaises. Les siècles suivants confirment son maintien comme en témoignent les vaisseaux produits tant pour le commerce que pour le combat.

Lors de l'essor de la marine à voile (XVIIe siècle-XIXe siècle) avec l'augmentation de la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) des navires, on a considérablement augmenté la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) des mâts et, du coup, on a multiplié le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de voiles carrées sur chaque mât (on a eu jusqu'à 7 étages) afin qu'elles restent cargables (repliables) par un nombre acceptable de marins.

De plus, sur les longs bords de portant, les capitaines de clippers faisaient quelquefois gréer en plus, à l'extérieur, des rallonges de vergues pour porter des voiles appelées bonnettes qui permettaient de gagner un petit peu de vitesse. Cette opération délicate et risquée était redoutée des gabiers car la chute était la promesse d'une mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les...) certaine par noyade (Une noyade est une mort par immersion prolongée dans un liquide, généralement de l'eau.), le navire étant incapable de faire demi-tour pour venir le rechercher.

La compilation et la publication au milieu du XIXe siècle par le capitaine américain Ch. Maury des wind charts (somme des statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de...) des vents dominants par secteurs) sur des cartes marines a permis de déterminer des routes où les vents portants (trade winds, les vents commerciaux) étaient les plus réguliers et où ces gréements puissants étaient efficaces. Il a ainsi contribué à l'essor des grands voiliers dits à " phares carrés " (pour l'aspect général qu'ils avaient rappelant la silhouette d'un phare).

C'est au cours de la première moitié du XXe siècle que disparaît peu à peu cette voile, en particulier avec la fin des grands voiliers à prime (Le terme Voilier à prime désigne toute une série de grands voiliers construits à la fin du XIXe siècle en France. L'état français accordait des primes à la construction de voiliers pour le développement du commerce maritime. Entre 1897 et...), une des générations les plus abouties en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et...) de taille et de vitesse, dont le Belem est l'un des survivants.

La machine à vapeur (La machine à vapeur est une invention,dont les évolutions les plus significatives datent du XVIIIe siècle. C'est un moteur thermique à combustion externe, il...) et le moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail...) à combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la combustion est vive, elle se traduit par une flamme voire une explosion.) interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable selon le "Diplôme d'études...) auront eu raison de cette voilure plus que millénaire (Un millénaire est une période de mille années, c'est-à-dire de dix siècles.).

Voile au tiers

Voile au tiers
Voile au tiers
Sinagot dans le golfe du Morbihan.
Sinagot (Le Sinago (et non Sinagot (habitants de Séné)) est un petit bateau à voile, caractéristique du petit port de Séné, près de Vannes, gréé en goélette...) dans le golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) du Morbihan.

À ses débuts cette voile était peu différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de...) de la voile carrée, sa vergue (Pièce de bois fixée au mât et qui porte une voile.) étant horizontale, mais avec des performances nettement améliorées au près, notamment par " apiquage " de la vergue, c'est-à-dire que la vergue devient plus verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) en se rapprochant de l'axe du mât.

Elle connut son heure (L'heure est une unité de mesure  :) de gloire avec les bateaux de pêche côtière du XIXe siècle et au début du XXe siècle, surtout en Bretagne, avec par exemple le sinagot du Morbihan ou la chaloupe (Une chaloupe est une grosse embarcation de construction plus robuste que celle d'un canot. Dans l'ancienne marine, la chaloupe était à avirons et était la plus grosse embarcation du bord, capable de porter l'artillerie. Les chaloupes modernes...) sardinière, qui régnait de Concarneau en pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous...) Bigouden, à la rade de Brest en Cornouaille. Jusqu'en 1940, on la retrouve encore sur certaines unités motorisées comme les pinasses (inspirées du sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.), mais adaptées aux conditions de travail et de mer de la région), soit en appoint, soit en gréement complet.

Le rendement d'une voile au tiers est meilleur sur une amure que sur l'autre. On parle d'amure lorsque la vergue est sous le vent venant de bâbord (gauche) ou de tribord (droite), cela a amené les chaloupes sardinières, puis les pinasses qui ont conservé le gréement au tiers, en particulier celles de Douarnenez, à adopter un gréement inversé : La voile de misaine (à l'avant du navire) était hissée sur bâbord , tandis que le taillevent (au centre du bateau) était hissé sur tribord. Cela permettait de conserver une voile avec une amure positive s'il n'était pas possible de gambeyer.

Voile latine

Voile latine
Voile latine
Boutre à Karachi.
Boutre (Voilier traditionnel originaire de la mer Rouge. Il a été diffusé par les navigateurs arabes dans le nord et l'est de l'océan Indien, construit en bois, gréé d'un ou plusieurs mâts portant chacun une...) à Karachi.

