Architecture aux États-Unis
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Les États-Unis d'Amérique ont une histoire relativement récente et les Amérindiens n'ont pas laissé de bâtiments aussi spectaculaires qu'au Mexique ou au Pérou. C'est pourquoi l'architecture américaine est marquée par la modernité et l'on pense spontanément aux gratte-ciel (Un gratte-ciel (calque de l'anglais skyscraper) est un immeuble de très grande hauteur. Il n'existe pas de définition officielle ni de hauteur minimale à partir de laquelle on pourrait qualifier un immeuble de...) du XXe siècle comme symboles de cette modernité. Compte tenu de l'originalité du peuplement américain, il faut s'interroger sur le caractère spécifique de l'art du pays : existe-t-il une architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) spécifiquement américaine ? Ou bien n'est-elle que la pâle copie de traditions européennes ? L’architecture aux États-Unis est diverse selon les régions et s'est construite grâce aux apports extérieurs, qui n'ont pas été uniquement anglais. Il semble que cette architecture soit marquée par l'éclectisme, ce qui ne peut surprendre dans une société multiculturelle.

Chrysler Building (à gauche) et Empire State Building (à droite), New York, 1929-1931, Art déco
Chrysler Building (Le Chrysler Building est l'un des gratte-ciels les plus célèbres de New York. Il est situé à l'intersection de la Lexington Avenue et de la 42e rue, dans le quartier de Midtown, à Manhattan. Le Chrysler...) (à gauche) et Empire State Building (L’Empire State Building est un gratte-ciel de style Art déco situé sur l’île de Manhattan, à New York. Il est situé dans le quartier de Midtown au 350 de la 5e Avenue, entre les 33e et 34e rues. Inauguré le 1er mai 1931, il...) (à droite), New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule...), 1929-1931, Art déco

L'architecture des Amérindiens sur le territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres...) actuel des États-Unis

Mesa Verde, Colorado, architecture amérindienne
Mesa Verde, Colorado, architecture amérindienne

Les exemples d'architecture les plus anciens aux États-Unis se répartissent en deux foyers principaux : la première est la moitié orientale, où l'on trouve des témoignages très anciens de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de...) des Mound Builders qui construisaient des tertres zoomorphes et des pyramides de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus...) pour enterrer leurs morts. Le sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) est la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle plan....) région qui abritait des civilisations disparues au moment où Christophe Colomb " découvre " l'Amérique : les sites archéologiques les plus connus viennent de la culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) Anasazi, Mesa Verde (Colorado) et Aztec Ruins National Monument (Nouveau-Mexique).

L'architecture coloniale (XVIe - XVIIIe siècle)

Taos, Nouveau-Mexique. Un exemple de construction adobe des indiens pueblos
Taos, Nouveau-Mexique. Un exemple de construction adobe des indiens pueblos

Lorsque les Européens s'installent en Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique; et à l'est,...) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), ils apportent avec eux leurs traditions architecturales et leurs techniques de construction. L'architecture coloniale est évidemment soumise aux influences occidentales. La construction est alors dépendante des matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) disponibles sur place : le bois et la brique sont les éléments omniprésents des édifices anglais de la Nouvelle-Angleterre. Elle est aussi liée à la logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison, langage, et raisonnement) est dans une première approche l'étude...) de colonisation qui donne lieu à une appropriation politique de l'espace par la métropole (Une métropole (du grec mêtêr, mère, et polis, ville) est la ville principale d'une région géographique ou d'un pays, qui à la tête d'une aire urbaine importante, par sa grande population et par ses...) (palais du gouverneur, forts). La marque de la domination européenne est aussi économique (douanes, plantations, entrepôts) et religieuse (églises, temples protestants, missions franciscaines et jésuites).

L'influence hispanique dans le sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.)

L'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) espagnole du sud-ouest américain commence dans les années 1540. Le conquistador Francisco Vásquez de Coronado parcourt cette région aride à la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) des mythiques cités d'or des indiens Pueblos. Ces derniers édifient des maisons en adobe (une brique de terre crue (Terre crue est le terme utilisé pour désigner la terre, utilisée avec le moins de transformations possible en tant que matériau de construction. Le terme terre crue permet surtout de marquer la différence avec la terre...) séchée au soleil). Elles tiennent grâce à des poutres en bois apparentes. Leur forme cubique et leur enchevêtrement donnent aux villages cet aspect si singulier qui sera repris par la suite par les Américains (style pueblo)[1]. On imagine la déception du conquistador devant ces modestes constructions sans ornementation, mais à l'abri desquelles la température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud, provenant du transfert...) reste constante et fraîche. Les Espagnols ont finalement conquis ces villages et ont fait de Santa Fe la capitale (Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs, ou une ville ayant une prééminence dans un domaine social,...) administrative de la région en 1609. Le palais des gouverneurs est construit entre 1610 et 1614 en mêlant les influences indiennes (adobe) et espagnoles (grilles en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique...) forgé)[1]. La bâtisse est longue et possède un patio (Un patio est une cour intérieure à ciel ouvert à plan de base carré, dont l’origine remonte à l'atrium des villas de la Rome antique.). La chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.) San Miguel de Santa Fe date de 1610 et emploie la technique de l'adobe qui donne à cet édifice religieux une massivité et une austérité frappantes.

Mission San Xavier del Bac, Arizona, XVIIIe siècle
Mission San Xavier del Bac, Arizona, XVIIIe siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée...)

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les Espagnols fondent une série de forts (presidios) de l'actuelle Los Angeles (Los Angeles est une ville des États-Unis située au sud de la Californie, sur la côte pacifique. Les Américains l'appellent souvent par son diminutif L.A. prononcé « él ey ». Cette ville est le chef-lieu du...) à l'actuelle San Francisco. Ils créent un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit...) de missions dans la région du sud-ouest. La plus célèbre est sans doute celle de San Antonio au Texas (Fort Alamo). Celle d'Isleta Pueblo au Nouveau-Mexique possède une église (L'église peut être :) en adobe, avec une nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend...) rectangulaire, des contreforts extérieurs, deux clochers symétriques et sans ornementation[2]. La Mission San Xavier del Bac en Arizona est un bon exemple du style churrigueresque en vogue dans le reste de l'Amérique latine. La façade est encadrée par deux tours massives et le portail est rythmé par des estipites, colonnes ouvragées qui ne servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) que d'ornementation.

La domination espagnole concerne également la Floride de manière discontinue de 1559 à 1821. Ici, le conch style connut un certain succès à Pensacola par exemple. Il s'agit d'orner les maisons avec des balcons en fer forgé ; on retrouve cette tendance dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Les Espagnols construisirent aussi des forts comme ceux de Pensacola et de St. Augustine (Castillo de San Marcos National Monument), qui demeurent les rares vestiges architecturaux du XVIIe siècle aux États-Unis.

L'influence anglaise sur la côte est

Le Vieux Capitole du Massachusetts à Boston, 1713, style géorgien
Le Vieux Capitole du Massachusetts à Boston, 1713, style géorgien

L'architecture coloniale des 13 colonies est marquée par le modèle anglais. Mais les différences climatiques et religieuses introduisent des éléments américains. En Nouvelle-Angleterre, dans la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) du pasteur Capen à Topsfield (Massachusetts, 1683), la position centrale de la cheminée (Une cheminée (lat. caminus) est un conduit vertical aménagé dans un bâtiment, (un véhicule), pour évacuer les gaz et...) répond au besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les besoins...) de chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.)[3]. Elle est couverte de bardeaux et utilise le bois pour la charpente, deux traits spécifiquement américains. Le puritanisme impose des lieux de culte simples et sobres, dégagés de toute ornementation ostentatoire : les meeting houses (maison de réunion) font office de temple mais aussi de lieu de sociabilité[4]. Dans la Old Ship Meeting House d'Hingham (Massachusetts, 1681), la chaire est placée au centre et la charpente est laissée volontairement visible et nue.

Au XVIIIe siècle se développent le style géorgien et le palladianisme à partir de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations...) de Williamsburg en Virginie. Le palais du gouverneur, édifié en 1706-1720, est précédé d'un vaste pignon d'entrée et surmonté d'un lanternon posé sur une plate-forme à balustrade (Une balustrade, dans le domaine des éléments d'architecture, est une rangée de balustres fixés entre un socle, et une tablette formant appui, et constituant un...)[5]. Il respecte le principe de symétrie. Il associe des matériaux que l'on retrouve en Nouvelle-Angleterre : la brique rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.), le bois peint en blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux continu, d'où l'image que l'on en donne...) et l'ardoise (L'ardoise est une roche métamorphique qui s'est formée dans de fortes conditions de pression et de température. Elle appartient à la famille des schistes dont elle se distingue par la qualité de son...) bleue pour le toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les...) à double pente. Il sert de modèle aux demeures des planteurs et des riches marchands de la côte atlantique (voir ci-dessous " maisons aristocratiques américaines ").

Dans l'architecture religieuse, les éléments communs sont l'utilisation de la brique, parfois du stuc (Le stuc est un mélange de chaux et de plâtre. Les charges peuvent être le sable ou la poudre de marbre. On y trouve aussi des colles animales ou végétales, éventuellement armées de cheveux ou de treillis.) imitant la pierre et d'une flèche unique qui surmonte l'entrée : l'église Saint Michael de Charleston (1761) ou celle de Saint Paul's Chapel of Trinity de New (NeWS est un système de fenêtrage conçu par James Gosling (qui a contribué à Java) et introduit par Sun Microsystems à la fin des années 1980 n'a pas connu de...) York (1766) en sont une bonne illustration. Les architectes de cette période sont fortement influencés par les canons du Vieux Monde (Le mot monde peut désigner :). Peter Harrison (Peter Harrison est un architecte américain) (1716-1755) rapporte de ses voyages des techniques européennes qu'il applique dans l'État de Rhode Island : entre 1748 et 1761, il construit la bibliothèque Redwood et le marché de Newport. Boston et Salem sont les deux principales villes où le style anglais se manifeste, mais un style épuré et adapté au mode de vie (La vie est le nom donné :) américain. L'architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être...) Charles Bulfinch (Charles Bulfinch est un architecte américain, (Boston, Massachusetts 8 août 1763 - id. 15 avril 1830).) dote la Massachusetts State House en 1795-1798 d'un dôme () doré original. Il travaille à la construction de plusieurs maisons du quartier de Beacon Hill et de Louisburg Square dans sa ville natale de Boston[6].

L'architecture publique de la jeune nation (XIXe siècle)

Federal Hall, années 1830, New York, style néogrec
Federal Hall, années 1830, New York, style néogrec

En 1776, les membres du Congrès déclarent l'indépendance des 13 colonies américaines. Le traité de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la...) (1783) reconnaît l'existence d'un nouveau pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...) républicain, les États-Unis d'Amérique. S'il y a rupture avec le Royaume-Uni sur le plan politique, les influences anglaises continuent de marquer les édifices construits dans cette partie du Nouveau-Monde. Les commandes publiques, philanthropiques et commerciales se développent en parallèle avec la croissance démographique et l'extension territoriale. Les édifices des nouvelles institutions fédérales et judiciaires adoptent le vocabulaire classique (colonnes, dôme et fronton), en référence à l'Antiquité gréco-romaine. Les publications concernant l'architecture se multiplient : en 1797, Asher Benjamin (Asher Benjamin est un architecte américain, (1773-1845) né à Greenfield dans le Massachusetts. Il est l'un des représentants du style Greek Revival en Amérique.) publie The Country Builder's Assistant[7]. Les Américains cherchent à affirmer leur indépendance dans tous les domaines : politique, économique mais aussi culturel, avec la fondation d'universités et de musées. C'est à la fin du XIXe siècle que cette indépendance et ce dynamisme s'expriment le mieux.

La vision de Thomas Jefferson : architecture, république et démocratie

La rotonde de l'université de Virginie, dessinée par Thomas Jefferson, 1817, style palladien
La rotonde de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) de Virginie, dessinée par Thomas Jefferson (Thomas Jefferson, né le 13 avril 1743 à Shadwell et mort le 4 juillet 1826 à Monticello, était le troisième président des États-Unis d'Amérique de 1801 à 1809. Cet homme d'État était également...), 1817, style palladien

Thomas Jefferson, qui fut président des États-Unis entre 1801 et 1809, a manifesté de l'intérêt pour plusieurs domaines dont l'architecture. Ayant séjourné à plusieurs reprises en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...), il souhaite appliquer la syntaxe formelle du palladianisme et de l'Antiquité à des édifices publics et privés, en ville et à la campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville,...). Il contribua à ce titre au plan de l'université de Virginie, construite à partir de 1817. Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...), complété par Benjamin Latrobe (Benjamin Latrobe (1764-1820) était un architecte britannique émigré aux États-Unis en 1795. Il construisit en style néoclassique. Il fut l'élève de John Smeaton.), lui permet d'appliquer ses conceptions architecturales. La bibliothèque universitaire est située sous une rotonde coiffée d'un dôme qui s'inspire du Panthéon de Rome[8]. L'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être...) présente une grande homogénéité grâce à l'utilisation de la brique et du bois peint en blanc. Pour le Capitole de Richmond en Virginie (1785-1796), Jefferson a pris le parti d'imiter la Maison Carrée de Nîmes, mais en choisissant l'ordre ionique (L'ordre ionique (appelé également colonne ionique) se caractérise notamment par son chapiteau à volutes, par son fût orné de 24 cannelures et par sa base moulurée.) pour ses colonnes. Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un...) des Lumières, Thomas Jefferson a participé à l'émancipation de l'architecture du Nouveau Monde (Le Nouveau Monde est un terme désignant le continent américain ainsi que l'Océanie, notamment l'Australie. Il fut utilisé au XVIe siècle à...) en imposant sa vision d'un art au service de la démocratie[9]. Il contribua à développer le style fédéral dans son pays et à adapter l'architecture néoclassique (L'Architecture néoclassique est une période architecturale procédant du néoclassicisme de la seconde moitié du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Succédant à...) européenne aux valeurs républicaines nées de la Révolution américaine.

Le style néogrec

Le capitole de Columbus (Ohio), 1861, Henry Walters, style néoclassique
Le capitole de Columbus (Ohio), 1861, Henry Walters, style néoclassique

Le style néogrec, qui s'inscrit dans le courant néoclassique, exerce un véritable attrait sur les architectes travaillant aux États-Unis dans la première moitié du XIXe siècle. La jeune nation, affranchie de la tutelle britannique, est persuadée d'être la nouvelle Athènes, c'est-à-dire un foyer de la démocratie. La constitution, rédigée en 1787, donne naissance à de nouvelles institutions qui nécessitent des bâtiments et imposent les principes de souveraineté nationale et de séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans plusieurs domaines :) des pouvoirs. L'architecture officielle et même civile ou religieuse (ce qui constitue l'originalité des États-Unis), reflète cette vision et prend pour modèle les édifices de l'Acropole ( Acropole (citadelle) Acropole (Athènes) en Grèce. ACROPOL est le système de communications radio de la Police nationale française depuis 1994 La Nouvelle Acropole est une association culturelle d'origine...). Les Propylées sont reproduits à une autre échelle au-devant des maisons dans les campagnes de la côte orientale. Benjamin Latrobe (1764-1820) et ses élèves William Strickland (William Strickland (1788-1854) était un architecte américain. Il fut l'élève de Benjamin Latrobe et construisit en style néogrec.) (1788-1854) et Robert Mills ( Robert Mills (1781-1855), architecte américain ; Robert Mills (1927-1999), physicien théoricien américain ; Robert Mills (né en 1941), homme politique...) (1781-1855) obtiennent des commandes pour construire des banques et des églises dans les grandes villes (Philadelphie, Baltimore et Washington DC). Surtout, les capitoles des États fédérés adoptent le type néogrec comme en Caroline du Nord (Capitole de Raleigh, reconstruit en 1833-1840 après un incendie) ou dans l'Indiana (capitole d'Indianapolis). Un des exemples les plus tardifs de cette tendance est le capitole de Columbus dans l'Ohio, dessiné par Henry Walters et achevé en 1861. La façade sobre, la corniche (Une corniche est un couronnement continu en saillie d'un élément, d'un meuble (armoire par exemple) ou d'une construction. La corniche est le plus souvent horizontale, mais peut être également en pente si elle se...) continue et l'absence de dôme donnent une impression d'austérité et de grandeur à l'édifice. Il présente un plan symétrique et abrite la cour suprême et une bibliothèque.