Apparue au IXe siècle, d'inspiration arabe, elle était surtout répandue en Méditerranée.

Sa grande vergue se nomme antenne (En radioélectricité, une antenne est un dispositif permettant de rayonner (émetteur) ou de capter (récepteur) les ondes électromagnétiques.). Pour rester compétitive sur les deux amures, il est nécessaire de la changer de côté à chaque virement. Cette manœuvre consiste à gambeyer.

Elle remplaça vite les voiles carrées utilisées depuis le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) des Romains, tant sur les navires marchands, felouques, boutres, que militaires, galères, chébecs, car plus adaptée aux régimes de vent de cette région où elle perdure toujours sur des embarcations comme les felouques du Nil ou les pointus de Provence.

Elle est devenue aux environs du XVe siècle la voile auxiliaire des navires " ronds " de l'Atlantique, comme les caraques, les caravelles, puis les galions du XVIe siècle et enfin les grands vaisseaux du XVIIe et XVIIIe siècles, avant d'être détrônée dans cette région par la voile aurique (Une voile aurique est une voile de forme quadrangulaire non symétrique, le terme proviendrait du latin auris oreille, cette explication est corroborée par la traduction anglaise lugsail, mot composé de lug...), plus aisée à manœuvrer…

Voile à livarde

Voile à livarde
Voile à livarde
Profil d'un Optimist.
Profil d'un Optimist (L’Optimist est un petit bateau d’initiation créé en 1947 par l'architecte Clark Mills à Clearwater (Floride).).

Cette voile connut ses heures de gloire dans la marine fluviale: simple à mettre en œuvre, elle était adaptée aux mâts rabattables ou amovibles de diverses embarcations, comme les chalands, les barges et certaines péniches. Parmi les embarcations ayant porté ce gréement à la perfection, nous comptons les barges de la Tamise (La Tamise (en anglais River Thames) est un fleuve traversant l'Angleterre méridionale et reliant Londres à la mer du Nord.) dont certains exemplaires naviguent encore aujourd'hui à la plaisance, tandis que d'autres sommeillent dans un musée.

Assez peu répandue aujourd'hui, ce type de voile sut séduire au point d'équiper tous les Optimist depuis 1947.

Voile à corne

Voile à corne
Voile à corne
Voiles à corne sur ce bateau traditionnel hollandais.
Voiles à corne sur ce bateau traditionnel hollandais.

Cette voile est aussi appelée voile aurique. Évolution de la voile au tiers, elle augmente encore les performances en ramenant toute la surface en arrière du mât, libérant la partie avant de celui-ci pour l'installation d'une trinquette (Voile d'avant dans un voilier, triangulaire et associée au système complet des focs. La trinquette est le petit foc le plus près du mât et permet d'augmenter l'écoulement laminaire de la grand'voile. En...) et de focs. La forme de la voile la rend peu efficace au plus près du vent mais permet cependant de porter une grande surface de toile pour un mât court.

Quand la corne est presque droite (25 à 30° du mât), on l'appelle voile houari.

Dans la partie supérieure peut être gréé la " flèche ", ce qui permet d'augmenter la voilure notamment par petit temps…

Elle équipe nombre de vieux gréements de travail comme les cotres, les dundees thoniers, les coquilliers…

Des reconstitutions de navires militaires de petit tonnage comme le Renard (cotre corsaire) ou la goélette (Une goélette (ou anciennement goëlette) est un voilier dont le mât de misaine, placé à l'avant du grand mât, est plus court que ce dernier ou de taille égale...) Recouvrance mettent en évidence son utilisation sur ces unités vouées à la rapidité.

Voile houari

Voile houari
Flotte de L-boote gréement houari
Flotte de L-boote gréement houari

C'est une voile à corne dont le pic s'approche d'environ 25 à 30 degrés de la verticale ; il ne permet pas l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de la voile de flèche (Flech). Ce mode de gréement précède le type " Marconi ". On le retrouve au début du XXe siècle en France, dans le nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) Finistère, en particulier sur nombre de cotres de pêche de la baie de Morlaix, ex. : Jeanne d'Arc lancé en 1909. L'avantage de ce gréement simple à mettre en œuvre, est une certaine légèreté, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en maintenant une surface de toile importante propice à la vitesse (Les premiers arrivés au port obtenaient le prix le plus élevé pour leur pêche, question de fraîcheur aussi).

Voile bermudienne

Voile bermudienne
Cat-boats à voiles bermudiennes.
Cat-boats à voiles bermudiennes.