L'architecture officielle à Washington, DC

La capitale fédérale des États-Unis est un bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances,...) exemple d'urbanisme (L’urbanisme est à la fois un champ disciplinaire et un champ professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de...) homogène : le plan d'ensemble fut imaginé par le Français Pierre Charles L'Enfant. Cet idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde l'étude de la divisibilité pour les entiers. Il est...) de ville monumentale et néoclassique est repris par les tenants du mouvement City Beautiful (Le City Beautiful est un mouvement architectural et urbanistique qui se développa dans les années 1890 et 1900 en Amérique du Nord. La recherche de la beauté dans une finalité sociale et civique anime...). Plusieurs villes voulurent appliquer ce concept, qui s'inscrit dans la tendance des Beaux-Arts, mais Washington DC semble le plus abouti d'entre tous. La Maison Blanche (La Maison Blanche (White House en anglais) est la résidence officielle et le bureau du président des États-Unis. Elle se situe au 1600, Pennsylvania avenue NW à Washington,...) a été construite après la création du Washington, DC par la loi du Congrès de décembre 1790. Après un concours, James Hoban, un Américain d'origine irlandaise, fut choisi et la construction commença en octobre 1792. Le bâtiment qu'il a conçu a été calqué sur les premier et deuxième étages de Leinster House, un palais ducal de Dublin en Irlande et qui est maintenant le siège du parlement irlandais. Mais pendant la guerre de 1812, une grande partie de la ville brûla, et la Maison Blanche fut ravagée. Seuls les murs extérieurs restèrent debout, mais elle fut reconstruite. Les murs furent peints en blanc pour masquer les dégâts causés par la fumée (La fumée, parfois appelée boucane en Amérique du Nord, est un nuage de particules solides émis par un feu ou un échauffement mécanique. Ces particules sont...). Au début du XXe siècle, deux nouvelles ailes furent ajoutées pour faire face au développement du gouvernement. Le capitole des États-Unis d'Amérique a été construit par étapes successives à partir de 1792. Peu après la fin de la construction, il est partiellement brûlé par les Britanniques durant la Guerre de 1812. Sa reconstruction débute en 1815 pour ne se terminer qu'en 1830. Durant les années 1850, le bâtiment fut agrandi de manière importante par Thomas U. Walter. En 1863, une imposante statue, Freedom, fut placée au sommet du dôme. Le Washington Monument est un mémorial en forme d'obélisque érigé en l'honneur de George Washington, le premier président américain. C'est Robert Mills qui a fait les plans originaux en 1838. On peut apercevoir une différence de couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) vers le bas, c'est parce que sa construction a été arrêtée à cause du manque d'argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.). D'une hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) d'environ 170 mètres, il a été achevé en 1884 et ouvert au public en 1888.

Le Lincoln Memorial (1915-1922) est un autre monument de la même série : d'un marbre (Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (veines et coloris sont dus à des inclusions d'oxydes...) et d'un calcaire blancs, le bâtiment reprend la forme d'un temple grec de l'ordre dorique (L'ordre dorique est le plus simple, le plus dépouillé des trois ordres grecs. Les colonnes doriques se caractérisent notamment par leur chapiteau à échine plate (nue, sans décors), par leur fût...) sans fronton[10]. Son architecte, Henry Bacon (Henry Bacon (1866 – 1924) est un architecte américain qui travailla sur le Lincoln Memorial à Washington DC.), formé aux idées des Beaux-Arts, voulut que les 36 colonnes du monument représentent chacun des 36 États de l'Union à la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les organismes...) de Lincoln.

Enfin, le Jefferson Memorial est le dernier grand monument construit dans la tradition des Beaux-Arts, dans les années 1940. Son architecte, John Russell Pope (John Russell Pope (14 avril 1874 - 27 août 1937) était un architecte américain.), voulut mettre en relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la forme de la surface de la Terre.) le goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) de Jefferson pour les bâtiments romains. C'est pourquoi il décida d'imiter le panthéon de Rome et de doter l'édifice d'un dôme spectaculaire, qui s'élève à 39 mètres au-dessus du sol. Il fut sévèrement critiqué par les partisans du style international.

Le retour des formes médiévales

Façade néogothique de la cathédrale Saint-Patrick, New York, (1885-1888), James Renwick Jr.
Façade néogothique de la cathédrale (Une cathédrale est, à l'origine, une église chrétienne où se trouve le siège de l'évêque (la cathèdre) ayant en charge un diocèse. Toutefois, il existe...) Saint-Patrick, New York, (1885-1888), James Renwick Jr (James Renwick Jr (1818-1895) était un architecte américain. Il construisit plusieurs bâtiments en style néogothique.).

Le goût pour le gothique n'a jamais totalement disparu, que ce soit en Europe ou en Amérique. Il n'y a qu'à voir les différentes églises qui sortent de terre au XVIIIe et au XIXe siècle au gré de la croissance démographique. À partir des années 1840, le style néogothique tend à s'imposer aux États-Unis, sous l'impulsion d'Andrew Jackson Downing (1815-1852)[11]. Il s'épanouit dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de...) de réaction au classicisme et de développement du romantisme. Il se caractérise par un retour au décor médiéval (cheminées, pignons, tours à créneaux, fenêtres en ogive, gargouilles, vitraux...) et à l'utilisation de toits à forte pente. Les édifices adoptent un plan complexe (En mathématiques, le plan complexe (encore appelé plan de Cauchy) désigne un plan dont chaque point est la représentation graphique d'un nombre...) qui s'écarte de la symétrie et de la rigueur néoclassique. Mais le néogothique fut aussi utilisé pour la construction des universités (Harvard) et des églises. Richard Upjohn (Richard Upjohn (1802-1878) était un architecte américain. Il construisit plusieurs bâtiment en style néogothique.) (1802-1878) se spécialise dans les églises rurales du nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) mais son œuvre majeure reste Trinity Church à New York. Son architecture en grès rouge fait référence au XIVe siècle européen[11], mais se trouve aujourd'hui noyée au milieu des immenses gratte-ciel de Manhattan (Manhattan est l'une des cinq circonscriptions (borough) de la ville de New York (les quatre autres étant The Bronx, Queens, Brooklyn et Staten Island). La...).

Université de Princeton, New Jersey, style néogothique
Université de Princeton, New Jersey (Jersey est la plus grande des îles Anglo-Normandes, dont la capitale est Saint-Hélier. Sa superficie est de 118,2 km2 et elle est...), style néogothique

Toujours à New York, c'est à James Renwick Jr que l'on doit la cathédrale Saint-Patrick, synthèse élégante des cathédrales de Reims et de Cologne. Le projet lui fut confié en 1858 mais complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à l'utilisateur de limiter la...) achevé par l'élévation des deux flèches en façade en 1888. L'utilisation de matériaux plus légers que la pierre permet de se passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) d'arc-boutants et contreforts extérieurs.

Renwick illustra aussi son talent à Washington DC avec la construction de la Smithsonian Institution. Mais ses détracteurs lui reprochent d'avoir rompu l'harmonie architecturale de la capitale en édifiant un ensemble hétéroclite (emprunts byzantins, romans, lombards et ajouts personnels) en brique rouge.

Le succès du néogothique se prolongea jusqu'au début du XXe siècle dans de nombreux gratte-ciel, notamment à Chicago (Chicago est une mégapole des États-Unis, située dans la partie nord du Middle West, à 1 280 kilomètres à l'ouest de New York et à plus de 3 200 kilomètres au nord-est de Los...) et New York.

Tendance à l'éclectisme et influence de l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs disciplines respectives...) des Beaux-Arts (1860-1914)

L'éclectisme est une tendance en architecture qui se manifeste en Occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au...) entre les années 1860 et la Première Guerre mondiale. Elle consiste à mélanger des éléments différents empruntés à des traditions hétéroclites. Elle se distingue du néoclassique qui construisait des bâtiments homogènes d'inspiration unique (antiquité gréco-romaine). L'Académie des Beaux-Arts de Paris met en application les préceptes de l'éclectisme et influence plusieurs architectes américains : Les églises ont aussi retenu l'attention des architectes. Formés à l'école des Beaux-Arts de Paris, les grands architectes américains appliquent à la lettre les principes qu'ils ont appris en France : plans symétriques, bâtiments grandioses et monumentaux, richesse de la décoration et grandes baies en demi-cercle. Le décor classique est appliqué à des édifices complètement nouveaux comme les gares.

L'église de la Trinité (Trinity Church) de Boston compte parmi les édifices les plus remarquables de cette époque. Adoptant un plan centré, l'architecte Henry Hobson Richardson empile plusieurs volumes pour donner à l'ensemble une configuration pyramidale. Il utilise différents matériaux, comme le grès et le granit[12]. Les arcs en plein cintre qui encadrent les vitraux sont typiques du néoroman. La ville de New York est, avec Washington DC, le principal champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) d'application du style Beaux-Arts : il est incarné dans la bibliothèque publique (New York Public Library), le campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou d'une école située hors d'une...) de l'université Columbia, le Metropolitan Museum of Art, l'American Museum of Natural (Natural est un langage de programmation semi-compilé, édité par la société allemande Software AG.) History et le musée de Brooklyn. Grand Central Terminal, la plus grande gare (Une gare est d'ordinaire un lieu d'arrêt des trains. Une gare comprend diverses installations qui ont une double fonction :) de Manhattan, est guidé par le même esprit et achevée en 1913. Sa façade monumentale est rythmée par les colonnes et les grandes baies en plein cintre.