C'est une déclinaison du système de voile dit " marconi " en référence au gréement généralement nécessaire pour la supporter. C'est actuellement la voile la plus répandue en plaisance du fait de son excellence et de l'aisance que l'on a à la manier. C'est une évolution d'une version antérieure en deux pièces: elle comportait deux voiles, la grand-voile (à corne) et une voile appelée la " flèche ", frappée sur la corne et hissée au mât. (Dans l'histoire, le système Marconi a lui-même succédé au Houari pour des raisons de gain de vitesse car permettant de déployer plus de toile). Le gréement bermudien se passe de la corne tout en essayant de maintenir une surface de toile maximale. On trouve maintenant des voiles entièrement lattées et dont le rond de chute est plus important.

Les différents focs

Cette voile d'avant (et ses déclinaisons en voiles d'étai) est retenue (endraillée) par un câble (souvent un étai) sur son envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou planeur).). Elle est amurée à l'avant sur le pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette séparation. Le franchissement...), le bout-dehors (Sur un bateau, espar fixe ou rétractable pointant à l'avant du bateau. Utilisé depuis longtemps sur les voiliers anciens, il est de nouveau utilisé de plus en plus sur les voiliers modernes. Aujourd'hui...) ou le beaupré. Elle est intéressante à deux titres : d'une part, sa forme très aérodynamique (L'aérodynamique est une branche de la dynamique des fluides qui porte sur la compréhension et l'analyse des écoulements d'air, ainsi qu'éventuellement sur leurs effets sur des éléments solides...) (car non retenue par un espar (Sur un bateau à voiles, un espar désigne tout ce qui tient les voiles. On peut citer les différents mâts, le bout-dehors, la queue de malet...) rigide) la rend très efficace et, d'autre part, comme elle peut être bordée très plat, elle permet, aux allures de près, de bien remonter au vent.

Sur les voiliers anciens, on pouvait en avoir cinq ou six qui portaient les noms de : trinquette, petit foc (Le foc est le nom donné à la première voile d'avant triangulaire endraillée d'un voilier. Un grand foc s'appelle aussi génois. Le plus petit foc (pour le mauvais temps) est appellé "tourmentin".), grand foc, foc volant, faux foc, clin-foc. De même, des voiles similaires étaient gréées entre les mâts, les voiles d'étai, qui favorisaient la remontée au vent des voiliers à gréement carré (Un carré est un polygone régulier à quatre côtés. Cela signifie que ses quatre côtés ont la même longueur et ses quatre angles la même...).

Sur les voiliers de plaisance modernes, le foc est souvent devenu la plus grande voile du système propulsif. Un voilier de plaisance traditionnel en avait trois ou plus: génois (Sur un voilier, le génois est une des voiles qui peut être installée à l'avant du mât : il est alors le pendant de la grand-voile sur un sloop à...), inter, foc no 1, foc no 2 et le tourmentin (Le tourmentin est un foc de tempête.) qui servait pendant les forts coups de vent à assurer le maintien du bateau dans le vent et le garder manœuvrant. Le grammage du tissu va de pair avec sa dimension.

Maintenant les génois sont souvent pris sur un enrouleur (Sur un voilier un enrouleur est un dispositif permettant d'enrouler une voile soit pour la ranger (elle est alors complètement enroulée) soit pour en réduire la surface afin de l'adapter à la force du vent.) qui sécurise les réductions de voilure. Les spinnakers ou " focs ballons " sont des très grandes voiles légères utilisées aux allures portantes. Les " tri-radials " ou gennakers sont des intermédiaires, se portant comme un génois mais d'une très grande surface.

Noms des différentes voiles

La voile située à l'arrière du mât est nommée grand-voile. Elle peut être à corne ou bermudienne. Dans un gréement classique, les voiles situées à l'avant du mât sont nommées focs. Elles sont nommées selon leur taille et leur coupe (de la plus petite à la plus grande) : tourmentin, yankee, foc, foc ou génois inter, génois et enfin le code0. On parlera plutôt de génois quand il y a un recouvrement (Un recouvrement d'un ensemble X est un ensemble P de sous-ensembles non vides de X tel que l'union de ces sous-ensembles soit égal à X. Autrement dit P est un recouvrement...) de la voile d'avant sur la grand-voile.

Quand plusieurs voiles sont associées en avant du mât on parle de trinquette pour la première, de focs pour les suivantes.

La voile ronde légère et généralement colorée utilisée par vent venant de l'arrière est nommée spinnaker ou spi. Il en existe deux types: les symétriques et les asymétriques. Elle dérive du " foc ballon " qui était utilisé dans les mêmes conditions de navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :), mais avec une manœuvrabilité et une efficacité moindres.