John Augustus Roebling, le pont de Brooklyn, New York, construit en 1867-1883, style néogothique
John Augustus Roebling, le pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en...) de Brooklyn, New York, construit en 1867-1883, style néogothique

Le Pont de Brooklyn est emblématique de l'éclectisme et de la ville de New York. Il donne l'image positive du progrès en marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position debout et en ayant...) et il peut être comparé à la tour Eiffel (La tour Eiffel, initialement nommée tour de 300 mètres, est une tour de fer puddlé construite par Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour l'Exposition universelle...)[13], car il est l'œuvre d'un ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la...), John Augustus Roebling et parce qu'il a été critiqué par une partie des contemporains. Les arcs en ogive rappellent la tendance historiciste, mais les câbles en acier (L’acier est un alliage métallique utilisé dans les domaines de la construction métallique (voir aussi l’article sur la théorie du soudage de l’acier) et de la construction...) ainsi que la performance technique (480 mètres de portée, une des constructions les plus hautes de la ville à la fin du XIXe siècle) en font un édifice résolument moderne. À partir des années 1920, le style Beaux-Arts est concurrencé par la tendance Art Déco malgré les œuvres de Paul Cret (Paul Cret (1876 - 1945) est un architecte français. Diplômé des Beaux-Arts, il émigre aux États-Unis en 1903. Il devient professeur de design à l'université de...) (Detroit Institute of Arts, 1927) et de Bertram Grosvenor Goodhue (Bertram Grosvenor Goodhue (1869-1924) est un architecte américain.) (Rockefeller Memorial Chapel, 1928 ; capitole du Nebraska, 1919-1932). Les formes néoclassiques se raidissent mais continuent d'exister dans la capitale fédérale. La National Gallery (Gallery est un moteur de recherche sur téléphone mobile qui permet d'avoir accès à de très nombreux sites spécialement adaptés aux téléphones mobiles.) of Art s'inspire encore du Panthéon de Rome et se trouve achevée en 1940, sur les plans de John Russell Pope.

L'architecture domestique

Maisons aristocratiques rurales

Elles se développent sur la côte orientale où les riches propriétaires et les planteurs se font construire des demeures somptueuses et confortables dès le XVIIe siècle, qui cherchent à imiter les demeures anglaises.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles

La diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit, d'une information), voire de « vaporisation » (diffuseur d'un...) des traités d'architecture dans l'aristocratie coloniale permet au style géorgien de s'affirmer : au Mount Pleasant (Philadelphie), John McPherson fait construire une demeure en 1761-1762 dotée d'une entrée à fronton, soutenu par des colonnes doriques. On retrouve ici un toit avec balustrade et une ordonnance symétrique, caractéristique du style néoclassique alors en vogue en Europe. À Salem, Samuel McIntire (Samuel McIntire (16 janvier 1757— 6 février 1811) était un architecte américain qui appliqua le style fédéral à plusieurs constructions.) est l'architecte de la maison John Gardner-Pingree (1805) ; il utilise le toit à pente faible, la balustrade et la brique. Il reprend l'idée de Palladio de relier les bâtiments par un portique semi-circulaire à colonnes. Dans les années 1780, le style fédéral s'écarte peu à peu du style géorgien et devient un genre proprement américain, à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences...) de la guerre d'indépendance : les maisons s'éloignent du plan strictement rectangulaire, adoptent des lignes courbes et favorisent les détails décoratifs comme les guirlandes et les urnes. Certaines ouvertures sont de forme ellipsoïdale ; une ou plusieurs pièces sont ovales ou circulaires.

Thomas Jefferson a élaboré les plans de sa propre maison de Monticello en Virginie, près de Charlottesville. Bel exemple de style palladien, elle rappelle l'hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. Dans sa définition de l’hôtel, l’Agence Mondiale de Notation...) de Salm situé à Paris, que Jefferson a pu contempler alors qu'il était ambassadeur en France. Il utilisa des composants antiques tels que des colonnes doriques, des portiques tétrastyles et un dôme central.

En Louisiane, les maisons coloniales se chargent parfois d'un fronton néogrec et de colonnes, comme c'est le cas à Belle Meade Plantation dans le Tennessee : d'allure symétrique, la demeure dispose d'un porche à colonnes et de fenêtres étroites. Mais l'architecture domestique du sud a su s'émanciper du modèle classique lorsqu'elle se charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un...) d'un balcon (Un balcon (de l'italien balcone, lui-même peut-être issu du persan بالكانه bal-khané signifiant « pièce en hauteur ») est un élément d'architecture...) à mi-hauteur sur la façade et qu'elles oublient le fronton sur le portique d'entrée (Charleston, Caroline du Sud ; Oak Alley plantation en Louisiane). Les maisons sont adaptées au climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la météorologie qui désigne l'étude du...) de la région et s'inscrivent dans l'économie de plantation. Elles se chargent d'un décor en stuc et en fonte comme dans le quartier français.

Au XIXe siècle

Alexander Jackson Davis, Lyndhurst à Tarrytown, état de New York, résidence néogothique, 1864–1865
Alexander Jackson Davis (Alexander Jackson Davis (1803-1892) était un architecte américain. Il construisit plusieurs villas en style néogothique.), Lyndhurst à Tarrytown, état de New York, résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce terme vient du verbe latin...) néogothique, 1864–1865

Plus tard, les grandes familles de la côte est se firent construire d'immenses domaines et des villas dans le style néogothique, aux antipodes du néoclassicisme. Ils prirent modèle sur la maison anglaise de Sir Horace Walpole à Strawberry Hill. Alexander Jackson Davis (1803-1892) travailla sur les projets de villas de la vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme allongée et façonnée dans le relief par un cours d'eau (vallée fluviale) ou un glacier...) de l'Hudson et les habilla de détails fantaisistes tirés du répertoire médiéval. Pour la résidence de George Merritt à Lyndhurst, il choisit d'édifier un bâtiment au plan complexe et d'ouvrir plusieurs oriels qui peuvent faire penser à des vitraux d'églises.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes Richard Morris Hunt, Henry Hobson Richardson et Frank Furness (Frank Furness est un architecte américain, (1839-1912) qui appliqua la tendance éclectique et diffusa les préceptes de l'Académie des Beaux-Arts dans son pays. Richard Morris Hunt fut son maître.) ont souvent répondu aux commandes de riches familles comme les Ames ou les Vanderbilt et ont construit des résidences de styles néoroman ou néorenaissance[14]. Les magnats de l'industrie ou du transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route,...) investissent dans la pierre et commandent des villas pastichant les palais européens : le domaine Biltmore, près d'Asheville en Caroline du Nord, était la plus grande demeure privée du pays. Richard Morris Hunt copia les ailes Louis XII et François Ier du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers châteaux...) de Blois. C'est l'âge d'or des grandes agences comme McKim, Mead et White et du style Beaux-Arts, y compris pour les constructions privées. L'architecture exprime le prestige des notables américains.

L'habitat plus modeste

Habitat populaire : l'architecture des pionniers

Au début du XIXe siècle, des manuels moins techniques se diffusent, les pattern books. Le peuplement de l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le...) des États-Unis modifie les besoins de l'architecture. Les pionniers utilisent la technique de la charpente-ballon (balloon frame) dans les années 1840 et 1850. La première utilisation semble remonter à 1833 pour l'édification de l'église St. Mary's à Chicago. Son succès tient à la rapidité de la construction (planches et clous standardisés)[15]. Elle permettait à chacun de monter facilement la charpente et l'ossature de l'habitation qui était ensuite recouverte de bardeaux. L'intérieur des murs était recouvert de plâtre (Le plâtre est un matériau de construction ignifuge. Il est utilisé sous forme de pâte constituée d'un mélange de poudre et d'eau, ou préparé sous forme de plaques. La matière première...) ou de bois. Elle encouragea le développement rapide des villes et autorisait une grande mobilité. Cependant, ces maisons n'offraient pas de bonnes conditions sanitaires et brûlaient facilement en cas d'incendie.

Différents courants architecturaux au XIXe siècle

Maisons victoriennes à San Francisco, style italianisant, fin du XIXe siècle
Maisons victoriennes à San Francisco, style italianisant, fin du XIXe siècle

Le Stick Style est une méthode américaine de construction des maisons qui utilise les clayonnages de baguettes de bois. Les constructions sont coiffées de toits hauts, à pentes raides. Le plan est asymétrique et l'espace intérieur s'ouvre sur plusieurs vérandas. L'extérieur n'est pas démuni de décoration (consoles surdimensionnées et raffinées), même si l'objectif principal reste le confort. Richard Morris Hunt construisit la maison de John N. Griswold à Newport en 1862. Le Stick Style est progressivement abandonné après la crise de 1873.

Puis le Shingle Style remplace le Stick Style. Il est caractérisé par la simplicité et la recherche de la commodité. Henry Hobson Richardson construit la maison de William Watts Sherman en 1874-1875 en laissant apparaître la structure en bois. La maison de Mrs. F. Stoughton à Cambridge (1882-1883) et le casino de Newport (1879-1881) conservent la couverture en bardeaux.

Sur la côte ouest, qui attire de plus en plus d'Américains et d'architectes, l'architecture domestique évolue également vers de plus en plus de modernité.

Le quartier d'Haight-Ashbury, à San Francisco, est représentatif des maisons de style victorien italianisant (1860-1900). Construites grâce au bois des séquoias, elles ont résisté à l'incendie de la ville en 1906 et sont extrêmement décorées et colorées. À l'époque, elles offraient tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le confort moderne : chauffage central (On parle de chauffage central lorsque l'on chauffe plusieurs pièces d'un immeuble ou d'une maison à partir d'un seul point de cet immeuble grâce à un générateur de chaleur, la chaudière, à l'aide...), électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par une énergie. L'électricité désigne également la branche de la physique qui étudie les phénomènes électriques et...), eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) courante… Leurs dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou...) sont standardisées : 8 mètres pour la façade et 30 mètres pour la profondeur. Elles comportent plusieurs étages et des oriels.

Le goût pour la simplification des volumes et de la décoration extérieure progresse grâce aux réalisations d'Irving Gill (Irving Gill (1870 - 1936) est né à Tully, près de Syracuse, dans l'état de New York aux États-Unis. Il était un architecte renommé en Californie du sud.) à qui l'on doit plusieurs maisons californiennes à toit plat dans les années 1910 (maison de Walter Luther Dodge (Dodge est une marque automobile et de poids lourds dont le logo est un bélier avec le slogan « Mordez dans la vie ».), Los Angeles, par exemple). Rudolf M. Schindler et Richard Neutra adaptent le modernisme européen au contexte californien, dans les années 1920 (Lovell Beach House, Newport Beach (Californie) ; maison Health House à Los Angeles).

Architecture et révolution industrielle (1865-1914)

L'immeuble Haughwout à armature de fonte (cast-iron building), Greene Street, New York, 1857
L'immeuble Haughwout à armature de fonte (cast-iron building), Greene Street, New York, 1857

La seconde moitié du XIXe siècle est celui de la reconstruction après la guerre de Sécession et du développement économique des États-Unis. La révolution industrielle fait naître de nouveaux matériaux de construction (acier, béton). L'urbanisation, la croissance démographique et le capitalisme suscitent des bouleversements profonds dans l'architecture américaine (gare, bureaux,...), qui connaît son âge d'or. Les architectes obtiennent une reconnaissance officielle et travaillent aussi bien pour l'État que pour une clientèle bourgeoise en quête de confort. La fin de cette période est marquée par l'apparition du cinéma (On nomme cinéma une projection visuelle en mouvement, le plus souvent sonorisée. Le terme désigne indifféremment aujourd'hui une salle de projection ou l'art en lui-même.) qui exige de nouvelles constructions assurées notamment par Thomas W. Lamb à New York.

Les Cast-iron Buildings

Au milieu du XIXe siècle, de nouvelles méthodes de fabrication directe de l'acier apparaissent (procédé Thomas-Gilchrist, fours Bessemer et Siemens-Martin). Ces découvertes permettent la fabrication en masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du...) d'un acier de " qualité ". Les industriels font valoir les qualités du métal (Un métal est un élément chimique qui peut perdre des électrons pour former des cations et former des liaisons métalliques ainsi que des...) en architecture : les pièces standardisées réduisent le coût de la construction. Les risques d'incendie sont diminués grâce au procédé d'ignifugation. James Bogardus (1800-1874) est l'un de ces entrepreneurs qui fait la publicité (Bien que le terme (Werbung en allemand, Publicity et Advertising en anglais) désignât d'abord le mot qui aux yeux d'Habermas qualifie la Modernité et la Démocratie —( Publicité, sauvegarde du peuple est-il...) de ce mode de construction lié à la révolution industrielle et appelé cast-iron building. Plusieurs usines et magasins utilisent cette technique à New York, comme l'immeuble Haper, construit en 1854 et qui imite la façade d'un palais de la Renaissance. Daniel Badger (1806-1884) fabrique les éléments métalliques qui décorent la façade de l'immeuble Haughwout. Il est doté du premier ascenseur (Un ascenseur est un dispositif mobile assurant le déplacement des personnes (et des objets) en hauteur sur des niveaux définis d'une construction.) à vapeur () Otis qui dessert les cinq étages. Les fenêtres sont encadrées par des colonnes corinthiennes et l'ensemble est surmonté d'une corniche minutieusement ornée. Le décor de la façade cache l'ossature métallique interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou...).

Les Arcades de Cleveland, 1890
Les Arcades de Cleveland, 1890

L'architecture métallique se pare de verrières qui éclairent l'espace intérieur : à Cleveland, les arcades de 1890 ont été dessinées par John Eisenmann sur le modèle de la galerie Victor-Emmanuel de Milan (Milan (en italien Milano, du latin Mediolanum, en lombard Milàn) se situe dans le nord de l'Italie. Capitale de la région de Lombardie, au centre de la plaine du Pô, la ville compte 1 816 495 d'habitants, et forme la plus...). Elles sont composées de 1 800 panneaux de verre (Le verre, dans le langage courant, désigne un matériau ou un alliage dur, fragile (cassant) et transparent au rayonnement visible. Le plus souvent, le verre est...) et ont été financées par les magnats John D. Rockefeller et Marcus Hanna.

Naissance des gratte-ciel

Les constructions de gratte-ciel furent rendues possibles grâce à l'invention de l'ascenseur et au progrès de la sidérurgie (Le terme sidérurgie (du grec sideros, fer) désigne à la fois les techniques d'obtention de la fonte, du fer et de l'acier à partir de minerai, mais aussi l'industrie qui les met en œuvre. La création du...)[16]. Le plan en damier et la spéculation foncière dans les centres urbains américains ne sont pas étrangers au succès de ce mode de construction. Enfin, le regroupement des entreprises et la compétition capitaliste incitent à l'élévation verticale (La verticale est une droite parallèle à la direction de la pesanteur, donnée notamment par le fil à plomb.) des bâtiments.

Il est difficile de dire quel est le premier gratte-ciel de l'Histoire. Les New-Yorkais affirment qu'il s'agit du New York Tribune Building, dessiné par Richard Morris Hunt (1873, 78 mètres). D'autres considèrent que c'est le Home Insurance Building (1884-1885) à Chicago édifié par les membres de l'École de Chicago : Louis Sullivan (Louis Henry Sullivan, architecte américain, est né le 3 septembre 1856 à Boston et est mort à Chicago le 14 avril 1924.), William LeBaron Jenney (William Le Baron Jenney (1832-1907) était un architecte et ingénieur américain, ancien élève de l'École Centrale des Arts et Manufactures (École Centrale Paris) à Paris de 1853 à 1856. Participant...), Daniel Burnham (Daniel Hudson Burnham (4 septembre 1846 - 1er juin 1912) était un architecte et urbaniste américain.), William Holabird (William Holabird est un architecte américain né le 11 septembre 1854 à Amenia Union dans l'état de New York et mort le 19 juillet 1923 à Evanston dans l'Illinois.) et Martin Roche (Martin Roche est un architecte américain né en 1853 et mort en 1927.). Ils militent pour un style simple et utilitaire ; certains considèrent qu'ils préfigurent le mouvement rationaliste.

Gratte-ciel néogothiques

Cass Gilbert, Woolworth Building, 1913, New York, style néogothique
Cass Gilbert (Vous venez d'apposer le bandeau {{Demande de traduction}} du Projet:Traduction/*/Demandes.), Woolworth Building, 1913, New York, style néogothique

Le Woolworth Building de New York, œuvre de l'architecte Cass Gilbert (1913) est l'un des gratte-ciel néogothiques les plus réussis. Avec ses 60 étages, il dépassait alors la Metropolitan Life Tower (La Metropolitan Life Insurance Tower (1 Av Madison) est un immeuble de bureaux de la ville de New York aux États-Unis, situé dans le borough de Manhattan.). Les trois premiers niveaux sont parés d'un beau calcaire remplacé aux niveaux suivants par de la terre cuite[17]. La tendance néogothique a poussé l'architecte à ajouter des faux contreforts et des gargouilles. Compte-tenu du gigantisme (Le gigantisme (du grec gigas, gigantos « géant ») est un état caractérisé par une croissance excessive. Le gigantisme n'est pas un terme médical couramment...) de l'édifice, les éléments décoratifs ont été surdimensionnés afin d'être visibles depuis la rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les...). À Chicago, le projet du siège du journal Chicago Tribune est décerné à Raymond Hood (Raymond M. Hood (29 mars 1881 - 14 août 1934) était un architecte américain de la tendance Art Déco. Il fit des études au MIT et à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il travailla souvent de concert...) et John Mead Howells. Inauguré en 1925, il est l'un des immeubles emblématiques de la ville et figure une cathédrale laïque remarquable.