Fabrication

Les voiles à l'ancienne sont fabriquées en forte toile de coton et sont formées de plusieurs largeurs ou laizes cousues côte à côte. Pour la consolider, on la munit d'un ourlet (ou gaine) renforcé par un cordage appelé ralingue. Les cosses aux points hauts,bas, intérieurs et extérieurs, servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) à recevoir les cordages ou manœuvres courantes destinées à établir la voile elle-même.

Pour les rendre résistantes aux moisissures, intempéries et UV, elles sont régulièrement passées dans un bain chaud appelé tannée ou cachoutage : le traitement est obtenu par décoction de poudres riches en tanin, le meilleur produit étant le cachou, issu d'un arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les...) exotique. Elles ressortent colorées de tons allant du brun-rouge au marron-noir ; frottées afin de bien les imprégner, elles sont ensuite trempées dans l'eau de mer (L'eau de mer est l'eau salée des mers et des océans de la Terre.), le sel agissant comme fixateur. Elles sont ensuite gréées sur le navire où elles sèchent au vent. C'est parti pour environ un an...

Les voiles modernes sont constituées de fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) synthétiques. Les voiles grand public sont en majorité fabriquées en polyester (ou dacron). Les voiles constituées de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.), Mylar ou de kevlar sont utilisées pour les compétitions. Ces fibres permettent de diminuer le poids des voiles tout en augmentant leur rigidité mais elles sont peu résistantes aux UV qui affaiblissent leur souplesse et leur solidité.

Montages

Voiliers modernes

Sur les voiliers modernes les voiles d'avant sont fréquemment installées sur un enrouleur (ou à emmagasineur) c'est-à-dire qu'elles s'enroulent autour d'un tube pour diminuer leur surface exposée. Ce système permet de réduire considérablement le nombre de voiles nécessaires, et de manœuvres pour les gréer.

Grâce à ce dispositif, on n'utilise plus qu'une seule voile d'avant au lieu des 4 ou 5 précédentes : génois, inter, foc, trinquette, tourmentin. Il est à noter qu'une voile ainsi réduite est moins efficace qu'une voile entière de surface équivalente. En effet, le centre de voilure se retrouve plus haut et, de plus, la coupe obtenue n'est pas optimale.

Un système approchant existe aussi pour la grand-voile qui s'enroule cette fois à l'intérieur de la bôme ou du mât, permettant de réduire la toile.

Ces matériels permettent de remplacer mécaniquement l'opération de diminution de toile sur une voile classique qui se nomme prendre un ris. Le problème est la propension de ces systèmes à se coincer, du fait d'un enroulement (Un enroulement en électrotechnique est un conducteur électrique isolé bobiné (enroulé autour d'un support). Cet enroulement peut n'être constitué que d'une seule spire (tour du support), comme aussi bien de...) défectueux ou de l'action oxydante des sels marins.

La voile utilisée de cette manière est soumise à une usure plus rapide que la voile manœuvrée de manière classique : plus de frottements, de mauvaises tensions, accumulation d'une humidité (L'humidité est la présence d'eau ou de vapeur d'eau dans l'air ou dans une substance (linge, pain, produit chimique, etc.).) résiduelle, macération due aux sels marins...

Voiliers traditionnels

Sur les voiliers traditionnels, compte tenu des qualités très différentes des tissus employés avant l'arrivée des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) synthétiques, les voiles sont généralement " enverguées " c'est-à-dire fixées en partie haute et/ou basse sur un espar (en bois ou en métal) appelé vergue et qui sert à la déployer.

Dans les voiliers à gréement carré, la vergue étant retenue par le milieu, ses deux extrémités sont dirigées par des bras (bras au vent et bras sous le vent) et les deux angles inférieurs de la voile par des écoutes (sous le vent) et des amures (au vent) qui servent à brasser (régler l'incidence par rapport au vent) la voilure.

Jusqu'au 19ème siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...), les voiles étaient réduites ou ferlées (repliées) par un grand nombre de gabiers (matelots) qui devaient remonter à la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet....) des surfaces importantes de tissu lourd, souvent mouillé, voire gelé ce qui était très difficile et dangereux. Au cours du temps, avec l'augmentation des tonnages des navires et la nécessité d'améliorer la vie (La vie est le nom donné :) à bord des marins, on a progressivement de plus en plus divisé les surfaces de voile en augmentant le nombre de vergues, notamment sur les basses voiles, les plus grandes, et on a pu simplifier les opérations de réduction en installant des " cargues ", cordages qui servent à retrousser les voiles depuis le pont. On les appelle " cargue-point ", " cargue-fond " ou " cargue-bouline " selon le point d'attache sur la voile.

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