Réflexions sur les gratte-ciel

Daniel Burnham, Flatiron Building, 1902, New York, style Beaux-Arts
Daniel Burnham, Flatiron Building (Le Flatiron Building (en français, "l'immeuble en forme de fer à repasser") est un immeuble de bureaux à New York, dans le quartier de Midtown, au...), 1902, New York, style Beaux-Arts

Rapidement, plusieurs architectes américains (dont Louis Sullivan…) critiquent cette nouvelle architecture verticale. L'élévation vertigineuse des buildings empêche la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière...) d'atteindre le sol. Le plan orthogonal entraîne un engorgement de la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.). On risque d'uniformiser l'aspect des centres-villes. Enfin, des problèmes nouveaux de sécurité émergent, notamment en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de l'espace et possède...) d'incendie. Dès 1916, pour répondre à ces difficultés est adoptée à New York une loi sur le zonage (Zoning Law). Le règlement oblige les architectes à adapter la hauteur des immeubles à la largeur (La largeur d’un objet représente sa dimension perpendiculaire à sa longueur, soit la mesure la plus étroite de sa face. En géométrie plane, la largeur est la plus petite des deux mesures...) des rues. Il reste en vigueur jusqu'en 1961. Cela donne lieu à la construction d'édifices pyramidaux tels que le Seagram Building (Ludwig Mies van der Rohe et Philip Johnson (Philip Cortelyou Johnson, plus connu sous le nom de Philip Johnson, (né le 8 juillet 1906 à Cleveland, Ohio — mort le 25 janvier 2005 à New Canaan, Connecticut) était un architecte américain considéré comme l'une des figures...), 1958) qui ménage un retrait de 28 mètres par rapport à Park Avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un monument.).

En 1904, Frank Lloyd Wright (Frank Lloyd Wright (8 juin 1867, Richland Center, Wisconsin, États-Unis - 9 avril 1959, Phoenix, Arizona) est devenu un architecte américain célèbre.) s'intéresse aussi au problème de la lumière ; il dessine le Larkin Building à Buffalo) qu'il organise autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco, Megatriorchis,...) d'un grand puits central éclairé par le haut et sur lequel donnent les pièces de chaque étage. L'immeuble s'ouvre donc vers l'intérieur et ménage une grande salle commune en son milieu. En utilisant la pierre et la brique, en découpant des plans horizontaux, Wright refuse la standardisation des gratte-ciel.

L'architecture du XXe siècle (de 1914 à aujourd'hui)

L'œuvre de Frank Lloyd Wright

Robie House, Chicago, Frank Lloyd Wright, 1906-1909, style Prairie School
Robie House, Chicago, Frank Lloyd Wright, 1906-1909, style Prairie School (La Prairie School est un mouvement architectural de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui concerna surtout le Midwest des États-Unis. Le style est marqué par...)

La Prairie School inaugure la période de l'architecture organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande classe de molécules à base de carbone : les composés...) aux États-Unis. Louis Sullivan et Frank Lloyd Wright sont considérés comme ses principaux représentants. La première grande maison de la Prairie est celle d'Highland Park dans l'Illinois, terminée en 1902 pour Ward W. Willitts. Wright prend le parti d'un plan centré et asymétrique, organisé autour de la cheminée. La maison est représentative de l'idée d'ouverture sur la nature et d'horizontalité. L'entrée est modeste et les pièces basses de plafond : dans son autobiographie (1932), Wright avoue qu'elles sont calibrées sur la taille d'un homme de 1,74 m. L'exemple le plus abouti de la Prairie School est certainement la maison Robie située à Chicago (1906-1909) qui fait penser à un paquebot (Un paquebot est un navire spécialisé dans le transport de passagers. Le nom vient de l'anglais « packet-boat »,...) élancé.

Après un séjour au Japon, Frank Lloyd Wright revient aux États-Unis et met au point (Graphie) la technique dite des textile blocks, c'est-à-dire qu'il a recours à des blocs de béton (Le béton est un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats naturels (sable, gravillons) ou artificiels (granulats légers) agglomérés par un liant.) standardisés. Cela donne des maisons à l'aspect ramassé comme la maison d'Alice Millard à Pasadena (1923, Californie). Grâce au mécénat d'Edgar J. Kaufmann, Wright poursuit ses recherches et construit la célèbre Maison de la Cascade en 1936. Il exploite les possibilités de porte-à-faux et des fenêtres d'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.).

L'Art déco dans l'architecture américaine

À la fin des années 1920, l'influence de l'Art déco se fait sentir dans l'architecture américaine, en se mélangeant avec les exigences urbanistiques locales et les sources d'inspiration précolombienne[18]. Le parti pris de la simplification géométrique, de la stylisation et de l'emploi de matériaux luxueux s'illustre essentiellement dans les gratte-ciel de New York (Chrysler Building, Empire State Building, Chanin Building (Le Chanin Building est un gratte-ciel situé au 122 East 42nd Street à New York. Il possède 56 étages et atteint une hauteur de 198 mètres. Il a été...), etc.). Les autres réalisations sont isolées (Board of Trade Building, Chicago ; Fisher Building, 1928 et Guardian Building, 1929, Detroit) ou situées sur la côte ouest (Los Angeles : Argyle Hotel, The Eastern Building, 1929, par Claude Beelman ; San Francisco : Golden Gate Bridge, 1937).

Malgré la crise qui part de Wall Street (Wall Street est le nom d'une rue située dans le sud du borough de Manhattan à New York (États-Unis). Wall Street part à l'est de Broadway en direction...) en 1929, les gratte-ciel sortent de terre, parfois à une vitesse (On distingue :) impressionnante comme pour l'Empire State Building, qualifié de merveille du monde moderne. Le Rockefeller Center, énorme complexe architectural au cœur de Manhattan, marque l'idée ambitieuse de construire une " ville dans la ville[19] ", à une époque plutôt morose. Pour soutenir cet élan et baisser le chômage dans le secteur du bâtiment, le président Roosevelt engage une série de grands chantiers publics. L'Art déco a connu un développement singulier en Floride : de nombreux hôtels sont construits à Miami (Miami est une ville importante située au sud-est de la Floride, aux États-Unis d'Amérique. Chef-lieu du comté de Miami-Dade, c'est, par sa population de 392 417 habitants[1] (2005), la deuxième municipalité de...) Beach après l'ouragan de 1926. Les éléments décoratifs en stuc et en marbre reprennent la faune et la flore (La flore est l'ensemble des espèces végétales présentes dans un espace géographique ou un écosystème déterminé (par opposition à la faune). Le...) locales (flamants roses, palmiers...) si bien que l'on parle de tendance Tropical Art Deco. Elle utilise des couleurs pastel. La commission des sites historiques a classé plus de 800 de ces constructions parfois exubérantes, qui se concentrent sur Lincoln Road Mall et Ocean Drive. L'Art Deco floridien se décline en quatre tendances des années 1920 aux années 1940 : Zig-zag modern, Mediterranean revival, Streamline modern et Depression modern.

Le Style international et l'influence de l'école du Bauhaus

Albert Kahn, General Motors Building, Detroit, Michigan, style international
Albert Kahn, General Motors (General Motors NYSE Euronext : GM est une société du secteur automobile, basée aux États-Unis d'Amérique à Detroit (Michigan) et multinationale. Elle...) Building, Detroit (Détroit (en anglais: Detroit, API: [d??t????t]) est la principale ville de l'État du Michigan aux États-Unis, largement plus connue que sa capitale Lansing, et...), Michigan, style international

L'expression " Style international " est pour la première fois utilisée en 1932 dans un ouvrage de Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson, rédigé à la suite d'une exposition du MoMA de New York intitulée Modern Architecture. La montée des dictatures en Europe a laissé à l'Amérique l'initiative de diffusion du modernisme architectural en accueillant les architectes européens émigrés, en particulier allemands et autrichiens. En 1933, l'école du Bauhaus ferma ses portes en Allemagne sous la contrainte des nazis, ses artistes pourchassés durent s'enfuir souvent aux États-Unis, notamment à Chicago, alors que leurs œuvres étaient, en Allemagne, systématiquement détruites.

Les trois règles de base marquent une rupture avec l'architecture traditionnelle : mettre en valeur les volumes par des surfaces externes lisses ; éviter tout élément décoratif mais soigner les détails architecturaux ; enfin suivre le principe de régularité. Le Style international se présente donc comme une tendance résolument moderniste et recherche le dépouillement.

Le siège de l'ONU, 1951, New York, style international, œuvre collective
Le siège de l'ONU, 1951, New York, style international, œuvre collective

Le siège de l'ONU à New York est l'illustration la plus remarquable du style international après 1945. Il fut construit le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le 9 janvier 1951 et devient le symbole de l'internationalisme et du progrès. Il applique la conception de bâtiments séparés selon leur fonction. Le gratte-ciel abritant le secrétariat des Nations unies culmine à 164 mètres et se présente sur deux faces comme un mur-rideau de verre et aluminium (L'aluminium est un élément chimique, de symbole Al et de numéro atomique 13. C’est un élément important sur la Terre avec 1,5 % de la masse totale.), alors que les autres côtés sont couverts de plaques de marbre.

La période de l'après-guerre est marquée par les œuvres du Finlandais Eero Saarinen dont l'éclectisme se manifeste dans l'auditorium Kresge du MIT (1956), l'arche (Une arche est un élément naturel ou construit qui adopte une forme géométrique proche de l'arc. L'élément délimite un espace sous lequel il est possible de faire passer au moins de...) de Saint Louis (1967) ou encore dans son travail sur les terminaux des aéroports de New York et Washington DC. L'Allemand Walter Gropius enseigne l'architecture à Harvard et construit avec Pietro Belluschi (Pietro Belluschi (18 août 1899 - 14 février 1994) était un architecte américain et l'un des chefs de file du mouvement moderne. Il dessina les plans de...) l'immeuble controversé de la Pan Am à New York (1963). Il forme les grands architectes de la génération suivante. Ludwig Mies van der Rohe arrive aux États-Unis en 1937 et applique ses conceptions du classicisme moderniste à New York (Seagram Building, 1958), Chicago (université à South Side). Il est l'architecte le plus fécond de tous.

Le courant moderniste utilisa largement le béton, le laissant à l'état brut dans plusieurs ouvrages des années 1960 et 1970 : le Carpenter Center for the Visual Arts sur le campus de Harvard est le seul bâtiment dessiné par Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret-Gris, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel (Suisse), et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, plus connu sous le pseudonyme Le...) aux États-Unis[20]. Les représentants les plus célèbres de la tendance brutaliste sont Paul Rudolf (Paul Rudolf est un architecte américain. Il fut formé par Walter Gropius. Il appartient au courant brutaliste et on lui doit le bâtiment de l'art et de l'architecture de l'université de Yale...), Marcel Breuer (Marcel Breuer (21 mai 1902, Pécs en Hongrie – 1er juillet 1981, New York aux États-Unis), était architecte et designer de mobilier qui fut un moderniste influant. L’un des pères du modernisme,...), Bertrand Goldberg (Bertrand Goldberg est un architecte né en Allemagne et a fait partie de l'école du Bauhaus à Berlin. Il travailla surtout au complexe de Marina City à Chicago en 1959-1964. Il édifia deux...) et Louis Kahn (Louis Isadore Kahn (20 février 1901 – 17 mars 1974) est un architecte américain. Né sur l'île estonienne d'Osel, aujourd'hui Saaremaa, il avait quatre ans lorsque sa famille émigra aux États-Unis, pour vivre dans un...).

Après la Seconde Guerre mondiale, les années de croissance économique voient éclore le Pop Art qui influença les réalisations architecturales. Robert Venturi (Robert Venturi, né le 25 juin 1925 à Philadelphie (États-Unis) est un architecte américain post-moderne.) et Charles Willard Moore (Charles Willard Moore (31 octobre 1925 à Benton Harbor, Michigan – 16 décembre 1993 à Austin, Texas) était un architecte américain.) sont des architectes qui osent utiliser une décoration pittoresque et variée, en totale contradiction (Une contradiction existe lorsque deux affirmations, idées, ou actions s'excluent mutuellement.) avec l'austérité du style international contemporain[21]. La mode du California Crazy, utilisée par James Wines (James Wines (1932- ) est un architecte américain.), consiste à faire d'un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et...) trivial et quotidien une forme architecturale (un snack bar en forme de hamburger). Les parcs d'attraction utilisent cette architecture du loisir, critiquée comme étant une architecture de façade, vulgaire et éphémère. On trouve cette tendance colorée, voyante et excentrique à Las Vegas.

La remise en cause du style international : le postmodernisme

National Gallery of Art, Ieho Ming Pei, Washington DC, style postmoderne
National Gallery of Art, Ieho Ming Pei, Washington DC, style postmoderne

Les années 1970 marquent un tournant dans l'architecture américaine : le choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de particules de hautes énergies.) pétrolier (Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides, les navires ont...) et la prise en compte de l'héritage patrimonial constituent la nouvelle donne pour les architectes. On assiste alors à la critique du style international et de sa tendance minimaliste et austère. De nombreux architectes réhabilitent les styles Beaux-Arts et Art déco.

Les œuvres majeures du postmodernisme sont le Lincoln Center et le Metropolitan Opera (New York, 1962–1966). La tendance éclectique s'exprime sur les campus universitaires comme celui de Yale (Gordon Wu Hall, 1980, Robert Venturi). Les gratte-ciel de Philip Johnson s'éloignent aussi de la banalité et de la tendance à l'uniformité (IDS Center à Minneapolis). Cet architecte cherche à placer des codes érudits, les références au passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le présent. L'intuition du...) et des éléments totalement modernes. L'American Telephone and Telegraph Company à New York dispose d'un arc d'entrée monumental sur 8 niveaux et d'un sommet en forme de fronton inachevé ; il a été largement critiqué.

Le musée Guggenheim à New York, dessiné par Frank Lloyd Wright
Le musée Guggenheim à New York, dessiné par Frank Lloyd Wright

Enfin, les musées ont besoin d'un renouvellement architectural pendant cette période. On pense en premier lieu au Musée Guggenheim de New York. Le Metropolitan Museum of Art se dote de nouvelles ailes confiées à John Dinkeloo et Kevin Roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol...), qui utilisent de grandes verrières (aile Sackler par exemple). Edward Larrabee Barnes adopte un plan audacieux en hélice (Hélice est issu d'un mot grec helix signifiant « spirale ». Un objet en forme d'hélice est dit hélicoïdal.) pour le Walker Art Center de Minneapolis (Minneapolis est une ville des États-Unis, siège du comté de Hennepin dans l'État du Minnesota.) (1968–1971). Il travaille aussi pour le Dallas Museum of Art (1984) et le Smart Museum of Art de Chicago. Enfin, Pei et Richard Meier (Richard Meier né en 1934 à Newark, New Jersey (États-Unis), est un architecte américain.) marquent de leur empreinte plusieurs lieux de culture dans les années 1980. Pour la National Gallery of Art, Pei juxtapose les volumes. Richard Meier renouvelle le genre Le Corbusier (Getty Center à Los Angeles (1985–1997), High Museum of Art à Atlanta (La ville d'Atlanta est la capitale de l'État de la Géorgie, au sud-est des États-Unis. En 2007, Atlanta est une agglomération de 5 250 000 habitants, la onzième du pays. Atlanta est une des rares...) (1980-1983)).

Les autres grands représentants du postmodernisme américain sont Charles Willard Moore, Stanley Tigerman, Wallace K. Harrison, Cesar Pelli et Robert Venturi (Venturi est un constructeur automobile français spécialisé dans la commercialisation de voitures sportives de luxe. La marque, fût créée en 1984 par deux anciens salariés de chez Heuliez. Elle...). Certains connaissent une carrière internationale.

XXIe siècle : remises en cause et nouveaux défis

Weisman Art Museum, Minneapolis
Weisman Art Museum, Minneapolis

Les attentats du 11 septembre 2001 ont provoqué le début d'une réflexion sur les gratte-ciel, leur symbolique et leur sécurité. De nouvelles exigences écologiques (architecture verte) apparaissent et l'utilisation de l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de l'information par des machines telles que les ordinateurs, les...) bouleverse la façon d'appréhender l'architecture. Dans le contexte de la mondialisation (Le terme « mondialisation » désigne l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités humaines et les systèmes politiques à l'échelle du...), on aurait tendance à penser que les mégapoles se ressemblent toutes. Pourtant, on assiste plutôt à une augmentation de la diversité grâce aux nouveaux matériaux (acier tendu, structures membranes) et à l'audace des architectes. L'architecture du site prend en compte les contraintes du milieu (séisme, froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.),...) et cherche à utiliser des panneaux solaires (Californie). Une nouvelle génération de gratte-ciel " verts " (" green buildings ") voit le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa...) dans les métropoles américaine : le cabinet d'architectes basé à Chicago Skidmore Owings et Merrill a élaboré l'immeuble 7 World Trade Center (), à New York qui maximise l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de la lumière naturelle et l'emploi de matériaux recyclés.[22]. L’US Green Building Council (USGBC) est chargé d'attribuer le label " construction écologique ".

Enfin, les architectes américains sont invités à réfléchir, avec leurs collègues urbanistes, à la revitalisation des centres d'affaires et des quartiers intermédiaires dégradés (création de loft (En architecture, un loft est un logement constitué d'espaces entièrement ouverts. Celui-ci est réalisé, par définition, dans un ancien atelier, entrepôt ou usine. Ce choix permet d'obtenir des volumes...), réhabilitation du quartier de Harlem par Roberta Wash). Le principal projet aux États-Unis est actuellement celui de la Freedom Tower (Le nouveau World Trade Center Tower 1 ou (Freedom Tower) est la tour centrale du nouveau complexe du World Trade Center, qui vise à refermer l'énorme trou laissé par la...) à New York, sur le site du World Trade Center.

Protection du patrimoine architectural (L'architecture produite depuis des siècles reste une mémoire considérable pour comprendre l'évolution des sociétés humaines. Ainsi les enseignements de l'architecture égyptienne, de l'architecture des...)

Grand Central Terminal de New York, sauvé de la démolition dans les années 1970
Grand Central Terminal de New York, sauvé de la démolition dans les années 1970

Les États-Unis eurent la chance d'être épargnés par les destructions occasionnées par les deux guerres mondiales. Ils n'ont pas connu les bombardements et la destruction des villes comme l'Europe ou le Japon. Par contre, le territoire présente des risques naturels importants pour le patrimoine : séismes en Californie, cyclones autour du golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) du Mexique sont particulièrement dévastateurs. Pour protéger les bâtiments historiques des appétits spéculatifs et privés, l'État fédéral s'est doté de plusieurs institutions : au début du XXe siècle, les monuments nationaux américains sont créés pour protéger des sites naturels mais aussi des réalisations architecturales (villages amérindiens, forts de l'époque coloniale, missions espagnoles…) ; depuis 1935, le Service des parcs nationaux (National Park Service en anglais) se charge de répertorier les bâtiments, les monuments ou les quartiers d'intérêt historique aux États-Unis. Mais le mouvement de réhabilitation des bâtiments anciens se développe surtout à partir des années 1970. On proteste contre les opérations de rénovation urbaine destructrice. En 1975, une campagne d'opinion sauve de la destruction la gare Grand Central Terminal de New York, construite au début du XXe siècle. En 1998, les travaux de restauration intérieure ont fait réapparaître le plafond (Par extension, un plafond représente le maximum de quelque chose :) constellé du hall principal.

À l'occasion du bicentenaire de la Déclaration d'Indépendance (1976), le gouvernement décide de rénover l'héritage urbain et local de la nation. Il prend conscience de défendre aussi le patrimoine plus récent : c'est ainsi que le lycée de Little Rock fut enregistré comme site historique protégé le 6 novembre 1998 pour son importance dans le mouvement des droits civiques à la fin des années 1950. Avec la désindustrialisation, la réhabilitation des anciens entrepôts ou usines est devenue très active. On parle d 'Adaptive re-use, volonté d'adapter une vieille structure à de nouveaux usages tout en conservant leur intérêt historique. Enfin, les associations telles que Historic New England sont attentives à préserver et entretenir le patrimoine local.

Écoles d'architecture américaines

Histoire

L'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de communication verbale et...) de l'architecture dans la première moitié du XIXe siècle reste sous l'influence des méthodes anglaises. D'autre part, il n'existe pas encore de lieux de formation spécialisée. Les agences d'architecture et leurs bibliothèques font office d'écoles. Les sketching clubs donnent des cours du soir dans les grandes métropoles. Ils se fédèrent en 1891 pour former l'Architectural League of America.

En 1865, les premiers cours d'architecture sont dispensés au MIT sous la houlette de William Robert Ware, puis à l'université de Columbia en 1881. Le congrès de l’American Institute of Architecture (AIA) se réunit pour la première fois en 1867. La société des architectes des Beaux Arts (Society of Beaux-Arts architects) est créée en 1894. Il faut attendre 1903 pour qu'un département d'architecture ouvre sur la côte ouest, à l'université de Berkeley (L'université de Californie, Berkeley (encore appelée UCB, Cal, Berkeley, ou UC Berkeley) est le premier campus de l'Université de Californie. Il est situé à Berkeley, en Californie, sur la rive est de la baie de...). En 1905, l'académie américaine ouvre ses portes à Rome. Cet enseignement s'ouvre lentement aux minorités (le noir William Taylor sort major de sa promotion au MIT en 1892) et aux femmes. L'architecte Julia Morgan (Julia Morgan est une architecte américaine (20 janvier 1872- 2 février 1957).) est choisie par William Randolph Hearst pour construire sa résidence de San Simeon.

Les revues d'architecture contribuent à diffuser l'intérêt pour cette discipline : l'une des premières est l'American Architect and Building News à Boston en 1876. À San Francisco, on peut lire le Californian Architect and Building News dès 1879.

L'influence de l'École des Beaux-Arts de Paris reste prépondérante et les architectes américains sont formés là-bas. Le Beaux-Arts Institute of Design est créé en 1916.

L'académie Cranbrook, près de Detroit, a formé des architectes américains au XXe siècle. Voulue par George G. Booth, un magnat de la presse, le projet fut confié à Eliel Saarinen. Une école de garçons est construite entre 1926 et 1930 ; puis vient une école de filles (1929-1931)[23]. Avec son fils, il construit à Cranbrook l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) des sciences (1936-1937) et la bibliothèque de l'académie (1938-1942), qui s'inspire du palais de Tokyo à Paris.

Aujourd'hui

Table d'architecte
Table d'architecte

Les écoles d'architecture les plus réputées aux États-Unis sont (source) :

Architectes américains

Classement alphabétique

Voir Liste des architectes américains.

Classement par style

Néoclassicisme

  • Asher Benjamin
  • Charles Bulfinch
  • John Gardner-Pingree
  • Peter Harrison
  • Thomas Jefferson
  • Benjamin Latrobe
  • John MacPherson
  • Robert Mills
  • William Strickland
  • Henry Walters

Néogothique

  • Alexander Jackson Davis
  • Andrew Jackson Downing
  • Cass Gilbert
  • Raymond Hood
  • Richard Upjohn

Éclectisme et Beaux-Arts

  • Paul Cret
  • Frank Furness
  • Bertram Grosvenor Goodhue
  • Richard Morris Hunt
  • John Russell Pope
  • Henry Hobson Richardson

École de Chicago

  • Daniel Burnham
  • William LeBaron Jenney
  • William Holabird
  • Martin Roche
  • Louis Sullivan

Prairie School

  • Louis Sullivan
  • Frank Lloyd Wright

Style international

  • Philip Johnson
  • Pietro Belluschi
  • Paul Rudolf
  • Marcel Breuer
  • Bertrand Goldberg
  • Louis Kahn

Postmodernisme

  • Edward Larrabee Barnes
  • John Dinkeloo
  • Wallace K. Harrison
  • Philip Johnson
  • Richard Meier
  • Charles Willard Moore
  • |I. M. Pei
  • Cesar Pelli
  • Antoine Predock (Antoine Predock (1936 Lebanon, Missouri - ) est un architecte américain qui travaille à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Il conçoit des bâtiments pour la région du sud-ouest et s'inspire des théorie de...)
  • Kevin Roche
  • Stanley Tigerman
  • Robert Venturi

Notes

  1. ab Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.26
  2. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.27
  3. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.27
  4. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.28
  5. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.29
  6. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.32
  7. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.38
  8. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.34
  9. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.35
  10. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.74
  11. ab Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.41
  12. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.59
  13. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.62
  14. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.71
  15. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.63
  16. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.67
  17. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.77
  18. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.79
  19. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.79
  20. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.109
  21. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.113
  22. Caroline Talbot (Talbot fut un constructeur automobile d'origine franco-britannique.), " Les gratte-ciel américains moins gourmands en énergie ", dans Le Monde du 05/09/2006, [lire en ligne]
  23. Collectif, L'Art des États-Unis, 1992, p.85
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